Band 
Tome I. [A - D.]
Seite
487
JPEG-Download
 

C A M

^ r atides piles de ce bois déja coupé , & transporté âur d de la mer tout prêt à être embarqué. Ce fut leur5 ,* tIc l u e jusqu’à ce que les Espagnols envoyerent desAn i S P our prévenir les courses de ces Avanturiers. Lesî'giois q u j n’ignoroient pas alors le prix de ces arbres, seS ’jj rent a visiter les autres côtes du Continent, pour voiretir Cn auro ’r - & enfin ils en trouvèrent de grands bocagesla 'k™* ^ ut d’abord au Cap Catoclc , d’où ils en tirèrentlà - 8? de plusieurs vaisseaux pour les transporter à laUs j^ lc l Ue & en d'autres lieux ; mais lors qu’il y devint rare,où Ouvrirent le Lac de Trist dans la Baye de Campeche,Lh' 1 Continuèrent le même negoce. Depuis la riviere deron a , m Pet° n jusqu’à Porto pfcondido , ou Port Royal , il y a envi-niutsieuës.La côte est auSud-Sud-Oiiest,ouSucs Oiiest-a art au-Sud. Le terrain est bas tout contre la mer, où il yg e baye sablonneuse, & quelques arbres auprès du riva-tjA .0 voit d’ailleurs de petites prairies ou savanas, mêléesín Ul dons le long du chemin. II n’y a qu’une feule riviere^•Champeton & Port Royal.tasi) 3 Campeche est un enfoncement assez confìde-

jc e > Enfermé entre le Cap’Condecedo du côté de l'Est,à p^î.^ointe qui s’élance du Pays montagneux de 8. Martin^te !f e ^* La distance qu’il y a entre ces deux Places peutVj e oe six vingt lieues. 11 s’y trouve plusieurs grandes ri-] 0 j es Navigables & de fort grands lacs. A mesure qu’on s’é-f e ° ne do la mer , le terrain s’éleve toujours davantage, &qua^ 0 ^' 6 plus propre pour les arbres. 11 y en croît aussitz. jj á une autre espece que ceux du bois de teinture ,

ï

Wr y deviennent plus gros & plus hauts* Au-delà de ce'iiesH’k on emre dans de grandes prairies ou Savanas rem-va d herbe longue,& qui ont deux ou trois milles de large.b oi f, rt « de la Baye de Campeche où croissent les arbres duS Ç p t oe teinture, est à prés de dix-huit degrez de latitudes 0 p t entr i° n ale. Quand il fait beau temps, les brises de merSujj 3 ^ord-Nord-Est ou au Nord. Les vents de terre font•lent dl.'Est , & Sud ; mais dans le mauvais temps, ils tour-eft f al Cst-Sud-Est, & pendant deux ou trois jours le ventjnf„^ rce ’ La saison sèche commence en Septembre, & dureco^ en -Avril ou May que la pluvieuse luy succédé* Elle«n p n ? ncc par des houragans, & il n’y en a qu’un d’abordde Tp^ 0Ulv dis augmentent ensuite peu à peu jusqu’au moisse^ 0 In .\ a P r és quoy on a des pluyes continuelles qui ne c es-tes s* 11 a ^ 6n d A oût. C’est ce qui enste les rivières, & alorscroîf 4 ^ commencent à se couvrir d’eau , & cette eau ne3* ne diminue jusqu’à ce que les vents duNord soient•laitç ^ issilssouflent avec violence, ce qui arrive d’ordi-qn J a au Naois d’Octobre , & continue par intervalles juf-«U ^ *°» de Mars. Ils souflent avec le plus d’impetuolitéso ni ®. Ce mbre & en Janvier, aprés cela ils molissent & nedati 0 P ^fist équensnide L longue durée, &ensin les inon-sort e Scotn mencent à /écouler des lieux les plus bas, detî) 0is 3 U ® le Pays est tout sec vers la my Février j & qu’aut>oi re e ^ars à peine trouve-t on quelquefois de seau pour•'e(f et J’| I ? e . tn e dans les Savanas, qui six semaines auparavantP ays f oient à une mer. Ceux qui connoissent un peu leWiJ s f ^étirent alors dans les bois pour se rafraîchir de seau*•0^'°P Vent dans les pommes de pin fauvage.Cet arbre estLiy _ ® ai nfi, parce qu’il ressemble en quelque maniéré à ce-LaiiVjp 1 Porte les véritables pommes de pin,L celles qui fontÇ)f crefp S Unirent d’ordinaire fur les bosses,les nœuds ou lesl ou t ^, ei ? ces de Farbre,où elles prennent racine, & poussentles Ctl ^ 0lt en haut.La racine est courte & épaisse,& les feiiil-^ ll e lles° r ^ ent eovelopées ks unes dans les autres jusqu’à ce^PaiíEeu S e ^ ar §stLent vers la pointe. Etles font d’une bonne^terjg r 1 êc longues de dix ou douze pouces. Les feuillesWelW res . dont li bien serrées les unes auprès des autres,e n renf e retaennent seau de la pluye lorfqu’elle tombe. Ellesc ett c ea riïlent jusqu’à une pinte & demie ou une quarte, &u rafraîchit les feuilles en nourrissant, la racine,on trouve de ces pommes de pin, on enfonce unSUi etl p ans les feuilles un peu au dessus de la racine, cek°ire, 3lt sortir Feau de pluye que l’on reçoit pour la

