y6 TRAITE’ DU SUBLIME.
faut, malgré qu’on en ait, negliger quelque chose. Aucontraire, il est presque impossible, pour sordinaire ,qu un eíprit bas & médiocre fasse des fautes. Car, com-me il ne se hazarde, 6cne s’éleve jamais, il demeure tous-jours en seureté ; au lieu que le Grand de soy-mesme,Sc par sa propre grandeur , est glissant Sc dangereux. Jen ignore pas pourtant ce qu on me peut objecter bail-leurs, que naturellement nous jugeons des Ouvrages deshommes par ce qu ils ont de pire, Sc que le souvenir desfautes qu on y remarque, dure tousjours, Sc ne s’effacejamais : au lieu que ce qui est beau, passe viste, Sc s'es-coule bien-tost de nostre eíprit. Mais bien que y aye re-marqué plusieurs fautes dans Homere, Sc dans tous lesplus célébrés Auteurs, & que je íois peut-estre l’hommedu monde à qui elles plaisent le moins ; j’eslime, apréstout, que ce font des fautes dont ils ne fè font pas sou-ciez , Sc qu on ne peut appeller proprement fautes, maisqu on doit simplement regarder comme des mefprises, Scde petites négligences, qui leur font efchapées, parce queleur eíprit, qui ne s estudioit qu’au Grand, ne pouvoitpas s arresler aux petites choses. En un mot, je maintiensque le Sublime , bien qu’il ne íe soustienne pas égale-ment par tout, quand ce ne íèroit qu a cause de sa gran-
it E M A R QJV E S.
fl) Et dans Thêocrite. ] Les Anciens ontremarqué, que la fímplicité de Thêocrite é-toit très-heureuse dans les Bucoliques - ce-pendant il «st certain, comme Longin l’afort
bien vû » qu’íl y a quelques endroits qui neíûivent pas bien la même idée, & qui s’éloi-gnent fort de cette simplicité. On verra unjour dans les Commentaires que j’ai faits iûr
deur.