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Tome I. [A - D.]
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ne à croire-, puisque fur la fin du 9.ficelé,qui est-le temps caile Roy Charles le Chauve vivoit, Aletn’étoit proprementqu’une Abbaye,qui ne pouvoit être la matière de ce don-là,il croit que Fauchet en travaillant à ses Antiquités, a con-sulté quelque ancien manuscrit, ou au sujet de ce don,^/ec-ta devoit être designée sous le mot corrompu à’ Arelccta -, oud ’Arelectea, qu’il a traduit par Arles le Blanc, comme ii Are-lefta devoit-, selon ridée qu’il en a pû prendre, être Ardas-lactea .'Ce qu’il y a de certain,c’est qu’Alet n’étoit autrefoisqu’une Abbaye de TOrdre de saint Benoît,qui devint Evê-ché par la translation que le Pape Jean XXII. y fit en 131p.de FEvêché que deux ans auparavant il avoir établi à Li-moux. L’Eglise Cathédrale d’Alet est dédiée à la Vierge. UnDoyen , trois autres Dignitez, & douze Chanoines en com-posent le Chapitre. Le Diocèse renferme quatre-vingt Pa-roisses , & confine avec ceux de Narbonne & de Mire-poix,,& avec les Comtez deFoix & de Rouffillon,ou autresterres d’Espagne. Limoux fe trouve compris dans ce mêmeDiocèse. Cette ville & celle d’Alet, situées dans le Pays deRazez, limitrophe de CarcaíTonne , font voisines & si unies,que l’une & f autre envoye un Consul aux Etats , & lorsqu’on y appelle leur voix,on dit ,Alet & Limoux. Celuy d’A-let a toujours la préséance , comme Chef de Diocèse , &opine aux Séances du matin,& celuy de Limoux à celles del’aprés-dinée,prenant f avis f un de 1 autre , excepté aux As-semblées de la Sénéchaussée, où Alet opine toujours, pre-nant toutefois avis des Députez de Limoux. Le Consul d A-let qui va aux Etats, est choisi par nomination de fes Collè-gues , au lieu que c’est toujours le premier Consul de Li-moux qui y va, ce qui apparemment ne fe fait ainsi , queparce qu’il n’y a point de primauté , ni de rang entre lesquatre Consuls d’Alet, qui fe placent comme ils fe trouvent.Quant au Diocésain d’Alet & de Limoux, qui doit entreraux Etats,il est pris alternativement de l’une & de f autre deces villes. L’Evêché d’Alet, en ce qui est du temporel,de la taillabilité,-si l’on peut parler ainsi, est composé dedeux Membres, fçavoir du Diocèse d’Alet, & de l’Officia-Jité de Limoux. II dépend de l’Archevêché de Narbonne,pour le Spirituel ; & tout cela fe nomme Diocèse d’Alet & deLimoux. Pour les tailles, Limoux est rangé fous le Diocèsed’AJet ; c’est ce qui est cause qu’on joint ces deux villes ,pour marquer la recette du Diocèse. * Davity , Languedoc.Graverol, Abrégé Hijìorique des Villes -, chefs Diocèses de cetteProvince.

La ville eLísef est située dans une vallée étroìte;& au piedd’une des montagnes qui l’environnent fort une fontained’eau chaude, appcllée le Tuberon , qu’on dit avoir plusieurs

proprietez pour la guérison de diverses maladies. On pré-tend que les Romains ont tiré de l’or de ces montagnes. IIy a plusieurs ouvertures dans ces rochers, & il paroît queton y a fait de grands travaux; mais soit que les Mines ayentété-épuisées, ou que l’on n’ait pû les retrouver , tous cesTrésors font aujourd’huy si cachez, qu’on a renoncé à leschercher. Une preuve certaine qu’il y a encore de l’or dansles entrailles de ces montagnes, c’est que de petits ruisseauxqui en viennent entraînent des paillettes d’or que les Paï-ïans ramassent, & souvent en assez grand nombre pour entirer dequoy vivre. On y trouve auffi quelques paillettesd’argent. En 16-/1. M. Colbert fit travailler à ces Mines ;mais l’on ne trouva que quelques veines de cuivre qui n’ac-quiterent pas les frais. * Mémoires manuscrits.

ALETHA. Ville ancienne de France , dont S. Maclou aété le premier Evêque. Le Siégé de cet Evêché fut trans-féré en 1172. au lieu où est à présent la ville & l’Eglise Ca-thédrale de Saint Malo, qui étoit pour lors un Monastèredédié à Saint Vincent. Ce qu’on appelloit autrefois Alethe,est aujourd’huy nommé Qusdalet.*D avity, Bretagne.

ALETIUM ou Al teum. C’est la ville de Lecce ou Leccie,dans le Royaume de Naples.