^ to(so^ s Prés de la mer ou des lacs, est chargé de ManglesWtîiç Numide ; mais un peu plus avant il est sec &ï err °ir î amaiS Inondé que dans le temps pluvieux. Le

stip er t . One argile forte & jaunâtre ; mais le dessus ou^r°ît là Cle e st d’une terre noire qui n’est pas profonde. IIhatUjstP^Nûté d’arbres de differentes especes qui ne fonta Ppell e g 1 rort gros. Ceux qui fervent à la teinture,& qu’onde Campeche y profitent mieux que tous les au- J

C A M 487

tres, & iì y en a un grand nombre ; aussi le terroir est-il leplus propre qu’il y ait pour ces arbres qui ne réussissentpoint fur un fond sec. On n’en trouve pas non plus dans lesendroits où la terre est noire & fort grasse. Ils ressemblentassez à nos Aubépines, mais ils font beaucoup plus gros.L’écorce des jeunes branches est blanche & polie, & il y aquelques pointes qui sortent d’un côté & d’autre. Le corps& les vieilles branches font noirâtres. L’écorce en est plusraboteuse , & il y a fort peu de piquans. Les feuilles fontpetites. On choisit pour la coupe les vieux arbres qui ontles branches noires, parce qu’ils ont moins de feve,& qu’ilsne donnent presque point de peine à couper, ni à réduireen morceaux. La seve est blanche & le cœur est rouge. Onse sert beaucoup du cœur pour la teinture. Aprés qu’il a étécoupé quelque temps il devient noir, & si on le met dansde l’eau , il luy donne la couleur d’encre , & on s’en peutservir pour écrire. 11 y a de ces arbres qui ont cinq ou sixpieds de circonférence , & ce n’est pas fans beaucoup depeine qu’on en fait des bûches qui n’excedent pas la charged’un homme. Aussi est- on obligé de les faire sauter avec dela poudre. Ce bois est extrêmement pesaqt. II brûle tres-bien, & fait un feu clair de longue durée.

La terre des Savanas en général est noire & profonde, &porte une eípece de glayeui fort gros. Vers lasin de la sai-son sèche on y met le feu, qui se répand auffi-tôt comme unfeu volant, & brûle jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de matièrecombustible, à moins qu’il ne vienne une grosse pluye quil’éteigne. Dés que cette herbe est brûlée , il en renaît uneautre à fa place. Les Savanas font environnez de collines,dont la terre est d’une couleur de brun clair, profonde &fertile, & qui portent des arbres fort hauts. Durant l’efpacede dix ou vingt milles depuis la mer, le Pays est composétantôt de petites chaînes de ces collines chargées d’arbres,tantôt de vastes prairies fort agréables. Les animaux font leschevaux , les bœufs, les daims, les Warris, les Pocaris, lesSquashes, les Possums, les singes, les ours qui vivent de four-mis, les Sloths ou Paresseux, les Armadillos, les Porcs-épics*les Tortues de terre, les Guanos, & plusieurs fortes de lé-zards.

Le Squashe est un animal à quatre pieds plus gros qu’unchat, & dont la tête est assez semblable à la tête d'un renard.II a les oreilles & les jambes courtes, le museau long, & desgriffes fort aiguës, qui luy fervent à escalader sur les arbres.Sa peau est couverte d’un poil court, fin & jaunâtre. Lachair en est tres-bonne & fort faine. Ces animaux ne man-gent que de fort bons fruits, aussi les trouve-t-on ordinaire-ment fur les arbres qu’on nomme Sapadillos* On les écorche& on les fait rôtir,& alors on*íes appelle des cochons de lait.Si on les prend jeunes,ils /apprivoisent aussi aisément qu’unchat, & ne sont pas moins malins qu’un singe. Les singes deces quartiers font beaucoup plus gros qu’un lièvre,& d’unelaideur extraordinaire. lis ont de grandes queues de prés dedeux pieds & demi de long , dont le dessous est fans poil yavec une peau qui est dure & noire. Le dessus, ainsi que toutle reste du corps, est couvert d’un poil rude, long, noir &hérissé. Ils vont vingt ou trente de compagnie roder dansles bois, où ils sautent d’un arbre à l’autre. S’ils trouvent unhomme seul, ils font mine de le vouloir dévorer. Ces lingesfeservent de leurs queuës pour fc tenir ferme, aussi-bienque de leurs pâtes. Les semelles fe trouvent embarasséespour sauter aprés les mâles avec leurs petits. Elles en ontdeux ordinairement, l’un fous l’un de leur bras, & l’autreassis fur leur dos où il se tient accroché au cou de sà mereavec ses pâtes de devant. Le Sloth & l’Ours qui vit de four-mis font des bêtes à quatre pieds. La premiere est couvertede poil d’une couleur brune, & n’est pas tout-à-fait si grosseni li hérissée que l'Ours mangeur de fourmis, qui est com-me un chien de bonne taille. Elle a la tête ronde, les yeuxpetits, le museau court , les dents fort aiguës, les jambescourtes , & les griffes longues & perçantes. Cet animal fenourrit de feuilles, & il endommage fort l’arbre qu’il atta-que. II est si lent à fe remuër, qu’aprés avoir mangé toutesles feuilles de cet arbre , il employé cinq ou six jours à endescendre, & à monter sur un autre, quelque proche qu’ilpuisse être. Ainsi il n’a que la peau & les os avant qu’il soitarrivé à ce second gîte, quoy qu’il fût fort gras ên descen-dant du premier. Ces animaux ne quittent jamais un arbrequ’ils ne i’ayent mis en pieces & dépouillé de la même fortequ’il le peut être au cœur de l’Hiver. II leur faut huit ouneuf minutes pour avancer un pied à la distance de troispouces ils ne les remuent que l’un aprés l’autre avee la