TRAITE’ DU SUBLIME. 6 7
cien entreprenne de le tromper - comme un enfant»par de groffieres fineífes. II est mefme a craindre quel-quefois , que prenant tout cet artifice pour une efpecede mefpris, il ne s’effarouche entierement : Sc bien qu ilretienne fa colere, Sc fe laiífe un peu amollir aux char-mes du discours, il a tousjours une forte répugnanceà croire ce qu’on luy dit. Cest pourquoy il n y a pointde Figure plus excellente que celle qui est tout-à-faitcachée - Sc lors qu’on ne reconnoist point que c est uneFigure. Or il n’y a point de secours ni de remede plusmerveilleux pour l’erjipefcher de paroistre > que le Su-blime Sc le Pathétique ; parce que f Art ainfi renfermeau milieu de quelque chose de grand Sc d efclatant, atout ce qui luy manquoit, Sc n’est plus íujet d aucunetromperie. Je ne vous en fçaurois donner un meilleurexemple que celuy que j’ay desja rapporté : J en jurepar les mânes de ces grands Hommes , & c. Commentest-ce que l’Orateur a caché la Figure dont il fe sert ?N’efl-il pas aisé de reconnoistre que c’est par l’efclatmefme de fa pensée ì Car comme les moindres lumiè-res s’évanouïífent quand le Soleil vient à efclairer; demefme, toutes ces íubtilitez de Rhétorique difparoissentà la veue de cette grandeur qui les environne de touscostez. La mefme chose , à peu prés - arrive dans la
REMAR£ ues -
cours dont il est parlé six lignes plus bas. prenne de le tromper comme m enfant parLongin dit , & ne fçauroit souffrir qu'un de petites finesses j D A c r e R.
simple Rhétoricien , ma f a entre-
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