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Tome I. [A - D.]
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terbe , da côté de l’Orient. * Maty, D iiïionaire de Hollande

JJOl.

CANAPLES. Bourg de France dans la Picardie,en LatinCanopolis. II est situé entre la ville d’Amiens & celle de Dour-lens, & a titre de Marquisat.

CANARA. Grand Pays d’Asie en la Prefqu’Isle’en deçale Gange. Barbosa luy donne le nom de T ulimar, & TexeiraI'appelle le Royaume des Chatins, qui veut dire Marchands , àcause que les villes font gouvernées par les Bourgeois, quifont tous Marchands. Ce Pays confine du côté du Nordavec le Royaume de Cunquan ; du Sud avec le Malabar ; &du Couchant avec la mer des Indes. Les lieux peuplez de lacôte de Canara sont Ancola ; Egorapan ; Mergeu, avec unfleuve de même nom;Onor ou Honor;Baticala;Mayandur;&en tirant plus avant au Sud Bendor; Bracelor ou Barcelor ;Bacanor ; Carcara ; Carvate ; Maqgalor ; Maugeiròn ; Com-bata ; & Cangerecoía. Les Portugais ont un Fort à Barcelor,& un autre à Mangalor. La ville de Gargopa est dans lesterres duPays.On y troUve abondance de riz noir,que Tonvend au menu peuple,& dont plusieurs navires se chargent,parce qu’il est meilleur & plus sain que le riz blanc.Les pal-mes y croissent en nombre autour des rivages: II s’y trouveaussi du poivre avec divers fruits,& les habitans ont quelquebétail.Ils font noirs ou bruns,& les femmes accouchent fansgrand travail,& fans aide d’aucunes personnes. Ce font elles-mêmes qui lavent leurs enfans dans de Peau Froide sit ôt qu’ilsfont nez. Ils font élevez tout nuds, & nettoyez aussi avec del’eau froide, ce qui les rend fort robustes ; en forte queplusieurs vivent cent ans, fans aucunes maladies, & lansperdre une feule dent. Ils se fient tellement ett leur disposi-tion à bien nager , qu’ils fe bazardent fur les rivières dansde petites barques, nommées Almadies , qui font faites d’unefeule piece de bois creusée au milieu, où il ne peut tenirqu’un seul homme, ainsi elles font souvent renversées. LeCavarin habile à nager, releve fa barque, fe remet dedans,& acheve son voyage. Ceux du menu peuple se nourrissentsi mal, qu’ils font toujours secs & maigres , & par consé-quent manquent de courage, c’est ce qui les fait mépriserdes Portugais. Ces gens-là qu’on appelle canarms 8 c Conrn-bïns , font tres-miferables, & fe resouaroient à se jetter dansle feu, pour avoir de quoy manger. Les autres font coura-geux.

Tous les habitans des villes font Marchands. Ceux desvillages f adonnent à l’agriculture & à la pefche , & entre-tiennent les palmes dinde qui produisent les cocosì Quel-ques lins ne font autre chose que laver le linge , 6 c sont ap-peliez Me'mates. Les autres qu’on nomme Patam,ites , sontMessagers par terre, quand la navigation est trop dangereu-se pendant l’FIiver. Ces gens de peu fe tiennent dans desmaisons couvertes de chaume, & dont la porte est fi basse,qu’un homme n’y fçauroit passer tout droit. Leurs meublesfont une natte étendue à terre pouf coucher dessus;un creuxqui leur sert pour y battre le riz, & un pot ou deux pour lefaire cuire. La plupart des Canarins vivent de riz, & s’ab-stiennent de manger de la chair de vache $ de bœuf, de bu-ste & de porc. Leur coutume est de garder quelques che-veux fur le sommet de la tête. Ils se rasent tout le reste. Lesenfans qui vont nuds jusqu’à l’àge de huit ans couvrentensuite de quelque drap, ce que la pudeur oblige à cacher.Quant aux femmes, elles fe ceignent le corps jusques auxcuisses avec un linge, dont elles jettent une partie fur une•épaule; de forte qu’elles ont la moitié du soin découvert.Leur langage est diffèrent de celuy des Dequanins, dont ilssuivent les coutumes dans leurs mariages. Quand un Cana-rin est mort, on brûle son corps, & fa veuve pour témoi-gner fa douleur, coupe ses cheveux, & rompt tous ses ha-bits, ainsi que ses ornemens qui sont de peu de valeur,n’étant que de verre. Tout ce Pays obéît au Roy de Bif-nagar, & les habitans suivent la Religion des Dequanins. *Davity , canara.

