DE L'ASTRONOMIE MODERNE. 3 j4
niais ce temps vient avec une lenteur qui nousdécourage. 0,n ne fait plus que de petits pas dansc ette route , où on a été accoutumé d’en faire degrands; il est même des intervalles et des repos^volontaires. Le génie peut être rebuté de cettemarche lente, ou s’endormir dans une inactionforcée. L'homme , qui vit peu, ne réussit à imiterfa nature qu’en épargnant le temps qui lui man-que sans cesse : il faut qu’il la réduise , qu’il s’enfasse un tableau abrégé, tant pour l’espace que pourfa durée. Il a toujours besoin de comparer ce qu’ila pensé à ce que la nature a fait, ou à ce qu’elledoit faire ; mais cette comparaison devient de jouren jour plus vaste ; elle fatigue par son étendue etsurcharge par sa complication. Il ny a point de re-cherche astronomique qui ne nécessite aujour-d’hui une infinité de calculs pénibles : l’esprit lescompare pour en tirer des résultats ; mais , dansles calculs même, l’esprit n’a rien à faire : il fautdonc que la patience commence l’Ouvrage dugénie ; alors on pèse le succès avec la peine et lestravaux qu’il doit coûter : s’il est incertain, on yrenonce ; un succès manqué empêche d’en tenteru n autre. Les hommes sont doués de facultés dif-férentes : les uns naissent patiens et pour le travail ;ds marchent dans cette route obscure avec cons-lance ; ils avancent peu sans *e décourager. Les