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Tome premier.
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178
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178 E P I S T R E 11 I.

iy Des íuperbes Mortels le plus affreux lien,

N’en doutons point, Arnauld, c’est la Honte dubien.Des plus nobles vertus cette adroite ennemiePeint l’Honneur à nos yeux des traits de l’Infamie ;Asservit nos esprits fous un joug rigoureux,

Lo Et mous rend l’un de l’autre esclaves malheureux.

Par elle la Vertu devient lasche Sc timide.

-Vois-tu ce Libertin en public intrépide,

Qui prèsche contre un Dieu que dans son ame il crois •II iroit embrasser la Vérité qu’il voit;

2y Mais de ses faux amis il craint la raillerie,

Et ne brave ainsi Dieu que par poltronnerie.

C’est-là de tous nos maux le fatal fondement.

Des jugemens d’autruy nous tremblons follement ;

Et chacun f un de f autre adorant les caprices,

30 Nous cherchons hors de nous nos vertus A nos vices»Misérables jouets de nostre vanité,

Faisons au moins f aveu de nostre infirmité.

A quoy bon, quand la fievre en nos artères bruste,Faire de nostre mal un secret ridicule ?

REMARQUES.

Vers i<í. —— C est la honte da bien.]Horace 3 Livre I. Ep. 1 S. vers 24.

Staltorum incurata pudor matas ulcéracelât.

Vers 3 3. A quoy bon , quand la fièvreen nos artères bruste , Lcc. 1 Horace Livre

I.Ep. 16.

N eufi te populus Janum reElèqtie vaU n 'tem

Diclitct, occultant febrem , fiub ter> t P ,iiedendi,

Distlmules , donec manibus tremor incidttunclis.