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ris, ou par le poison ou autrement ; de sorte qu’eh une feuleannée on avoit enterré quatre fois plus d’hommes que defemmes. Pour remédiera cet inconvénient, il fut ordonnéquecellcs qui voúdroient passer pour honnêtes & pudiques,seroierit tenues d’accompagner leurs maris à la mort, & defe faire brûler avec leurs corps, ce qui les engage à contri-buer autant qu’elles peuvent à leur conserver la vie. Cellesqui ne font pas si difficiles ni si délicates fur le point d’hon-'neur, ne sont pas obligées de suivre cette Loy barbarejmaison les bannit de la compagnie des honnêtes gens comme desinfâmes , & elles prennent ordinairement parti avec lesDanseuses. Mandeílo, dans íà Relation des Indes, rapportequ’étant à Cambaye en i6;8. il fut le témoin d'un de cessupplices volontaires. L’execution s’en fit hors la ville furle bord de la riviere, en la personne d’une jeune veuve,quin’étoit âgée que de vingt ans. Son mari étoit Ráíboute, &avoit été tué à deux cens lieues de là auprès de Lahor. Désqu’elle eut appris fa mort, elle voulut faire fes obsèques ensc faisant brûler vive ; mais parce que le Mogol & fes Offi-ciers sont Mahométans,& qu’ils tâchent d’abolir peu à peucette coutume Païenne , le Gouverneur avoit long-tempsrésisté à luy permettre de sacrifier sa vie , prenant son pré-texte fur cê que les nouvelles de la mort de son mari étantincertaines, il ne pouvoit consentir à une inhumanité, dont©n auroit peut-être sujet de fe repentir dans la fuite. Son des-sein étoit de voir file temps affoibliroit la passion-que té-moignoit cette femme de vouloir mourir aprés son mari;mais elle rédoubloit fes instances chaque jour, Sc il fut en-fin obligé de luy permettre de satisfaire aux Loix que luyprefcrivoit fa Religion. Elle arriva au lieu où le bûcheravoit été préparé avec une gayeté extraordinaire. On fit unemaniéré de procession, à la tête de laquelle marchoit lamusique du Pays, composée de hautbois & de timbales.Aprés cela fuivoient plusieurs filles & femmes., qui chan-toient & danfoient devant cette jeune veuve,qui étoit paréede íès plus beaux habits, Sc qui avoit les doigts, les bras ScJes jambes chargez de bagues, de colliers Sc de b ra stèle ts.Dne troupe d’hommes, de femmes & d’enfans la fuivoit,fermant la procession. Elle s’arrêta auprès du bûcher,qu’onavoit dressé exprès pour cette funeste cérémonie, & quiétoit fait de bois d’abricotier, où son avoit mêlé du bois defandal & de eanelle. Elle parut le regarder avec beaucoupde mépris, aprés quoy elle prit congé de ses amis & de fes
F arens, à qui elle distribua les bagues Sc les brasselets quiavoient ornée. Á peine fut-elle montée fur le bûcher qif ony mit le feu. Elle fe versa fur la tête un vase d’huile de sen-teur, & la fia me s’y étant prise (sabord, elle fut étoufée enun moment, fans qu’on luy vît faire aucune grimace. Quel-ques-uns des aíïîstans répandirent aussi fur elle plusieurscruches d’huilë, ce qui acheva de réduire le corps en cen-dres , pendant que le reste des spectateurs remplit l’air decris. On jetta ces cendres dans la riviere, où elle s’étoit la-vée auparavant, afin d’aller trouver son mari en un étatpur , puisque son corps tf étant point fur les lieux, elle n’a-vòit pû faccompagner en ce voyage. Les Historiens Arabesdisent que l’albatre Oriental transparent, duquel on fait debeaux ouvrages , se trouve dans le terroir de la ville deCambaye.* Mandeílo, Voyage des indes , h. i.
CAMBODIA. Ville capitale d’un petit Royaume de Cenom , qui a vers leNord-Oiiest celuy de Siam, & n’a pointd’autres voisins que la mer, dont la ville est éloignée de soi-xante lieues. Elle est fur une belle riviere du même nom,qui sort d’un grand Lac, & qui a cela de particulier qu’elledéborde tous les ans comme le Nil. Elle commence à s’en-fler au mois de Juin, Sc croît dés ce temps-là jufqu’à dix oudouze pieds ; mais en Juillet & en Août, elle cesse d'êtrenavigable, & inonde tout le Pays. Pour sauver de ces délu-ges la ville de Cambodia, on fa bâtie fur une grande levée,où elle ne fait qu’une seule ruë. Ce sont des Japonnois, desCochinchinois, des Malayes & des Portugais qui l’habitent.Ces derniers y apportent des étoffes de Malaca, Sc y char-gent du benjoiiin, de la Iacque, de la cire, du ris, des bas-lins de cuivre Sc des barres de fer de la Chine. Le Roy quiest Vassal du Roy de Siam, a son Palais dans la ville , & cePalais est fortifié d’une bonne palissade au lieu de muraille.
