go histotre
les causes. Tycho eut l'industrie de perfectionnerles instrumens; il augmenta leur grandeur, afinqu elle répondit à ses vues : il avoit une idée pré-maturée de l’exactitude astronomique; il y portason siècle et les siècles suivans. Il doit ses princi-pales découvertesà cette précision; des observa-tions mieux faites lui dévoilèrent des effets quiavoient été cachés jusqu'à lui. Cette précision lufa valu une autre gloire, c’est celle de laisser un dé-pôt précieux d’observations fondamentales. Tantde mérite de sa part, tant d’obligations avouéesde la nôtre, laissent le droit de le juger sur lereste : il n’eut point l’esprit philosophique. Unhomme qui n’a point entendu la voix de Copernic ,qui n’a point saisi son système , un homme par-tagé entre les travaux de l’alchimie et les veillesastronomiques, un homme dominé par le prestigede l’astrologie , se montre imbu de tous les pré-jugés de son temps. Il étoit assis sur les confinsdes deux siècles; il tient aux ténèbres qui l’ontprécédé et à la lumière qui l’a suivi. Ce contraste,cette étrange association de l’erreur et de lavé-rité , trouve une image sensible et physique dansle spectacle du matin ; l’empire du ciel paroît di-visé , le cercle de la nuit fugitive est encore tracédans le vague des airs, les rayons de l’aurore vien-nent se briser à cette barrière , et les ombres, en