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Tome I. [A - D.]
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même lenteur,ce qui les fait nommer les P are f eux. tés co'Upsne fervent de rien pour les obliger à doubler le pas, ils y

{ •aroissent insensibles, & on ne fçauro-it les épouvanter , nies contraindre à marcher plus vite. L’Ours qui fe nourritde fourmis est , comme òn Ta déja dit, aussi gros qu’unchien de bonne taille. II a le poil rude & d’un brun tirantfur le noir , les jambes courtes, le museau long , de petitsyeux, la gueule fort petite, & une langue aussi déliée qu’unver de terre de cinq ou six pouces de long. II se tient tou-jours prés des fourmillieres, mettant son museau tout platfur la terre auprésdu sentier où les fourmis passent & repas-sent. Comme il y en a un nombre infini dans ce Pays-là, ilmet fa langue au travers de ce sentier, & quand les fourmis,qui vont & viennent fans ceíle y arrivent, elles s’y arrêtentun peu, ce qui fait que fa langue en est couverte en peu deminutes, alors il la retire & les avale. Ces animaux sententbeaucoup l'odeur des fourmis, & leur chair en a encore plusle goût. L’Armadillo qu’on appelle ainsi à cause de son ar-mure, est de la grandeur d’un petit cochon de lait , & a lecorps assez long. II est renfermé dans une écaille épaisse quiluy couvre tout le dos, & se rejoint fous le ventre, où ellenedaisse que la place qu’il faut pour les quatre jambes. Il ale groin d’un cochon, & le cou d’une longueur assez consi-dérable , & fait sortir sa tête en marchant ; mais s’il craintquelque danger, il la cache fous fa coquille , où il retire sespieds dans le même temps, demeurant aussi immobile qu’ú-ne tortue de terre. Son écaille est partagée en deux au mi-lieu du dos & en travers, où il y a des jointures qui luy ser-vent à tourner le devant de son corps de tous les cotez. Sespieds ressemblent à ceux d’une tortue de terre. Ses onglesfont forts, & il s’en sert à creuser des trous comme les la-pins. Sa chair a le même goût que celle des tortues de terre.II y a beaucoup de chats tigrez en ce Pays là. Ces animauxfont de la grosseur des chiens qu’on fait combattre en Eu-rope contre les taureaux. Ils ont les jambes courtes, le corpsramassé, & à peu prés comme celuy d’un mâtin. Pour tout lereste, c’est-à-dire, la tête , le poil & la maniéré de guêter laproye , ils ressemblent fort au tigre, excepté qu’ils ne fontpas tout-à-íait si gros. Ils dévorent les jeunes veaux, ou desbêtes de venaison , qui sont là en abondance.

On trouve dans cette Baye des serpens de toutes sortes,de jaunes,de verts, & de couleur brune mêlée de quelquestaches de jaune & de blanc. Les jaunes font d’ordinaire aussigros que la partie inferieure de la jambe d’un homme, &longs de six ou sept pieds. lissent paresseux & lâches, &nevivent que de lézards, de guanos, ou de quelques autrespetits animaux qui passent dans leur chemin. On ditqu’ilsse cachent quelquefois fur les arbres, 2c qu’ils ont la forced’arrêter un bœuf par une de ses cornes, lorfqu’il vient assezprés de l’arbre, & qu’ils peuvent /entortiller tout d’un coupautour de la corne & de quelque branche. II y a des gensqui en estiment la chair, Sc qui en mangent souvent. Lesserpens verts ne font pas plus gros que le pouce, quoy qu’ilsayent quatre ou cinq pieds de longueur. Leur dos est d’unvert fort vif ; mais leur ventre tire fur le jaune. Ils se tien-nent d’ordinaire entre les feuilles vertes des buissons, Sc vi-vent des petits oiseaux qui s'y viennent percher.Ccs serpensfont tres-venimeux. Les bruns font un peu plus gi os ; maisils n’ont qu’un pied & demi ou deux pieds de long. Ils vont. autour des cabanes où ils entrent quelquefois, & font fortsubtils à attraper les souris. Outre les serpens il y a quantitéde scorpions. On y trouve aussi des Gxbiigttepes. Ces animaux ont un peu de ressemblance avèc les lézards, quoyqueplus gros. Leur corps est de la grosseur du bras d’un hom-me. Ils ont quatre j imbes courtes, & une petite queue ,quiest aussi courte. Leur peau est d’un brun obscur. Ils viventdans les troncs creux des vieux arbres, & on les trouve ordi-nairement dans les lieux marécageux. On tient qu’ils ontbeaucoup de venin. On volt là une forte d’araignées quifont aussi grosses que le noing d’un homme, Sc qui ont delongues jambes délices. Elles ont deux dents ou plutôt deuxcornes courbées, longues d’un pouce Sc demi ou de deuxpouces , & grosses a proportion , noires comme du jaiet,aussi polies que du verre , & pointues au bout comme unépieu. Leur dos est couvert d’un duvet jaunâtre aussi douxque le velours. Gjupyque ce Pays soit exposé à de fréquen,tes inondations , il ne laisse pas d’être rempli de fourmis ,parmi lesquelles il y en a de grossis, de petites, de noires Lcde jaunes. La morsure ou la piqueurc des grosses fourmisnoires, est presque aussi dangereuse que celle des scorpions.Les petites fourmis jaunes ne font guere moins de mal. Leur

