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la ville par la rivière d’Orne. II peut entrer dans son Portdes banques de soixante tonneaux, à cause de la marée quiy croît sort haute. Auiîì cette ville où Ton fait des drape-ries , des serges, des toiles fines,& des dentelles en quantité,est-elle dson grand commerce par terre & par mer. Elle asoixante ruè's, & douze Paroisses, en y comprenant SaintePaix, qui par fa proximité fait une partie du fauxbourg deVauceiie, quoy que ce soit un bourg séparé de Caën, &payant la taille. Les douze autres sont Saint Etienne , SaintNicolas, Saint Martin , Saint Georges du Château , SaintGilles, Saint Oiien, Saint Pierre,SaintMichel,Nôtre-Dame,Saint Sauveur, Saint Jean & Saint Julien. DEglise de SaintPierre,où douze Prêtres titrez portent Taumueessans formerni'College ni Chapitre, est bâtie en Croix & magnifique.Elle a douze piliers de chaque côté dans fa longueur, & unrang de Chapelles régné tout à l’entoitr, avec un corridorfort bien voûté. Le grand cul de lampe de pierre d'dnzepieds en faillie au dessus du grand Autel, est un ouvragehardi, & on en volt d’autres assez beaux dans les Chapellesderrière le Chœur. Cette Eglise est couverte de plomb, &son grand Portail orné de deux Tours, qui portent deuxbelles pyramides de pierre , percées à jour, & ouvertes enroses. Les plus grosses cloches de la ville sont dans ces deuxTours. Le grand Autel de fEglife de Saint Jean,enrichi desix.grandes colomnes & autres ornemens de marbre,est iso-lé & à deux faces. La Tour élevée fur le milieu de la croisée,ouverte en lanterne , est un ouvrage que les Architectes re-gardent avec distinction. Son grand Portail est garni d’unegrosse Tour. L’Egtife de Saint Nicolas est grande, belle &complette en son dessein qui est fort dégagé, avec une Tourfur son Portail. Ï 1 y a une Collégiale dans le fauxbourg deSaint Gilles, fous le titre du Saint Sepulchre. Elle est com-posée de dix Prébendes, dont une est attachée au Décanat.On trouve dans Caën neuf Monastères d’Hommes & sept deFilles ; des Maisons Ecclésiastiques & de retraite ; uá Môtel-Dìeu pour les malades ; un Hôpital General ; & huit Cha-pelles fondées. Les Monastères d’Hommes font les Chanoi-nes Réguliers de Saint Augustin ; les Chanoines Réguliersde Sainte Croix, Ordre de Saint Augustin, nommez lesCroisiers ; les Carmes ; les Cordeliers, dont le grand Autelest un beau dessein d’Architecture de menuiserie feinte enmarbre ; les Dominicains ; les Peres de TOratoire ; les Peresde la Mission , dits les Eudistes ; & les Capucins; qui sons aufauxbourg f Abbé. Les Couvents de Filles sont les Hospita-lières de Saint Augustin , qui gouvernent les pauvres mala-des; les petites Bénédictines ; les Carmélites ; les L»salines,avec un bâtiment magnifique ; les Filles de Nôtre D îme dela Charité, dites du Refuge; les Nouvelles Converties,ditesautrement les Filles de la Propagation de la Foy;& les Fillesde lá Visitation, dites dc.Sainte Marie. Ces dernieres sont aufauxbourg f Abbé. Elles ont une belle Maison & une belleEglise avec un dôme. Le grand Autel est enrichi de grandescolomnes & autres ouvrages de marbre ; & le Tabernaclepeut passer pour un T.ône de cristal ouvragé avec beau-coup de dépense. On y voit des colomnes torses, des mi-roirs, des pannaches de cristal, qui accompagnent Je corpsde ce bel ouvrage. Parmi les grands bâtiníensscon distingssele Palais Episcopal dans )a rue neuve ; l’Hôtel nomme legrand Cheval, qui est au quartier de Saint Pierre ; la Mai-son de f Echiquier dans la ruë Saint Jean , où s’assembloitTEchiquien lors qssil se tenoit à Caën, & le nouveau bâti-ment de njniveríïté. II est magnifique , orné d’architeétu-re Sc de sculpture, & accompagné de deux gros pavillons.Le Fondateur de cette llniveríite sot Henry VI. Roy d\An-gleterre , par ses Lettres Patentes données à Rouen au moisde Janvier de Tannée 1431 .11 isy établit alors que les FacuLîez du Droit Canon Sc du Droit Civil, à quoy les Facilitezde Théologie > des Arts & de Medecine furent ajoutées.'Charles VII. IIoy de France ayant conquis la Normandie,que les Anglois avoient usurpée , fit expedier cn 1452. desLettres de nouvelle création Sc fondation de l Univeifiiédans toutes ses Facilitez. LIEvêque de Baíeux en est Chan-celier, & ceux de Lilìeux & de Coutance sont Conserva-teurs des Privilèges Apostoliques. Elle est composée de troisColleges, au Bois, du Clcmtier & des Arts. Les Jésuites enont aussi un , que 1 Université a aggregé & immatriculé parActe autentique à son Corps. La Maison de Ville bâtie surle Pont Saint Pierre , est un fort grand édifice avec quatregrosses tours. La Place Royale est la plus belle que Tonvoye en Normandie. Elle est grande ,bicn pavée,reguliere,avec des maisons bâties de pierre , de trois cotez. L'Eglise
