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Aujourd’huy toutefois mon zele m’encourage ;
30 II faut au moins du Rhin tenter l’heureux passage.
Un trop juste devoir veut que nous feífayons.
Muses, pour le tracer, cherchez tous vos crayons.Car, puifqu’en cet exploit tout paroist incroyable,Que la Vérité pure y reífemble à la Fable,
35 De tous vos ornemens vous pouvez l’efgayer.
Venez donc, & fur tout gardez bien d’ennuyer. -Vous fçavez des grands Vers les disgrâces tragiques,Et souvent on ennuye en termes magnifiques.Aupied du mont Adulle, entre mille roseaux,
4 ° Le Rhin tranquille, Sc fier du progrès de fes eaux,Appuyé dune main fur son urne penchante,
Dormoit au bruit flatteur de son onde naissante.
Lors qu’un cri tout à coup suivi de mille cris,
Vient d un calme fi doux retirer fes esprits.
45 II fe trouble, il regarde, &par tout fur fes rives11 voit fuir à grands pas fes Naïades craintives,
Qui toutes accourant vers leur humide Roy ,
Par un récit affreux redoublent son effroy.
11 apprend qu’un Héros, conduit par la Victoire,
5 o A de fes bords fameux flétri l’antique gloire,
REMARQUES.
Vers 39. Aít pied du mont Adulle.'] Mon-tagne , d’où le Rhin prend fa source ; au-jourd’hui le Mont S. Godart.
Vers 51 . Que R'mmberg & Vefeltcvras-sez. m deux jours. ] Ces deux Villes sontsituées fur k Rhin : l’une sur la rive gauche
dù Fleuve , & l’autre sor la rive dro lC 'Vejel est une Ville du Duché de ct eV .f ^qui appartenois aux Hollandois depuh ì .1Í29. & le Prince de Condé la prit k 4Juin , après deux jours de siège. Rhiwjf'*étoit auilî fous la domination des Hol lâ
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