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[Partie théorique.]
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Pour embellir les champs simples dans leurs attraits ,

Gardez-vous ( dit-il aux artistes ) d’insulter la nature à grands frais.Ce noble emploi demande un artiste qui pense ,

Prodigue de génie et non pas de dépense ;

Moins pompeux qu’élégant, moins décoré que beau ;

Un jardin à nos yeux est un vaste tableau.

Soyez peintre....

Ne prêtez point au sol des beautés qu’il refuse ;

Avant tout connaissez votre site , et du lieuAdorez le génie et consultez le Dieu .

Ce que votre terrain adopta avec plaisirSachez le reconnaître , osez vous en saisir :

C'est mieux que la nature, et cependant c’est elle ,

C’est un tableau parfait qui n’a point de modèle.

’ Devinez les moyens, pressentez les obstacles ,

C’est des difficultés que naissent les miracles.

(Les Jardins. Chant i. )

Lorsqu’on veut établir un jardin, on doit le considérer sous différons aspects etchoisir autant que possible : i°. Une, exposition aérée et très— saine ; 2". un sol fertile et pro-ductif 5 et sur cet article, on consultera les habitans du pays ou un jardinier instruit j 3°. unterrain arrosé, c’est-à-dire, où Peau arrive facilement, sans cependant qu’elle soit en assezgrande quantité pour inonder la propriété lors des crues des rivières voisines, ce qui rendraitle lieu mal sain et inhabitable dans certaines saisons de l’année 5 4°. le voisinage, c’est-à-dire la facilité des arrivées et des communications pour se procurer tous les besoins de la viecomme la proximité d’un port, d’une ville, d’une route publique etc. 5 5°. une heureuse si-tuation , un aspect riant et pittoresque, où la vue puisse jouir d’une grande perspective et detous les objets environnans, de quelques villages, de rivières, de bois, de coteaux, de prairies,enfin d’un paysage frais et très-étendu.

V Les matériaux qui entrent dans la composition d’un jardin, dit M. Morel, sont des)> arbres agréables par leurs formes et leurs fleurs, entremêlés d’arbrisseaux et d’arbustes» groupés avec art, et distribués de manière à former des tableaux ; ce sont les gazons soignésD et constamment entretenus, dont la couleur, amie de l’œil, recouvre le sol d’un tapis égalJ) et uni ", ce sont les eaux limpides et transparentes renfermées dans des bassins dont la forme)) et la place seront déterminées par la disposition du terrain. Que les eaux y coulent en)) ruisseau, qu’elles soient étendues en nappe, elles doivent toujours être associées aux ga-» zons , et entourées d’objets qui leur prêtent et en reçoivent plus de grâces. Ce genre veutj; de la mollesse dans les mouvemens du terrain j il aime ces pentes douces , insensibles, queD l’oeil se plan à suivre, et que les pieds parcourent sans fatigue ; il demande des sentiers}) propres, tracés avec goût, qui, flexibles dans le trait qui les dessine, aillent se perdre sous)) des massifs qui les mettent à l’ombre, dont la marche soit de manière qu’en les parcourant,

» les objets et les effets se montrent sous leur aspect le plus favorable \ qu’ils entraînent le pro-» meneur, attiré par le charme de la variété , et le conduisent à des scènes choisies, à des re-» traites consacrées au repos et à la rêverie. Mais on n’obtiendra cette variété, qu’en évitant