Band 
Tome I. [A - D.]
Seite
468
JPEG-Download
 

468 C A I

la plupart de Chrétiens, Grecs & Cophites,& onvoitcom-me deux petits amas d’habitations enfermées de murs entredes masures & des ruines. Ces deux differentes Sectes y ontchacune une Eglise en particulier. Celle des'Grecs, qufestune maniéré de Dôme aífez relevé, est dédiée à S. George ,le grand Patron de ces Peuples. Les Grecs disent que sony conserve un bras de ce Saint ; mais on rte le sçauroit voir,à cause qu’il est dans un lieu obscur, fermé de deux gros-ses grilles de fer l’une par dessus l’autre. II est pourtant éclai-ré d’une lampe qui brûle toujours devant. Dans la mêmeEglise est une grosse colomne, à laquelle on attache les fouspour les guérir. On se sert pour cela d’unc chaîne de ferqu’on dit être de Saint George. Ce Monastère est occupé parcent Religieuses Grecques, qui ne peuvent être reçues quedans un âge extrêmement avancé. II est fort ancien, bienbâti, & il y a tout au haut un lieu d’où son découvre fortloin. L’autre Eglise qui appartient aux Cophites,, est bâtieau dessus de la chambre , qui a servi d’habitation au Sau-veur du monde & à la Vierge, & c’est daîis la Nef de cetteEglise qu’on va enterrer les Catholiques qui meurent aunouveau Caire. On les emporte comme à la dérobée vers lepoint du jour fur un brancard fans nul accompagnement.Ceux de la Nation dont ils font, s’y rendent peu d’heuresaprés,& y font faire le service par leur Chapelain,en payantdeux piastres aux Cophites pour la place de la sépulture.Comme ces deux Eglises font environnées d’un enclos demurs assez hauts qui enferment plusieurs maisons ; son yentre par une porte basse A étroite, qui a été faite ainsi toutexprès, asin que les Turcs dont sinsolence est à craindrequand ils sont yvres,n’y puissent entrer à cheval. Pour allerde f Eglise des Cophites à la chambre de la Famille Sacrée,on pâlie par une allée à côté du Chœur, & aprés avoir des-cendu quelques degrez d’environ trois pieds de large, onse trouve sous une voûte , qui a dix-huit pieds de longs &huit de travers. C’est dans ce vil & simple réduit qu'ontient que Jesus-Christ a demeuré deux années du tempsde la persécution d’Herode. Cette voûte ne reçoit de jourd’aucun endroit, & comme il n’y a que les quatre mursîout nuds, il paroît d’abord que c’est une cave. A maingauche en y entrant, on voit une pierre qui a été apportéede la Matharei, où la Sainte Vierge lavoit les linges qui scr-voient à envcloper sEnfant Jésus , & à la droite, dans lamême muraille òù est la porte, il y a un enfoncement ouun trou en maniéré de fenêtre , qui ne perce pas pourtanttout-à-fait. Il est large & profond d’un pied, & a de hauteur un peu davantage. Comme il n’y a point d’Autei,c’est-là qu’on met le Calice quand on.y va ceîebrer la Messe.* Thevenot, Voyage du Levant. F. Jean Coppin , Voyage d’E-gypte.

CAIR.O.Bourg ancien d’Italie dans le Montferrat,au pieddu mont Apennin, en Latin Canalicum. II est peu éloigné dela riviere de Bormida, entreFinal & A qui, à cinq lieues ouenviron de sune & de l’autre deces villes. * Maty, Dicì. deJíoll. 1701. *

CAIROAN. Ville d’Afrique, qui fut autrefois capitaledu Royaume de Barca,à soixante & dix milles de la ville dece nom, en Latin Cairoanum. Elle est petite & située fur unemontagne prés de la riviere de Doero. La côte de la merMediterranée en est distante de mille pas , ainsi que le Golfede Capez d u côté de l’Occident.

CAIROAN, c arvan , ou c airaoan. Gouvernement d’A-frique dans le Royaume de Tunis. Il comprend les villes deCairoan , de Tobulba & d’Asfachus. Celle de Cairoan estsituée à sept milles de la mer, à vingt de Tunis,& à onze deCarthage. Elle doit fa naissance àOcuba, General de sar-mée d’Ofman , successeur de Mahomet, & troisième Calife,qui en 612. la choisit pour être le rendez^vous de ses trou-pes. II la ferma de murailles de brique,bien garnies de tours,& y fit bâtir une superbe Mosquée, soûtenuë de piliers demarbre,parmi lesquels il y en a deux d’un prix inestimable.Ils font d’un rouge vif, éclatant, & jaspez de petites tachesblanches, comme du porphire. On voit à Cairoan quantitéde Courroyeurs qui envoyent leur cuir préparé au Biledul-gerid. Cette ville est fameuse, à cause qu’elle est le siégé duSouverain Pontife & Vicaire de Mahomet. Les Arabes l’es-timent si sainte, qu’ils croyent que les Morts qu’on y en-terre ne Içauroient être damnez, puis qu’ils font participansdes prières du Pontife & de ses Prêtres. Les grandsSeigneursse déchaussent par respect lors qu’ils entrent dans la ville.Ils y font bâtir des Chapelles, & leur assignent de gros re-venus , ne doutant point qu’aprés cela le Paradis ne leur soit

C A K

ouvert. Tout le Pays d’alentour n’est qu’un Désert faM°^neux & stérile, où son ne trouve ni source ni puits;deiofqu’on est obligé d’y faire venir des provisions par charroydes villes de la côte, qui sont toutes à cinq ou six lieueslà. * De la Croix, Hift. d’Afrique, Tome z. t

CAIS. Iste du Golfe Persique. Les Persans luy “°£ n {(aussi le nom de Ksch. Elle a douze milles de tour, & IfP®pour ainsi dire les deux mers d’Oman & de Fars. QEZ

qu’on y voye beaucoup de jardins & de palmiers, on M

trouve point d’autre eau que celle des puits. C’est auxvirons de cette Iste que se fait la plus grande pefcheperles Orientales. * HerbeIot, Bihlioteque orientale. .

