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[Partie théorique.]
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(Si)

» vues bornées, ils vous font passer à des perspectives étendues; des lacs et des rivières, aux» plaines, aux coteaux et aux bois aux couleurs sombres et tristes, ils en opposent de brillantes,» distribuant, par un arrangement judicieux, les diverses niasses d’ombre et de lumière, de» telle sorte, que la composition paraît distincte dans ses parties et frappante dans son tout ».

» On fait mettre, dans les jardins spacieux, des lacs étendus, des rivières et des canaux ; ony> imite la nature, en diversifiant, à son exemple , les bords de rivières et des lacs : tantôt ces» bords sont arides et graveleux, tantôt ils sont couverts de bois jusqu’à la naissance (Je l’eau ;» plats dans quelques endroits, et ornés d’arbrisseaux et de fleurs, dans d’autres , ils se chan-» gent en rocs escarpés, qui forment des cavernes où une partie de l’eau se jette avec autant de)) bruit que de violence. Souvent des bosquets sont pénétrés par des bras de rivière et des» ruisseaux capables de porter des barques. Les rivages sont couverts d’arbres dont les» branches s’étendent, se joignent et forment en quelques endroits des berceaux sous lesquels» les bateaux passent.

» Ces rivières suivent rarement la ligne droite : elles serpentent et sont interrompues par» diverses irrégularités; tantôt elles sont étroites, bruyantes et rapides, tantôt lentes, larges» et profondes ; des roseaux et autres plantes et fleurs aquatiques se voient dans les rivières et» dans les lacs i les Clûnois y construisent souvent des moulins et d’autres machines hydrau-» liques, dont le mouvement sert à animer la scène. Ils ont aussi un grand nombre de» bateaux de forme et de grandeur differentes; leurs lacs sont semés d’iles, les unes entourées» de rochers et d’écueils , les autres enrichies de tout ce que l’art et la nature peuvent fournir» de plus parfait. Us y introduisent aussi des rocs artificiels; lorsque ces rocs sont grands, on y» creuse des cavernes et des grottes avec des ouvertures, au travers desquelles on apperçoit» des lointains; on y voit, en divers endroits, des arbres, des arbrisseaux, des ronces et des» mousses; et sur le sommet, on place de petits temples ou d’autres bâtimens, où l’on monte» par le moyen de degrés raboteux, irréguliers, et qui semblent taillés dans le roc ».

» Lorsqu’il se trouve assez d’eau et que le terrain est convenable, les Chinois ne man-» quent jamais de former des cascades dans leurs jardins. Us y évitent toutes sortes de régula-» rites, imitant les opérations de la nature dans ces pays montagneux. Les eaux jaillissent des» cavernes , des sinuosités, des rochers. Ici paraît une grande et impétueuse cataracte; là c’est» une multitude de petites chûtes (1). Quelquefois la vue de la cascade est interceptée par des» arbres dont lesfèuillesetles branches ne permettent que par intervalles de voir les eaux qui» tombent le long des coteaux de la montagne ; d’autres fois, au-dessus de la partie la plus ra-» pide de la cascade, sont jettés; d’un roc à l’autre, des ponts de bois, grossièrement faits, et

(i) Il serait dangereux que les jeunes gens prissent à la lettre tout ce qui est contenu dans l’ouvrage que nous citons.ïiC us leur recommandons au contraire d’éviterd’entasser, sur un espace trop exigu et circonscrit ? une multituded’objets 5 et nous leur dirons avec l’abbé Delile :

N’allez pas resserer dans des cadres étroits,

Des rivières , des lacs , des montagnes , des bois.

Ces effets variés sont les trésors de l'art,

Que le goût lui défend d’employer au haiaid,