II y a plusieurs pieces d’artillérie de la Chine, & environvingt-cinq canons, qu’il a retirés de quelques naviresHollandois qui ont fait naufrage fur les côtes. Ce Roy n’estpas fort puissant, & tout ce qu’il peut faire c’est de mettreVingt-cinqou trente mille hommes fur pied. Mandeílo rap-porte que les Seigneurs de fa Cour font distinguez enQki-
flâs, en Tonimas, en Nampras & en Sabandars, qm ûn scun leur rang ; mais fans aucune fonction particuliers 1ception des premiers qui font les plus considérables deIls se font connoître dans les Assemblées publiques, P 1 !boëte d’or qu’ils font porter aprés eux. Elle en ente ^trois autres du même métal, l’une pour les drogues donfe frottent les lèvres, & les deux autres pour des eueavec lesquels ils coupent le Bettele, & pour la chaux, 1 arSc le bettele qu’ils mâchent incessamment. Quand ils le trvent chez le Roy pour faire leur cour ou pour le con eils fe mettent devant luy en demi-cercle , & derrière ^font les Tonimas, que l’on reconnoît parmi les autres,boëtesd’argent qu’ils ont. Ce n’est que par le moyen deOkinas qu’on peut parler à ce Prince. Ce se>nt*eux quifont rapport des affaires generales & particulières donprennent connoissance, & même des procez que le Roy Mfur leur rapport. Leurs Prêtresse mettent auprès de ce Wme Prince, entre luy Sc les Okinas, & luy parlent avec betcoup de familiarité ; mais ils ne fe mêlent jamais d aucuaffaire d’Etat, estimant que cescroitune efpece de fâcrytfpour Un Ecclésiastique, qui ne doit avoir l’esprit remph qdes choses saintes. Ils ont leur logement prés delaPag tí ^ '11 n’y en a qu’une dans Cambodia. Elle est foûtenuep ar ^piliers de bois vernis de noir, à feuillages d’or , Sc fou P 3 ^cher est couvert de nâtes. II n’y a dans cette Pagode ouquée, que trois grandes figures & cinq petites. Qu. and “Chef de leurs Ecclésiastiques meurt, on luy bâtit un tobeau de pierre, qui est quarré par le bas, & finit en rondforme de poire en haut. Les vivres font en si grande ah 0dance dans le Royaume, que les habitans ne les pouv 3consumer, font obligez de les donner pour fort peu de c&sc, fur tout les cerfs, les boeufs, les porcs, les .chèvres, ^lièvres, les chevreuils, les grues, les hérons, & toute auforte de volaille,aussi bien que les citrons, les oranges,mangas , les cocos & autres fruits. Le Pays est aussi tres-Rtile en ris. * Mandeílo, Voy.ive des indes , liv. i {
' CAMBODUNUM , ou c mfodumm. Ville ancien»d’Angleterre qu’on a aussi appellée Camalodunum. st 0reste plus que les ruines, & on les volt prés d’ AltnotidW’bourg du Comté d’Yoroí. ,
CAMBORITUM, Ville ancienne des Iceniens, u°j Sparle Antonio. Cette ville qui fut saccagée par les D an °au commencement du onzième Siécle, est celle d’Angl etere, qui porte aujourd’huy le nom de Cambridge. r.
CAMBRAT. Ville du Pays-Bas, capitale du Cambr® ‘Elle est située dans une plaine , à trois lieues de Boucha*à quatre de Doiiay, à cinq de Valenciennes, & à sept d*ras, de Peronne & de Saint Quentin, & tres-considerah ^tant pour la longueur & la largeur de fesruës, que pn usbeauté de ses maisons. La riviere de l’Efcaut qui la t rave j
passe presque par le milieu. Elle n’a d’élevation que du
te de France, à l’endroit où est la Citadelle. C’eítune ^
nencé d’une hauteur médiocre qui commande à la víHp'dans toute la campagne. Elle a de tres-bonnes sorti»
tiens, & un Fort qui la défend du côté de la riviere.me elle est de ce côté-là dans un terrain assez bas, on en P^inonder les environs par le moyen des écluses. Ses
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sont larges Sc profonds, & elle tire fa principale défe^ e
la Citadelle que Charles-Quint fit bâtir aux dépens d eS (íbitans, fous prétexte d’empêcher les François de s’etnp*de la ville. C’est un Pentagone régulier, dont on a taissfossez dans le roc. Son Eglise Cathédrale dédiée à N° cí j
Dame,qui est un tres-grand Vaisseau, accompagné de g r3í1 '
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nombre de Chapelles tres-riches, & de piliers ortie ^ e n)
sculpture ou de tombeaux de marbre fort bien travaf^
est une des plus belles Cathédrales de l’Burope. Son j ^est tout de cuivre, & au bout de l’Eglise , il y a encoreautre Jubé. Son clocher qui est fait en pyramide esthaut, & rempli de belles cloches , fans parler de cellesl’horloge, qui sonnent à toutes les heures Sc demi-heure$carrillon en Musique. Cette horloge qui passe pour TouV ^ge d’un Berger, marque distinctement les heures , les jjjles années, avec le cours du Soleil & de la Lune. Qu ? 0 * 3e ,,vient à sonner, on voít de petits personnages de bron^jreprésentant une partie de la Passion de Nôtre-Seigneurspar le moyen de certains ressorts, s’avancent l’un âpres J Ctre, Sc passant devant la cloche, chacun d’eux avec sonmarteau frappe autant de coups qu’il doit sonner d’henQII y a une Chapelle de grande dévotion dans cette Eg 11 ^Elle est bien ornée & éclairée d’un fort grand nombrelampes d’argent. Son Autel est fort riche, Sc son Tal^
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