45- CHAPELAIN DECOIFFE’,
Et ton jaloux orgueil par cet affront infigne ,
Malgré le choix du Roi, m’en a sû rendre indigne.Et toi j de mes travaux glorieux instrument,xio Mais d’un esprit de glace inutile ornement,
Plume jadis vantée, ôt qui dans cette offenséM’as servi de parade & non pas de défense,
Va , quitte désormais le dernier des humains,
Passe pour me vanger en de meilleures mains.
1 l S Si Caffaigne a du cœur, & s’il est mon ouvrage,
Voici l’occasion de montrer son courage ;
Son esprit est le mien, & le mortel affrontQui tombe sur mon chef reiaillit sur son front.
SCENE III.
C
CHAPELAIN, CASSAIGNE.CHAPELAIN.
lAffaigne, as-tu du cœur?
CASSAIGNE.
Tout autre que mon Maître
120 L’éprouveroit fur l’heure.
CHAPELAIN.
Ah h c est comme il faut être.Digne ressentiment à ma douleur bien doux !
Je reconnois ma verve à ce noble courroux.
Ma jeunesse revit en cette ardeur si prompte.
Mon disciple, mon fils, viens réparer ma honte.
12$ Viens me vanger.
CASSAIGNE.
De quoi?
REMARQUES.
.Vers 12 S.- Sans mon âge caduque. ] Ondi-
íòit autrefois caduque tant au masculin qu’au fé-minin. Le masculin cQ. caduc ± âge caduc. Mais lePoète faisant ici parler Chapelain, Auteur sur-
anné , a fort bien pû, conformément â I’ancienusage, lui faire dire âge caduque. Richelet dansson Dictionnaire a fait caduque des deux gen-res ; en quoi il s’est trompé.