E PI S T RE VIII
A U ROY-
VAuteur appelloit ordinairement cette Epïflre son Remercîment. En effet, il y mar “que plus particulièrement que dans le refte de ses Ouvrages fa reconnaissance des bifflf altsdu f rince. Elle fut composée en 167 r.mais elle ne parut que l’annêe suivante ..
G Rand Roy, cesse de vaincre, ou je cesse d'escrire-Tu sçais bien que mon stile est né pour la Satire •Mais mon Esprit, contraint de la désavouer,
Sous Ton Régné estonnant ne veut plus que louer»
5 Tantost dans les ardeurs de ce zele incommode ,
Je songe à mesurer les syllabes d’une Ode:
Tantost d’une Eneïde Autheur ambitieux,
Je rn’en forme desja le plan audacieux.
Ainsi tous j ours flatté d’une douce manie,j o Je sens de jour en jour dépérir mon genie;
Et mes Vers en ce stile ennuieux, fans appas ,Déshonorent ma plume, Sc ne T’honorent pas.
Encor si Ta valeur, à tout vaincre obstinée,
Nous laissoit, pour le moins, respirer une année ,ïj Peut-estre mon Eíprit, prompt à ressusciter,
Du temps qu il a perdu sçauroit se r’acquiter.
Sur ces nombreux défauts, merveilleux à descrire?Te Siécle rn offre encor plus d’un bon mot à dire.
Mais à peine Dinan Sc Limbourg font forcez,
20 Qu’il faut chanter Bouchain Sc Condé terrassez.
T on