64 TRAITE’ DU SUBLIME.
une espece de contrepoison 8c d’antidote, qui en chaisetoutes les mauvaises impressions. II leur eleve le cou-rage par des louanges. En un mot il leur fait concevoir,qu’ils ne doivent pas moins s’estimer de la bataille qu’ilsont perdue contre Philippe , que des victoires qu’iísont remportées à Marathon 8c à Salamine ; 8c par tousces differens moyens, renfermez dans une feule figure,il les entraifne dans son parti. II y en a pourtant qui pré-tendent que f original de ce serment se trouve dans Eu-polis, quand il dit :
On ne me verra plus afflige' de leurjoye.f en jure mon combat aux champs de Marathon .
(i) Mais il n'y a pas grande finesse à jurer simplement.II faut voir où, comment, en quelle occasion, 8c pour-quoy on le fait. Or dans le passage de ce Poète il n’y arien autre chose qu’un simple serment. Car il parle làaux Athéniens heureux , 8c dans un temps où ils n’a-voient pas besoin de consolation. Adjoustez, que dansce serment il ne jure pas, comme Demosthene, par desHommes qu’il rende immortels ; 8c ne songe point àfaire naistre dans l ame des Athéniens des sentimensdignes de la vertu de leurs Ancestres : veû qu’au lieu
remarques.
( i ) Maïs ìl n y a pas grande finejfe. ] C cjugement est admirable/& Longin dstpiuslui seul que tous les autres Rhéteurs qui.ont examiné le passage de Déraosthéne.
Quintilien avoit pourtant bien vâ que lessermens font ridicules J si l’on n'a l'adresssde les employer auífi heureusement quel’Orateur ; mais il n’avoit point siiit sentir
de