88 TRAITE’ DU SUBLIME.
ce que personne n’ignore, Sc fur quoy par conséquentil seroit inutile de s’arrester. En effet, il n y a peut-estrerien d’où les Orateurs - Sc tous les Escrivains en généraiqui s’estudient au Sublime - tirent plus de grandeur, d’e-legance, de netteté, de poids - de force Sc de vigueurpour leurs Ouvrages, que du choix des paroles. C’est parelles que toutes ces beautez esclatent dans le discours ,comme dans un riche tableau ; Sc elles donnent auxchoses une eípece d’ame Sc de vie. Enfin les beaux motsfont, à vray dire, la lumière propre Sc naturelle de nospensées. Il faut prendre garde neantmoinsànepas faireparade par tout dune vaine enflure de paroles. Car cTex-primer une chose baffe en termes grands Sc magnifiques,c est tout de mesme que fl vous appliquiez un grandmasque de Theatre íur le visage d’un petit enfant : fi can est à la vérité (i) dans la P o este ix ^ ^ ^ #
(2) Cela se peut voir encore dans un passage de Théo-pompus, que Cecilius blasnie, je ne sçay pour quoy, Scqui me semble au contraire fort à louer pour sa justeíïè ,
K E M A K §JU E S.
(1) Dans la foifie . ] L’Auteur, aprèsuvoir montré combien les grands mots fòntimpertinens dans le stile simple , faisoit voirque lés termes simples a voient place quel-quefois dans le stiíe noble. Boileau.
(2) Celase p eut voir encore dans ttnpajja-Z/’&f ] y a avant ceci dans le Grec,VTjlXUTCtTOV x.àj yávt(íov To <sl Xt’HXpíOPT@~HXÍTI ©pwíní Ims-pífoftcif. Mais je n ai pointexprime ces paroles où il y a assurément deI erreui ; le mot V’sr'lmáretror n’étant pointgrec ; 8c du reste,que peuvent dire ces mots,
Cette fécondité d’Anaerêon ? Je ne me soucieplus de la Thracienne. Boileau.
Ibid. Cela se peut voir encore dans un-passage , &c. 3 M. Deípréaux a fort bienvu, que dans la lacune Longin faiíòit voirque les mots simples avoient place quel-quefois dans le stile noble, Sc que pour léprouver il rapportoit ce passage d’Anacréon,Ìkíti ©ptíixm íonTfífoptaf. II a vû encore quedans le texte de Longin, v^IixÚtatov xd}yóyiptoy tó </l’ Âvtt%ptovl@-,le mot vvíluÚ7tt r Tt*est corrompu, 8c qu’il ne peut être grec. Je
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