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Tome second.
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484 dissertation

» où le discours doit être simple*, que de tomber dans le genre simple,» lorsqu il saut s e le ver au Sublime. Longin lui-même, sans en alléguer d’au*» tres, en est un bon témoin. Quand les Auteurs ne le diroient pas, le Bon» Sens le dit assez Combien est-on choqué d’une bassesse, qui se rencon-» tre dans un Discours noble & pompeux? Combien est-on surpris,au» contraire, d’un discours, qui étant simple & dépouillé de tout orne-» ment, se guinde tout d’un coup, & s’emporte en quelque figure écla-» tante > Croiroit-on qu’un homme fiat sage, qui racontant à ses Amis quel-» que événement surprenant, dont il auroit été témoin ,après avoir rap-porté le commencement de l’aventure , d’une maniéré commune & or-h dinaire , s’aviseroit tout d’un coup d’apostropher celui qui auroit eu 1®d principale part à faction, quoiqu’ií fût absent; & reviendroit ensuite ®" la premiere simplicité, 8 s réciteroit la fin de son histoire du même air,» que le commencement ? Cette apostrophe pourroit-elle passer pour un» exemple de Sublime, & ne passeroit - elle pas, au contraire , pour un» exemple d’extravagance ?

« On accuse cependant Moïse d’avoir péché contre cette réglé , quand» on soutient qu’il s’est élevé au-dessus du langage ordinaire, en rappor-« tant la création de la lumière. Car si on examine tout le premier Chapi-'» tre de la Genèse, où est ce passage, & même tous les cinq Livres de 1 ®» Loi, hormis les Cantiques, qui font d’un autre genre, & tous les Livres» Historiques de la Bible, on y trouvera une si grande simplicité , que-> des gens de ces derniers siécles, d’un esprit poli à la vérité, mais gâtepar un trop grand usage des Lettres Profanes, & S. Augustin , lorsqu'd« étoit encore Païen , n’en pouvoient souffrir la lecture.

Aux Cantiques ,il faut ajouter les Prophéties, qui font d’un stile plusélevé que la narration ,& que les Hébreux nomment mafchal, ou figuré.Voiez GeneC XLIX. &Deut. XXXIII. Du reste,toute la narration deMoïse est la plus simple du monde. Ceux qui ne pouvoient íoufírir le st‘l ede la Bible etoient, a ce que l’on dit, Ange Politien , 8 s Pierre Bembe , quine la lisoient point, de peur de se gâter le stile. Mais leur dégoût tosli-boit plutôt fur la Vulgate, que fur les Originaux.

c< Je ne sortirai point de ce premier Chapitre, pour faire voir ce que j c» dis. Y a-t-il rien de plus simple, que l’enrrée du récit de la Création du» Monde ; Au commencement , Dieu créa le Ciel & la Terre 9 & la Terre» ctait vuide & informe , & les ténèbres étaient fur la face de l*abîme , &» l'Esprit de Dieu était porté fur les eaux. Moïse sentoit bien que son sujet» portoit avec soi sa recommandation, & son Sublime ; que de le rapporter» mjëment, c’etoit assez s’élever ; & que le moins qu’il y pourroit mettre3> du sien, ce seroit le mieux ; & comme il n’ignoroit pas qu’un discours3) relevé ( ce que Longin lui-même a reconnu ) n'est pas bon par tout, lors-33 qu’il a voulu annoncer aux hommes une vérité , qui confond toute I®» Philosophie profane, en leur apprenant que Dieu , par sa parole, a sà