CRITIQUES. r 95
con, dans quel Dictionaire ancien ou moderne, il a ja-mais trouvé que en Grec - ou ne en Latin, voulustd ìre Car. Cependant c est ce Car qui fait icy toute laconfusion du raisonnement qu il veut attribuer a Pin-dare. Ne sçait-il pas qu’en toute Langue mettez un Carmal à propos, il n y a point de raisonnement qui ne de-vienne absurde 1 Que je dise, par exemple, Il n y a riende Jì clair que le commencement de lapremiere Ode de Pm-dare, & Monsieur P** ne Va point entendu. Voilà par-ler tres-juste. Mais st je dis : Il n y a rien de fi clair que lecommencement de la premiere Ode de Pindare ; car Mon-sieur p'k'k ne Va point entendu ; c’est fort mal argumentesParce que d un fait tres-veritable je fais une raison tres-fausse, & qu il est fort indiffèrent, pour faire qu une choieloit claire ou obscure, que Monsieur P 1 ^ 1 entende ou^e f entende point.
Je ne m esteridray pas davantage à luy faire connoistreUne faute, qu il n'est pas possible que luy-mesine ne sen-te. J’oferay seulement f avertir, que lorsqu’on veut cri-tiquer d'aussi grands Hommes qu Homere & que Pin-dare , il faut avoir du moins les premieres teintures dela Grammaire ; & qu il peut fort bien arriver que 1 Au-theur le plus habile devienne un Autheur de mauvaissens entre les mains d’un Traducteur ignorant, qui nef entend point, & qui ne sçait pas mesme quelquefoisque ni ne veut point dire car*
Aprés avoir ainsi convaincu Monsieur P** fur le Grec
Bbij