ALEXANDRETTE. Ville de Syrie , qu’on appelloitautrefois la petite Alexandrie , pour la distinguer de l’Alexan-drie d’Egypte. Les Turcs la nomment aujourd’huy Scan-derona, & celle d’Egypte Scandena. Elle est située fur le Gol-fe de l’Ajazze, au milieu de quelques marais, assez prés dubord de la mer, à vingt-deux lieues de la fameuse villed’Alep. Ce n’est qu’un amas confus de méchantes maisons ,habitées par des Grecs qui reçoivent les Matelots & autrespetites gens. Les Marchands vont loger ordinairement chezles Vice-Confuls de leur Nation,& il y paroît peu de restesde son ancien état. Proche de là on voit-une tour assez gran-de ; mais peu forte, & où font encore les armes de Gode-

froy de Bouillon. II y a un Gouverneur, & quelques Sol-dats. C’est ce que rapporte Davity, qui ajoute que les Mar-chands de Venise -, & de quelques autres lieux , ont faitcomme une nouvelle ville proche du rivage , à deux millesou environ de la vieille Alexandrette. Ses maisons, à l’ex-ception de quelques-unes que l’on a bâties de pierres, fonttoutes de bois, & même il y en a plusieurs faites de branchesd’arbres entrelasséesjde sorte qu’il y a sujet de s’étonner quequelques Corsaires n’entreprennent de s’en rendre maîtres,puisque les habitans ne peuvent tirer qu’un foible secoursdu château. Un petit ruisseau d’eau noire traverse la ville,

& se rend presque aussi-tôt dans la mer. II faut que ceuxqui y viennent du Levant passent ce ruisseau sur un pont-levis , qui sert de fortification de ce côté-là.

L’air d J Alexandrette eíì si mal sain, fur tout en Eté,auqueltemps il est dangereux d’y arriver, que ceux qui n’en meu-rent pas,ne sçauroient presque éviter de fâcheuses maladies.

Ce qui contribue le plus à ce mauvais air, c’est la proximitédes marais,qui dans les plaines voisines s’étendent au Levant,

& au Midy. Auffi dés que les grandes chaleurs approchent,la plupart des habitans les vont passer dans un village appelleBelan ou Bejlan , situé fur une montagne , à quatre ou cinqlieues de là, & où l’on trouve de fort bonnes eaux, & d’ex-cellents fruits. Au milieu de la montagne, est une grandeouverture qui donne passage au vent du Nord Est;& quandil foufle avec vehemence, il agite tellement le Plage d 1 Ale-lexandrette , que tous les vaisseaux qui s’y trouvent, levent !promptement les ancres,& gagnent la mer,pour n’être pointen danger de périr.

Au sortir du village de Belan,on traverse la Plaine d’An-tioche , l’une des plus agréables & des plus fertiles qu’onpuisse voir. Elle est de cinq ou six lieues d’étendue, entre-coupée d’une infinité de ruisseaux, abondante en pâturages,

& remplie de troupeaux qu’on y engraisse. Le Pere d’Avri!Jésuite, qui en parle ainsi dans son voyage d’Orient, ditqu’ayant débarqué à Alexandrette, il y vit dépêcher un pi-geon dont on fe sert ordinairement dans le Pays pour por-ter les nouvelles qu’on veut faire fçavoir fort promptementà Alep, qui en est éloigné de trente lieues. Voicy commentcela fe pratique. Si quelque Marchand de cette ville-là veutêtre averti des premiers de la qualité des marchandises quiviennent de France ou Tailleurs, il envoye par un exprès àAlexandrette un pigeon qui a des petits, dans le temps qu’ilcroit que quelque vaisseau y doit arriver. Son correspon-dant d’Alexandrette, si-tôt qu’on a jetté l’ancre, va s’insor-mer de ce qu’il juge à propos pour bien remplit la commis-sion. II écrit ensuite , & ayant attaché au cou du pigeon lalettre, où il rend compte de tout au Marchand d’Alep , il leporte au haut d’une petite montagne,& luy donne la liber-té , sens aucune crainte qu’il s’égare. Celuy que vit lâcher lePere d’Avril fur le sommet de cette montagne , fe guindafort haut, apparemment pour découvrir le lieu d’où on sa-voir tiré quelque jours auparavant ; & poussé par l’instinctcommun à tous les oiseaux qui ont des petits, il prit son volvers Alep, où il arriva en moins de trois heures. Tous lespigeons ne sont pas également propres pour porter des let-tres. II y en a d’une efpece particulière qu’on dresse aisémentà cet exercice, & qui sont d’un tres-grand secours , quandles affaires ont besoin d’être ménagées sens retardement ,comme il arrive souvent dans les Echelles du Levant,où lesFrançois sont établis.

Selon ce que marque Tavernier dans son Voyage de Per-se , il n’est pas permis aux Francs d’aller à pied d’Alexan-drette à Alep. II en donne pour raison, qu’avant qu’on eûtfait cette défense, comme le chemin est court, quelquesMatelots qui fe trouvoient un petit fond d’argent,couroientà pied à cette derniere ville , avec fort peu de dépense, &ne fe soudoient pas de donner quatre ou cinq pour cent deplus des marchandises qu’ils.y achetoient, & c’étoit y met-tre le prix ; puisque le premier, qui par précipitation ou parignorance , achete une marchandise plus qu’elle ne vaut, estcause que les Marchands ne peuvent plus fe dispenser d’endonner le même prix. L’interet qu’avoient ces Marchands deremédier à ce désordre, & d’empêcher que de petits Mate-lots ne fissent encherir les marchandises, en prenant ainsi lesdevans, si-tôt qu’un vaisseau étoit arrivé à Alexandrette , sicqu’ils obtinrent qu’à l’avenir les Etrangers ne pourroientplus aller à pied de cette ville à Alep ; mais qu’ils feroientobligez de prendre des chevaux , pour chacun desquels ilspayeroient six piastres,& autant pour le retour ; de sorte queprésentement, en comptant les autres frais, tant du chemin