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Il faut aussi séparer les bergeries des écuries, et de tous autres bâtimens dont le voisinagepourrait causer quelques vapeurs dangereuses pour les moutons qui veulent beaucoup d’air :c’est le point important pour leur conservation ; par cette raison , si l’on peut avoir des porteségalement au nord et au midi, on profitera de cette facilité, afin d’établir, lorsque le troupeauest dehors, un courant d’air qui chasse celui produit dans l’intérieur lors de la présence desmoutons.
On évitera encore de construire les bergeries, et généralement tous les bâtimens ruraux }près des mares et toutes espèces d’eaux stagnantes , qui tendent toujours à la putréfaction, etqui sont pernicieuses pour les hommes comme pour les animaux.
On placera les râteliers au long des murs, et dans le milieu, des râteliers doubles , ainsi qu’ilest indiqué au plan (fig. i re ., pL i 4 ) ; ces râteliers seront à barreaux , de 2° ± à 3 ° d’espa-cement , en bois de chêne ou de frêne, et 2 p. de hauteur ; ils seront élevés au niveau du dosdes moutons : au-dessous , sera une auge pour les grains et pour les brins de fourrage quitombent du râtelier.
On calculera , pour la construction d’une bergerie, l’espace que tient chaque individu aurâtelier, i 5 0 suffisent pour un mouton. Ainsi, on se réglera sur cette mesure et sur cellede 6 p. superficiels pour l’aire qu’il couvre dans la bergerie. Par exemple, une bergeriedevant contenir 5 oo moutons, doit avoir 375 p. de cours de râteliers et auges , et 1800 p.ou 5 o toises superficiels, au moins. La meilleure proportion est celle de 12 p. de large , pourles bergeries simples , c’est-à-dire , pour celles qui n’ont de râteliers que le long des murs, et22 p. pour les bergeries doubles, qui ont des râteliers doubles au milieu; quant a la lon-gueur, c’est le nombre des moutons â y loger qui la détermine. La hauteur ordinaire sera deg à 12 p. L’intérieur d’nne bergerie doit être continuellement tenu dans la température dei 5 à 18 degrés au thermomètre de Réaumur.
Il faut réserver un coin pour placer le lit du berger.
Ces bergeries peuvent avoir un caractère de régularité et de fabrique qui les rende agréables-( voyez Y élévation, pl. i 5 ). Alors , si l’on a su ériter la chaleur , l’humidité et le grand jourà l’intérieur , on aura réuni l’utile à l’agréable. A des bergeries parées , il est nécessaire dejoindre des pavillons qui contiendront des logemens pour les bergers , les surveillans , et despièces pour la tonte des moutons , ainsi que des séchoirs , lavoirs et magasins pour les laines.
Le dessus de la bergerie sera occupé par un grenier à fourrage, dont le plancher sera com-posé de planches bien jointes, à rainures et languettes , pour empêcher la poussière de tombersur le dos des animaux , et pour arrêter les vapeurs qui émanent de leurs corps , qui, enpénétrant dans le fourrage exposé à leur contact, le rendraient insalubre. Ces greniers seront,d’ailleurs, aérés par des baies , non fermées , pratiquées sous la pente du comble , du côté dunord seulement. On peut aussi réserver dans le plancher intérieur une ouverture ou abat-foin , pour la distribution journalière du fourrage.
La multipficité des troupeaux de mérinos , qui sont devenus en France tout-à-Ia-fois unhbjet de spéculation et de luxe , nous a engagé à nous étendre un peu sur la construction géné-rale des bergeries ; cependant, notre Traité ne comprenant pas tous les principes de l’écono-mie rurale , nous invitons les personnes auxquelles ces renseignemens ne suffiraient pas, de