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Tome premier.
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r66 EPISTRE I.

Oui, Grand Roy, laissons-là les Sieges, les Batailles*Qu un autre aille en rimant renverser des murailles ;

55 Et souvent íur Tes pas marchant fans Ton aveu,Saille couvrir de sang, de pouíîìere Sc de feu.

A quoy bon d une Muse au carnage animée,Echauffer Ta valeur deja trop allumée?

Jouissons à loisir du fruit de Tes bienfaits,

60 Et ne nous lassons point des douceurs de la Paix.

Pourquoy ces Eléphants, ces armes, ce bagage,

Et ces vaisseaux tout prests à quitter le rivage ?

Disoit au Roy Pyrrhus un sage Confident,Conseiller trés-sensé d’un Roy trés-imprudent.

65 Je vais, luy dit ce Prince, à Rome où l’on m’appelle*Quoy faire ? L assiéger. Uentreprise est fort belle,

Et digne seulement d’Alexandre ou de vous :

Mais, Rome prise enfin, Seigneur, où courons-nous •Du reste des Latins la conqueste est facile.

70 Sans doute on les peut vaincre : Est-ce tout ? La SicileDe là nous tend les bras, Sc bien-tost fans effortSyracuse reçoit nos vaisseaux dans son port.Bornez-vous là vos pas ? Dés que nous l’aurons priíe*II ne faut qu’un bon vent, Sc Carthage est conquise*

R E M A R QU E S.

Yers S\, Pourquoi ces Eléphans, Sec. ]Ce Dialogue entre Pyrrhus & Cinéas, esttire de Plutarque dans la Vie de Pyrrhus.

Vers 64. Conseiller tres-setisé } Sec. ] Pyr-rhus convenoit, qu’il avoir conquis moins

de Villes par ses armes , que par l'éloquevce de Cinéas.

Vers 67, Et digue seulement cf'yîleXdt 1 ^*ou de vous. ] A l’ardeur que Pyrrhus movtroitdans les combats, on s’écrioit q ul