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Tome I. [A - D.]
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Me 6e six mois,& íì pendant cc temps-là celuy qui restep 0 n 8 e à l’autre deux nuits de luire cn dormant, il s’empoi-^ ntle pour Palier rejoindre, ce qu il fait d'un air content,^chantant ; mais s’il n’y rêve qu’une feule fois, ils disentj* e * e fçrit des songes n’étoit pas bien feur que le défuntennuys au Pays des âmes, puifqu’il n’a fait qûc palier fansj enir ) & que par cette raison Je vivant if est pas obligé de^lertenir compagnie. Lors qu’une femme devient veu-> & qu e i e mar y qu’elle a perdu a des freres qui ne font« encore mariez, f un d'eux f épouse six mois aprés. Ils ennt de même à f égard des sœurs de leur femme , aprés la1 de laquelle l’une de ces sœurs remplit ordinairementp e P . ace 5 mais cela if est observé q tf entre des sauvages qui^ P^st^ent d’avoir plus de sagesse que les autres. Les Sau-na i ^? nt ^ u í ets à fort peu de maladies, & quand ils en ontej quune, ils ne prennent que des bouillons, mangentlòn 1 % crc >y ent sauvez s’ils peuvent dormir. Quand ilsp 1 Eez accablez pour être contraints de garder le lit,leursVer e ?s viennent danser & fe réjouir entr'eux pour les di-l it lr> Us font austì visitez par les Jongleurs,eípece de Char-gip'^’Sui s’étant guéris de quelque mal dangereux, fontrir I ° UX ?our fe croire immortels, & qu’ils peuvent gue-I-e f S aUtres ’ en priant aux bons & aux mauvais Esprits.

Jongleur entre chez le malade f examine fort foigneufe-fc ^'^" anc que si le méchant Esprit est dans la Cabane, il ledan ra ^ en vîce faire déloger. Aprés cela il lê retire seulWÍ Utle P et i te tcnte faite exprès, où il chante & danse cnv ée 7 ? ornme un loup garou. Sa Charlatanerie étant ache-jj | ’d vient fuccer le malade en quelque partie du corps, &f 0 ^ dit en tirant de fa bouche quelques osselets, qu’ilssortis de f endroit qu’il a fuccé ; qu’il prenne courage ;^Ue ìMaladie n’est point dangereuse, & que pour hâter fa^!<on il faut qu’il envoye lés Esclaves & ceux de fes pa-afj ? ia chasse aux élans, aux cerfs, & autres fortes de bêtes,

' ç e manger de ces viandes qui luy font tres-necessaires.dc s CS ^ auv ages ne passent jamais huit jours fans suer, mala-bì Cn °^ non , avec cette différence que quand ils fe portentstii’d’ 1S vont jetter f Eté dans la riviere, encore tout hu-de sueur, & dans la neige l’Hiver. S’ils fe sentent in-du ^^d ^2 ils rentrent chaudement dans leur lit au sortirf 0 j s iln ‘ G, bain où cinq ou six Sauvages peuvent suer à laQp ’ une efpece de four, couvert de peaux & de nattes.

/ Rle . t dans le centre une écuelle d’eau-de-vie brûlante,l eiìr es pierres enflammées, ce qui cause une si grande cha-qp. ’^Uen moins de rien on fuëextraordinairement. Sitôtq U ‘ij n ^uvage est mort, on f habille le plus proprementPieu ^ poiìible, & les Esclaves de fes parens le viennentsseu er ) fans que son pere , famere, ni fes freres, ni lesreuj[ S ? en paroissent affligez. Ils disent qu’il est bien heu-ttieiii ^ lle P* us souffrir, la mort étant un passage .à uneastis Clile vie. Ce Mort étant habillé & mis fur une natteluy ^? rtlrne s’il étoit vivant, fes parens s’asseient autour deles ‘rdacun d’eux luy parle à son tour , en luy racontantparl e T °' ts & ies actions de fes Ancêtres. L’Orateur quiVeut C dernier, luy dit en leur Langue les choses qui fui-nou s ’ en fappellant d’abord par son nom. Te voila assis avectét e * tli - ** ^ m é>ne figure que nous ; il ne te manque m liras , nifard 1 Ì :iìn bes , cept ridant ru a fi d'être , & tu commence a t'éva-a dc l i° iìlme fumée de cette pipe. Qug efl-ce qui nom parlait ilydoft c ì' ni rs, ce n est p a: toy , car tu nom parlerais encore ; il faut•A lo t t^ e Ce fi lt ton ame c ì :/t e fi # présent dans le grand pays desfern ^ aVec celles de nôtre Nation. Ton corps que mus voyons icyrie n - t Hs fi x m °ú ce qu’il étoit il y a deux cens ans ; tu ne sensHe conno 'ú rien ; & tu ne vois rien , pane que tu n es rien.l'anirn * nt P iir f 'amitié qne nom portion^ à ton corps lorsque Tejpritfier eS ç/fg nous te donnons des marques de la vénération dùé a nos

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-„ss nosamh ’ 4prés que ces harangues font finies, lesles m £ Estent pour faire place aux parentes qui luy disentCaban j S ch oses. Ensuite on l’enferme vingt heures dans L)des f n^ s ^orts, & pendant ce temps on fait des danseslettres - ' ns qui ne font rien moins que lugubres. Les vingtCi rtlet i eta nt expirées, les Esclaves du Défunt le portent aukdeq^ Eté commun des Sauvages, où ils le mettent fur desî-éëil de dix pieds de haut, enseveli dans un double cer-.t e d d’i^ 0106 ' avec ^ es armes > des pipes, du tabac Sc du* es Pare Pendant que ccs Esclaves portent le cadavre,tr es à les parentes dansent en raccompagnant,& d’au-P r er eril iv es font chargez du bagage dont les parens fontcu è‘il, ç U Mprt, & qu’ils vont ensuite mettre íur son cer-*Vec (j '•‘s Esclaves aprés la mort de leur Maître fe marients femmes aulii Esclaves, & font cabane ensemble,

étant alors libres. Les enfans qui naissent de cés mariagesfont adoptez, & reputez enfans de la Nation , à cause qu’ilsfont nez dans le village. Ces mêmes Esclaves ont foin d’al-ler tous les jours en reconnoissance de leur liberté au pieddu cercueil de leur Maître, pour luy offrir quelque pipe detabac.

