CHANT TROISIEME. s 97
D’empefcher que Caron dans la fatale barque,
Ainsi, que le Berger, ne passe le Monarque ;
C’est d’un scrupule vain s’alarmer sottement,
Et vouloir aux Lecteurs plaire fans agrément.Eien-toss ils défendront de peindre la Prudence:
De donner à Themis ni bandeau, ni balance :i E>e figurer aux yeux la Guerre au front d'airain;
1 Ou l e Temps qui s’enfuit une horloge à la main :
Et par tout des discours, comme, une idolâtrie,
Dans leur faux zele, iront chasser T Allégorie.Laissons-les s’applaudir de leur pieuse erreur.
Atais pour nous, bannissons une vaine terreur ;
; *3 S Et fabuleux Chrestiens, n allons point dans nos longes,
Du Dieu de vérité, faire un Dieu de mensonges.
La Fable offre à l’Esprit mille agremens divers.
Ea tous les noms heureux semblent nez pour les Vers,
; Dlyfíe, Agamemnon, Oreste, Idomenée,j Helene, Menelas, Paris, Hector, Enée.
! O le plaisant projet d’un Poète ignorant,
Qui de tant de Héros va choisir Childebrand !
D’un seul nom quelquefois le son dur, ou bizarre,Rend un Poème entier, ou burlesque ou barbare.
REMARQUES*
Miller & Aumônier d u Roi. Ce Poëme^evoit avoir 16". Livres. L’Auteur publia* es quatre premiers en i66j. à son retour‘i’Espagne, où il avoir suivi l’Ambassadeurà France. Au reste, le nom de Childebrand,siom peu heureux pour la Poésie héroï-
Tome L
que, est connu dans notre Histoire. DeSerres, du Pleix, Mezeray, disent qu’il sucenvoyé par Charles Martel son Frere au-devant des Sarrasins qui ravageoient la
Guyenne,
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