CAISTRE. Petite riviere de f Anatolie. Elle a fa so udans les montagnes de Lydie,& coule par la plaine d Ep Bfe, passant à un mille de cette ville vers le Couchant. Ctriviere fait de grands contours, & va tellement en f er Pftant , que plusieurs personnes font prise pour le MeanComme on la découvre deux fois en suivant la routepbese , & qu’ensuite on la perd de vûe à cause des deto ^qu’elle fait, lors qu’on vient aprés cela à la passer furPont,on croit avoir vû deux rivières differentes. QssÇN uuns qui s’y font trompez, ont appellé l’une le Meattdft> ^l’autre le Caistre ; mais il est certain que cette plaine 0arrosée que d’une seule riviere ; que le Méandre est a .journée & demie de-là , & qu’il se décharge dans 1* fproche des ruines de Milet. Les T ures donnent divers»? ,au Caistre. Ils l’appellent Carafiu , qui veut dire EauCoutchoukzMindre, petit Meandre ; & Minier [tare , M £ìíìNoir,par la ressemblance qu’il a au véritable Meaudre,q unomment Mindre ,ou Bojouc-Mindre. * Spon, Voyage de GtTome i. ch. 3.

CAITHNES.Provincede l’Ecosse,laderniereSeptentrion , en Latin c atbenesia. Elle abonde en fruits 7^grains , & c’est une chose surprenante, que la quant» e jpoissons qu’on prend fur ses côtes & dans les rivières %l’arrosent. II y a aussi plusieurs Lacs. La terre s’y troupe *.tile & abondante, & quoy qu’elle soit sous le même cil .que celle de Stvath-navern, elle est plus temperée &cultivée. Ses villes font Thurso & W ìck.* Audiffret, & »Tome 1. . fc!

CAIWANI. Sauvages de l’Amerique qui habitep 1 {ístes qu’on trouve dans l’embouchûre de la grandede Yorenoque. Us sont robustes & assez bien faits ; ma* 5 ^fainéants, de sorte qu’ils fuyent le travail, & ne ps’adonner à la culture des champs. Ils vivent de ve ? a !ír e dde palmites , & d’autres fruits d’arbres. L’E é ils ba»leurs cases fur terre ,& l’Hiver ils les font au sommeC ^arbres. L’Orenoque s’enste si fort depuis le mois dejufqu’en Septembre, que la plupart deces Istes en f Q0,: ls j e jsdées, seau de cette riviere croissant fort souvent vingt ppar dessus ses bords. * Laët, Description des Indes Occiìe ì,!:liv. 17. ch. 21. . .r 0 n

CAIZIMU- L’une des cinq Provinces qui font la dM^jde l’Iste Espagnole en Amerique. Este confine duavec les monts nommez H yry, & s’étend du côté d u p fl .jufqu’à la riviere d’Ozama qui passe par la ville de pmingo. Ce nom Caiz.imu veut dire Front ou GouV ement, en langage de cette Iste. * Porcachio , li. 3. ,, J)

CARET. Petit Royaume dans la Géorgie. Hfort loin dans le mont Caucase, & a eu autrefois pl u 1 3 jjtOr'inrlac imIIiOC fr\m»\hiiûnfìamûnf /ìhi f/N ^

grandes villes bâties somptueusement, qui sont maw* Q $

toutes ruinées, à la referve de celle qui porte aufb ^ >de Caket. Alexander, qui en étoit Roy sous la dépens îde celuy de Perse, avoit donné l’aîné de ses fils en otTahmas, qui le fit élever en fa Cour avec son fils A» ’a été depuis surnommé le Grand. Si-tôt que ce Príp ce, e tetles Persans appellerent Taimuras-kan, eut perduil fut renvoyé à Caket par Abas, aprés qu’on luy ® y á lprêter serment de Feudataire & de Vassal. Luarzabjx / ^5Carthuel luy donna sa sœur pour femme , sune de 'belles personnes de Géorgie, ce qui offensa tellemen ^ JíR oy de Perse , qui savoit fait demander, qu’il reles perdre sun & l’autre. Ce dessein qui leur fut con1obligea de s’unir. Abas entra dans la Géorgie avec unse armée,& s’étant jetté fur le Royaume de Caket,» y ^ça de ires-grandes cruautez, jusqu’à faire abattrequi nourrissent les vers à soye , afin que le Pays ssf 1là un de ses plus grands avantages, fût détruit entie $fans se pouvoir rétablir. Taimuras alla à Constantmtff y#implora le secours du Turc, qui le rétablit en so stme. II n’y demeura pas long-temps. Sefi, Successe» 1