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aiguillon perce comme une étincelle de feu, & il y en 4si grande quantité fur les arbres en certains endroits , 8en est quelquefois tout couvert avant que de s’en etreperçû. Elles font leurs nids fur les grands arbres, eí)cent fur le tronc entre les branches. Elles y passentôc y conservent leurs œufs. Dms la saison iéciie,elies ,tent de leurs nids,& couvrent les lieux où il y a des aï otmais elles ne vont jamais dans les Savanas. On voit alors wtout des sentiers qu’eiles font dans les bois , larges deou quatre pouces & fort battus. Elles partent fort leg*^,mais elles retournent à leur rendez-vous avec de peíánsj ] {deaux fur îe dos, tous de la même matière & d’une se .■grosseur. Ce sont des morceaux de sessiles vertes ;gros qu’on a peine à voirl’insecte qui est dessous. Ei‘ £S

laissent pas de marcher fort vîte. II y a une autre foi' tefourmis noires, assez- grosses, & qui ont les jambes loN^" 'Elles marchent par troupes, 8c suivent regulicremesHCapitaines par tout où ils vont. Elles n’ont point de se lltl£battus comme les autres, Lc courent de tous cotez à^ 3 ^

niere des chasseurs.

Les oiseaux du même Pays sont les Bourdonnans,Merles , les Tourterelles, les Pigeons, les PerroquetPerruches, les Quames, les Correfos, les Coqs d’inde >Corneilles qui vivent de charogne, celles qu’on r>ow.subtiles, les Oiseaux tout bec, les Cockrecos, & autres. si ^seau Bourdonnant a le plumage fort joli, Lc n’tst que y ggrosseur d’une des plus grosses guefpes. II a le bec noir >àussi délié que la pointe d’une aiguille sine , avec des& des pieds proportionnez au reste du corps. Quand ile, il tient ses ailes étendues fans les battre, dans un rno 3 ^ment égal & continuel, comme font Jcs abeilles Lc lesmouches. II fe meut avec beaucoup de vitesse , &ch ís . {)les fleurs Lc les fruits. II voltige tout à l’entour, les exasejytantôt d’un côté , & tantôt de l’autre , Lc quelqucse^pose un pied ou tous les deux, aprés quoy il fe retire ^d’un coup. II y revient ensuite avec la même vitesse, ^meure ainsi autour d’une fleur cinq ou six minutes, sise;a de deux ou trois fortes, les uns plus gros que lesmais tous fort petits. Ils n’ont pas le méme plumage, mplus gros sont noirâtres. Les Merles font un peu pl uS | tì rque ceux d Europe. Ils ont la queue plus longue, ^ se.ressemblent à l’égard de la couleur. On lesappeliequeW {fois Corneilles jaseuses, parce qu’ils caquettent ainsi ' ( \fpie. 11 y a de trois fortes de Tourterelles Les unes <>• ^jabot blanc, les autres font de couleur brune, Lc les tr° j ( jmes d’un gris fort sombre. Celles du jabot blanc fo 11 .^plus grosses. Le reste de leur plumage est d’un gris ss. u ffurie bleu. Elles sont bonnes, rondes Lc dodue,, & P r f^de la grosseur d’un pigeon. Celles de la seconde elp cCC cS $de couleur brune par tout le corps ; mais plus p^ 1 ^moins grasses que les premieres. Les troisièmes q u otl 0 |liîpelle aussi Tourterelles de terre , font beaucoup plusqu’une alouette, & vont fur la terre par couples. Les j| { jautres fortes volent par paires, & vivent des baiescueillent fur les arbres. Les pigeons sont là peu cornuesLc plus petits que nos ramiers. Le Quame est de la f 0 Jd’une poule d’inde ordinaire. II est d’un brun noiraù |,son bec ressemble au bec d’un coq d’inde. C’est unseselent manger. Cet oiseau fe nourrit de baies , volant d 3 ^bois d’un côté Sc d’autre. Le C orrefo est plus gros. K a ftest noir, & a une hupe de plumes noires fur ia tête. ‘'pmelle est d’un brun obscur. Ces oiseaux se nourris^ 11de baies, & font assiz bons à manger ; mais on dit q UÊ sel 1os font venimeux. Ce qui est cause qu’on les brûle oUles enterre, de peur que les chiens n’en mangent. L eS seneilles (ont noii âtres, Lc à peu prés de la grosseur pbeaux. Elles ne vivent que de chair, ce qui les fait a Pses,corneilles d charogne. Leur tête est chauve Lc fans f ÍV seainsi que leur cou qui est rouge comme celuy ^ u ,se fd’inde. II y a quantité de ces oiseaux en cette

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à un même endroit qu’on les croiroit paresseux- A sese

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néanmoins assez actifs à guêter leur proye, Lc les ésese f

n’ont ças plutôt tué une bête, qu’ils viennent entour d’eux , quelquefois jufqu’à trois cens, quoj'ssi £/bord on n’en voye aucun. II y a quelques-unes de ce

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neilles entierement blanches ; mais on diroit que Ly se

mes font laies. Celles qu’on nomme Corneillesgrosses comme un pigeon. La plûpart font d'usl ?'

noiiâcre ; mais L* bout de leurs ailes tire fur leque leur bec. Eiksont uue méthode particulière " p 1 ‘ «ces

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