CANARANE. Royaume des Indes, dans la dépendancedu Roy de Pegu. II a pour bornes à l’Orient le Pays deTazatay ; au Midy, Carpa ; & au Nord, le Royaume deMoantay. Sa ville capitale qu’on nomme aussi c anarane , estsituée entre deux grandes rivières, dont l’une est Jiame, &l’autre celle de Pegu. Cette ville est belle , riche , & bâtiemagnifiquement. Son circuit est de quatre lieues. Lesmœurs de ses habitans diffèrent fort de celles des Peguans.Ils ne vont jamais nuds pieds, comme font les.autres. LesPrinces & les Seigneurs ont de riches brodequins & des san-dales garnies d’or. Le Roy de C anarane, outre les mines d’or

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& d’argent qui le rendent tres-puissant,en a d’émeràudesde turquoises, dont il tire un revenu fort considérât) •Quand ce Roy meurt, son trésor est enterré avec lu/ >son fait jurer à son Successeur de n’y point toucher,premiere année de son régné il est entretenu par so sll sopie, luy & toute fa Cour. Comme toutes les Chargesgneuries sont alors vacantes, tous les Seigneurs, q ul *obligez de le venir reconnoîtrc, apportent de riches prsens pour y être rétablis, & cela luy fait acquérir un gj 3 ^trésor dés cette premiere année. Personne ne peut pvttersouliers, de ceintures d’or, ni d’anneaux ou bagues, fa° smission du Roy. Une partie du profit appartient au R°yPegu comme Souverain , & il permet que l’on n’aille p 01 ^nuds pieds dans le Royaume ae c anarane , 1 . cause sl ue ^Pays est tres-froid. Vincent le Blanc rapporte qu’il y re Spendant l’Hiver un vent de Nord íi aigu & si pénétrant, qplusieurs en perdent les doigts des pieds. II y a une coume par laquelle aucun ne peut s’òbliger qu’il n’engagemême temps ses enfans & ses femmes avec tous ses biens,forte que quand il manque à payer au jour promis,le Creacier les peut faire tous Esclaves. Ceux de ce Pays se f erve -de ciment mêlé avec du sucre dans leurs bâtimens. Ce cment tient fort lorsqu’on y ajoute des coquilles calcinéeque l’on achette à la mesure. Ils ont force sucreries, dont Jfont manger les cannes àux élephans qui les aiment sort ,quand ces animaux ont fait quelque faute, on les en p r *L,& ce châtiment les corrige en leur apprenant qu’ils ont tjli. Le Roy en a un grand nómbre qu’il fait servir par Psieurs Esclaves qui les font manger dans de la vaisselle dgent. Quind leur Gouverneur leur parle ils remuent le ugrandes oreilles pou r en tendre ce qu’il leur dit,LesSeig° e .font logez à la maniéré des Perses, & ont leurs maisons e»chiesd'or & d’azur. Ils n’épousent qu’une femme ; maïsont plusieurs concubines qui vont richement parées,#couvrent le visage quand elles sont dans les rues. Ces V epies sont Gentils & Idolâtres, & on negocie facilement aV^eux. Si un Marchand veut s’arrêter dans leur ville, il y 3 ^jeunes femmes qui leur donnent leurs maisons garniestoutes les choses qui leur peuvent être nécessaires , & UP. 1servent comme des Esclaves. Elles sont fort propres , d 3sent & chantegt agréablement, & conservent avec so inbiens qu’on leur donne en garde ; aussi est-ce une fort g r3de infamie en ce Pays-là que d’être accusé de larcin. Ffemmes y sont presque toutes habillées de blanc. * Vojtffde Vincent le Blanc , t. part. cb. 33. .u

CANARIES. Isles que les Anciens ont nommées WrPsmmâ, 8c ddnt Ptolemée & Pline font mention. Ce P r "jmierne les place pas assez vers le Nord, ne mettant celles <1en approchent le plusqu’à 1 6. degrezde latitude Septentr*^nale, quoy qu’elles s’étendent jusqu’au trentième degtElles sont au nombre de sept; fçavoir, Palme, Ferromere, Teneriffe, la grande Can a rie, Fuente,Ventura & ^ 3 _cerotte , & se trouvent entre le vingt- sixième degré tre 0minutes, vis-à vis du Cap de Nun au Royaume de Ma r °^à soixante & dix ou quatre vingt lieues de la terre ferme .la Barbarie, & à neuf ou dix l’une de l’autre. Cesl*^avoient été connues des Anciens plusieurs siécles ayantstemps de Pline, de Mêla, & de Strabon ; mais la negl>8^..de ceux qui les ont suivis les ayant laissées dans ff • JLouis, Comte de Germon t, surnommé l’Exheredé ,une store vers l’an 1348. fur les côtes de Catalogne so^ ,protection d’Alphoníe, Roy d’A-agon , à dessein d’en ^prendre possession j le Pape les luy ayant ajngées, à contion qu’il feroit prêcher l’Evangile aux Barbares sltUhabitoient alors. Quoyque les guerres de France , & J 3 .taille de Crecy où il se trouva au service du Roy Ph“'P^de Valois l’eussent empêché de s’embarquer, on ne ^ zpas d’en faire la conquête en son nom. Sur la fin du mf .siécle, les Basques & les Peuples d’Andalousie firent unT s (té entr’eux pour le partage de ces Isles qui avoient euroété abandonnées. Ils équipèrent quelques vaisseaux *&} frprirent celle deLancerote, d’où ils rapportèrent tant“ e ychesses f que le Roy de Castille eût entrepris dés ce tempos .de les conquérir si les differens qu’il eut contre ses voi> .l’eussent laissé en état d’executer ce dessein. Quelque tsííl ^aprés un Gentilhomme François, natif du Pays de Cau^ .Normandie, nommé Jean de Betancourt, fit le voyage aCommission de Henri IIL Roy d’E'pagne, à la charge tss 1 ^prés s’être emparé de ces Isles , il en feroit hommage 3 .Couronne de Castille. II prit les cinq petites; mais les h 3 ^tans des deux grandes se défendirent si bien, qu’il sot c °