Band 
Tome second.
Seite
87
JPEG-Download
 

TRAITE’ DU SUBLIME. 87

chejfes d’or Ò 3 d*argent prennent pied , ni habitent dansune Ville . S il eust voulu, pouríuivent-ils, introduire lapoíTeíîion du bestail, afseurément qu il auroit dit par laïïiefme raison, les richesses de Bœufs & de JVLoutons .

Mais ce que nous avons dit en général suffit pourfaire voir l’usage des Figures,à l’esgard du Grand Sc duSublime. Car il est certain quelles rendent toutes le dis-cours plus animé Sc plus pathétique. Or le Pathétiqueparticipe du Sublime, autant que le (i) Sublime par-ticipe du Beau Sc de f Agréable.

CHAPITRE XXV.

Du choix des Mots,

P Uisque la Pensée Sc la Phrase s expliquent ordinai-rement lune par l’autre , voyons st nous n avonspoint encore quelque chose à remarquer dans cette par-tie du discours qui regarde Pexpreíston. Or que le choixdes grands mots Sc des termes propres soit dune mer-veilleuse vertu pour attacher & pour eímouvoir, c est

K B M J K QV B S.

tuliere aux femmes, C’est en cela aussi quesa Périphrase paroît admirable à Longin ,parce que cet Auteur avoit plusieurs autresmaniérés de circonlocution , mais qui au-roient été toutes ou rudes, ou malhonnêtes,au lieu que celle qu’il a choisie est: très-pro-pre & ne choque point. En effet , le motrStf-oí maladie , n’a rien de grossier , & nedonne aucune idée sale ; on peut encoreajouter pour faire paroître davantage la dé-

licatesse d’Hérodote en cet endroit , qu’iln’a pas dit vxtrev yvva.iH.civ , la maladie desfemmes ; mais par 1 Adjectif S^etav vntrav ,la maladie féminine , ce qui est beaucoupplus doux dans le Grec : & n’a point dutout de grâce dans notre langue, oh il nepeut être souffert. D acier.

(O Le Sublime .] Le Moral > selon l’arv*cien Manuscrit. Boileau.