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des. Peres Se la Missoh , avec le grand & beau SéminalEpiscopal qscils gouvernent, la ferment du côté du Midjt& laissent voir le beau Portail de TEglííë magnifique ù c ' sJésuites, qui est bâtie proche le rempart, 8 c d’où Ton dé-couvre les deux Cours plantez d’arbres dans la prairie *long de la riviere d'Orne. Au milieu de cette Place est u“ eStatue du Roy vêtu à la Romaine , élevée fur un piédestal >avec des Inscriptions fur des tables de marbre , le tout ca-toure dune hiinstrade cîe fer. La ville v fit ériger
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touré d'une balustrade de fer. La ville y fit ériger,Statue en Thonneur de Sa Majesté Tan 1685. le 5. Septy ^jour de fa naissance. Les habirans vantent leur fidélité Ç.vers leur Souverain. Lorsque Charles VIL reprit cette
fur les Anglois
par reconnoissance du zele q scelle
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marqué pour son service , il changea ses armes, & lusporter coupé d’azur & de gueules, aux trois sours-de- Ya or. Il y a dans cette ville Officialité, Palais, Sc Chap 4Episcopale à TEvêque de Baieux,qui est le Diocésain, “flidiat, Bailliage, Prévôté, Vicomté, Généralité , Buss .des Finances,& des Trésoriers de France,Election,Grenie ^Sel, Amirauté,un Lieutenant de Police, un Maire, six Es j*vins, & autres Officiers qui composent le Corps de y dEntre les Foires que Ton a tenues à Caen, celle du P i' e jduroit huit jours & qui commençoitàlaS.Denis^étélap*ancienne.Elle étoit appellée F oiredu Pré ,parce qscon la tçf ,dans le Pré où Ton a bâti THôpital General,Asot fttpprss^par Louis XI. qui en établit deux autres. Celle de S, M lC . test âuffi sort ancienne. L'an 1431. les Anglois qui ct» 1maîtres de Caën, tenant cette Foire, Ambroise dc a .Chevalier Normand les y surprit. 11 y fit. trois mille p rl . sniers, & en enleva un tres- grand butin. Elie fe tenoit^ .comme aujourd’huy au Bourg-TAbbé, le jour de S. Mi c ^Les droits cn appartiennent i T Abbaye de Saint Etienn e seon l’appelle communément la Foire aux Oignons ,a ca .de la grande quantité «soignons qui %y debite. On enune autre dans le même fauxbourg, nommée la Poire à iS jnoccns , à cáufe qscelle se tient le jour de leur Fête- 1aux deux Foires que Louis XI. établit à Caën , Tune c * Imençoit l.e premier Mercredy diaprés la Fête de la Pen^ jte, & Taqtre le premier Mercredy d'aprés la Nôtre-U* jj.de Septembre ; chacune duroit quinze jours, & cn les ce ^dans la ru'ë des Quais, & dans les cinq rues qui y a ^. oU v e-sent, pour éviter le grand transport des m,trchandnse ^nues par mer. Le fuccez en fut fi grand que Iav» 1 ^Rouen fe trouvant préjudiciée en son trafic ,fit des re jtranees qui obligèrent le même Roy Loù;s XI. à lesyl rferer. Cette perte fut en partie réparée par Henri D*
elle f"!
en 1104. établit à Caën la fameuse Foire ciscon appe ,
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fianebe. Elle commença d’abord le premier de JuiUet,- ^
temps ayant été chanté plusieurs fois, enfin son.commencement fut tìxé au second Lundy qui fuir le g
che de Q__aíìmodo. Cette Foire dure huit joursfe tient dans le Champ de la Cercle, où son a bâti des ^couvertes, distinguées par diverses rues. IIy a encore qques autres Foires dans Tannée*
La ville de Caën a produit quantité d’Hommes I” u $Sc entr’autres François Malherbe, né en 1555. &
1628. âgé de 73. ans ; Jean François Sarrasin mort eoFrançois le Metel sieur de Boiírobert mort en iéoZ-JjcBardou ; Pierre Parris ; & Jean Renaud sieur de S-g. ra ’ l0 (fTAcadémie Françoise , mort en 1701. mais elle doitfe glorifier d'avoir donné la naissance à Mestsce ■Huet, ancien Evêque d J Àvranches,qscun sort gj-ancl
joint à une profonde érudition rend fi recommanda» Ijjí
mi tous les Sçavans de l’Europe. 11 a marqué le ze ^ e Slsc'pour fa Patrie par Inexactitude avec laquelle il en a f £S $ché les Antiquitez. II dit dans son Livre des Orig'ss] eíCaën, ch. 19. que son ancien nom étoit C atbtm , & J í|'ainsi marqué dans la Chártre de donation de R ,c sc ^iH ! 'Duc de Normandie , datée-de Tan 1026. In B4)tatu villa , qtia dicitm Cathim , super fluvmm Olna- ^que M. Valois a crû que le mot Catlrtn étoit corroys ^qscil falloit lire Catbom ; mais que c atbnn , C atbeiW > L ^Sc Catbom font differentes prononciations d'un ÍI ’ eI f,« 5 ’.Ainsi Cathim Sc Catbem étant la même chose, de Ctf™ ^formé Cahem,ìeT & le T b souffrant souvent élist 011lieu des mots. De Cabem f est fait celuy de Caén > r) 1 *
prouve par sancienne prononciation du mot de C* ^n’étoit pas monosyllabe comme il Test presentetnen ^prononce Can ; mais un mot de deux syllabes, 0 . f : 0 o V,.voyelles A Sc E étoient marquées par une prononci®tincte. Les Versdu Poëce Watce, qui vivoit dans
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