Les Sauvages fe font la guerre au sujet de la chasse, ou d upassage fur leurs terres, parce que les limites font réglées ;ainsi chaque Nation connoîtles bornes de son Pays. Ils ne ladéclarent point fans avoir tenu plusieurs conseils, & fansêtre leurs des Peuples voisins, dont ils demandent la neutra-lité ou l’alliance. Aprés cela ils renvoyent un Esclave de laNation avec laquelle ils ont résolu de fe brouiller , & luyrecommandent de porter au premier village de cette Nationune hache , dont le manche est peint de rouge & de noir.Quelquefois ils renvoyent trois ou quatre de ces Esclaves,leur faisant promettre avant leur départ qu’ils ne porterontpoint les armes contre eux. II y a un Grand Chef de guerredans chaque village , qui pour fa valeur, fa capacité, & sonexpérience, a été proclamé tel d’un consentement unanime,fans que ce titre luy donne aucun pouvoir fur les Guerriers*Outre ce Grand Chef il y en a quelques autres qui ont cer-tain nombre de Guerriers attachez à eux par considération& par amitié. Quand les Anciens trouvent à propos qu’unParti de Guerriers fe mette en campagne, le Grand Chef deguerre, qui fe trouve toujours au Conseil, a le privilège defe mettre à la tête de ce Parti de Guerriers, ou de demeurerdans le village. 8 il a dessein de marcher , il fait crier par leCrieur de la Nation dans toutes les rues du village, qu’un teljour il doit donner un festin de guerre à ceux qui voudrontle suivre. Cnacun des Guerriers qui s’y détermine, fait por-ter son plat au jour nommé à la Cabane de ce Grand Cnef,qui lorfqu’il volt f assemblée complette fort dans la Placepublique la massue en main , suivi ae fes Guerriers qui s’af-feient autour de luy. Auflì-tôt six Sauvages portant chacunune efpece de timbale à la mode du Pays, viennent s’accrou-pir au pied d’un poteau planté au centre de ce grand cercle.Ea même temps le Grand Cdef regardant fixement le So-leil, ceque«fait auffi toute fa troupe, harangue le Grand Es-prit , aprés quoy on offre ordinairement un sacrifice. Cettecérémonie étant achevée, il chante fa chanson de guerre,pendant que les Timbaliers battent la mesure, &àla lin dechaque couplet qui contient un de fes exploits, il donne aupoteau un coup de massue. Chaque Guerrier chante à sontour fa chanson avec la même méthode, pourvu qu’il ait faitune campagne, fans quoy il n’a pas droit de chanter, ensuitele Chef & la Troupe retournent à la Cabine où le festin fetrouve préparé. S’il arrive que le Grand C lie f ne veuillepas abandonner le village, les Guerriers choisissent un despetits Chefs aufquels ils font attachez d’inciination pourcommander le Parti. Celui-ci observe les mêmes cérémo-nies de harangue, de danse & du festin qui continue chaquejour jusqu’à celuy du départ.

Si ces Peuples qui font la guerre aux Iroquois , font Ilinoií fOutagamis , lîurons ou Sauteurs , & que ces Panis veuillentfaire un coup de main , ne fussent-ils que crante, ils s’avan-cent jufqu’au pied du village de leurs ennemis, comptantfur L vîteste de leurs jambes en cas qu’ils soient découverts.Ils marchent l’un aprés l’autre , & le dernier a l’adrdle decouvrir la piste par des feuilles qu’il répand. Lorfqu’ilsfont entrez dans les champs des Iroquois qui font leurs prin-cipaux ennemis, ils courent toute la nuit, passant ic jourcouchez fur le ventre dans de petits bois, ou dans des brous-sailles, tous ensemble ou dispersez. Sitôt que le Soleil estcouché ils quittent leur embuscade , & attaquent tous ceuxqu’ils rencontrent fans distinction de sexe ni d’âge. Ils nefont grâce à personne, & lorfqu’ils ont fini leur massacre &enlevé la chevelure des morts pour marque de leur triom-phe , ils ont encore la hardiesse de faire le cri lugubre, parlequel ils tâchent de faire entendre à leurs ennemis qu’on atué quelques-uns des leurs ; qu’ils peuvent venir leur don-ner la sépulture ; que faction s’eít faite par un tel Chef Scpar une telle Nation , aprés quoy ils s’enfiaient avec une ex-trême vitesse par des chemins dlsserens, jufqu’au rendez-vous qu’ils fe font donné à trente ou quarante lieues de là.Si ces Partis font de deux ou trois cens hommes, ils fe hasar-dent à entrer la nuit dans le village , faisant escalader les pa-lissades par un ou deux Guerriers, pour ouvrir les portes encas qu’elles soient fermées. Jamais ils n’y font de prison-niers , à cause de la diligence avec laquelle ils font obligezdç fuir pour fe sauver, avant que leurs ennemis fe trouvent

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