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fs le Pays, oil rencontre des étangs bordez" de brossassescle joncs, où il y a grand nombre d’oyes , de canards, debelles, debeccaísines & autres oiseaux.
, ^ l’Occident du Cap , un peu vers le Nord, est un grandQ Vre , avec une Iíle basse & plate, qui en est assez éloignée.j " P^t passer sûrement aux deux cotez de cette Iste, ou^dans ou dehors. Les vaisseaux qui y mouillent se mettentrat ^ c prés du Continent, & laissent fille plus loin à côté^ Les terres prés de la mer, & vis-à-vis dû havre, font* es >& défendues par les hautes montagnes qui s’avancent15 peu dans le Pays du côté du Sud. Le long de la côte, laforme aux deux cotez du Cap plusieurs bonnes Bayes,la R CS Va '^ caux ^ peuvent mettre à i’abri. La plus belle esttJU m C k Table , ou Vafel-Baye, appellée ainsi, parcey e j e est tout proche de la montagne qui porte ce nom,
. rs le Midy. Vis-à-vis de son ouverture est fille des La-t °U Roben-Eilan. Cette Baye ayant six lieues de circuit,j. ‘e Une flote peut y croiser, & les vaisseaux peuvent jetterd a Cre fort prés du rivage, où ils trouvent quatre brassesj^ ea u,& s ont à couvert de toutes sortes de vents,excepté du^ora-Oíiest, qui entre directement par f ouverture. C’estpj F.^ es de cette Baye ,au pied du mont de la Table ,que les„ ° lai jdois ont construit un Fort. Ce Fort est un bâtimentd' 3lre j monté de plusieurs pieces de canon, & munigarnison qui pourroit le défendre contre un mil-d e Hotentots ou gens du Pays. A deux ou trois cens pasd e Sc du côté de f Occident du Port,il y a un petit bourgpip CJnc l uan te à soixante maisons basses ; mais bien bâties dej} ^Vstu’on tire d’une carrière qui n’en est pas éloignée.Ho ^re ce bourg, en allant aux Montagnes, la Compagnied e ^âoise des Indes Orientales a fait bâtir une fort gran-^ ^ ai fon , où il y a un magnifique Jardin , renfermé d’unests de pierre.Ce Jardin, rempli de diverses sor-
^ , ” er bes, de fleurs , de racines, & de fruits, est coupép n . § ra ndes allées de gravier garniesd’arbres,& arrosé parpl ^sseau qui vient des montagnes , & qu’on a séparé enlìç i® 111 '* canaux. Les haies dont les allées font bordées,ontl e$ a dix pieds de haut. On les taille continuellement poury e Cri ’ r propres & égales. Ali de là de ces grandes haies, ilt res n a âe petites, qui fervent à séparer les fruitiers des au-fruit’ rCS ' ^ eela fans leur faire ombre. Chaque forte deto ut \ er est à part. Les pommes ,*les poires, les coings,& furt-es ^.Pommes de Grenade,y viennent parfaitement bien.*ou t racines & les herbes potagères font aulsi à part, & lefj 0 j. en fi bon ordre, qu il n’y a rien de plus agréable. Lesstj a £d°is qui demeurent dans le bourg, font un gain con-a U C: C ’ P ar m °y en des vaisseaux qui relâchent souventP e ^ a ?, & des Etrangers qui se viennent rafraîchir à terre.p e , er soir du Cap est bon, peu profond, & produisantç ro j rtî °ins assez d’herbes, d’arbres & de pâturages. 11 yp t .j ti l . c l Ua ntité de froment, cf orge, de fegle St de pois. Lesgt^Paux fruits font les raisins. On y a planté tant de vi-Vìti quelques années, qu’ìl s’y trouve quantité de
tj a * L ressemble au vin blanc qu’on recueille en Francer eu le haut Pays ; mais il est d’un jaune pâle, doux, vigou-e^ e 5 & fort agréable. Les animaux domestiques font lesQ tl \ a . Ux , les vaches , les chèvres, les brebis 8t les cochons.j ?tt qustl y a plusieurs fortes de bêtes sauvages, qui feW nt ^H. r ks brebis, qui font plus grosses qu’ailleurs, &hne° n ^nferme toutes les nuits par cette raison. On y voitti 0 j c ‘Pcce de fort beaux ânes, bigarrez de bandes égales8t c C ? & blanches, qui vont depuis la tête jusqu à la queue,g Cs ,* *ent fous le ventre qui est blanc. Ces bandes font lar-e >itr C a F x a îrois doigts, parallèles les unes aux autres, &d’une" bandé blanche St d’une noire. La mertaj n fi e abondance de poissons,& principalement d’un cer-btu Ctlt Poisson,qui n’est pas íi gros que le haranc. II y en aI Nie ^ Ue ^ on en sale beaucoup tous les ans pour les faire! r en Europe. II y a aulsi grand nombre de veaux ma-
c’çfj.* 11 ' âu Cap de Bonne Espérance est pur, clair & serein;frojj ^olimat temperé,où il ne sait jamais trop chaud ni tropdn r ’ 1 cc n’est dans les mois de Juin & Juillet. II s’élevee* ci 1 ce temps des vents du Midy fort impétueux, quit}U e r e ï u âes brouillards, font tomber de la neige, & qucl-| a Ussr ls § e ^ er ^ es rivières de l’épaisseurdu doigt. II s’y élevedu hau ^tt souvent de furieux tourbillons, qui fe précipitentên des montagnes avec un fracas horrible. L’Hiver estses dess,. ^ dans les deux mois fui vans. II pleut à torrens dansr* er gé r rem ’ erS ’ en forte que tout le plat Pays en est sub-• hapluye cessée l'eau s’écoule, & la terre n’en perd
CAP 509
rien de fa beauté. Les Originaires du Cap font les Hodtria~dods, qu’on appelle communément par corruption Hotantots,qui est le nom qu’ils fe donnent les uns les autres dans leursdanses. Ils font d’une taille médiocre, pleins d’activité, &ont les membres petits & le corps flouet. Leur visage estplat & de forme ovale. Leurs sourcils sont gros, mais ilsont le nez moins plat, & les lèvres moins grosses que lesNegres de Guinée. II sont plus noirs que les Indiens ducommun, & moins que ceux qui habitent la nouvelle Hol-lande. Leurs cheveux sont aulsi moins frisez. Ils fe barbouil-lent de graillé par tout, soit pour rendre leurs jointures sou-ples, soit pou* garantir leurs corps nud de l’air,en bouchantainsi les pores. Pour le faire avec succès, ils fe frottent defuie les parties graissées, & principalement le visage. Celajette une odeur forte, tres désagréable. Ils n’ont point la têtecouverte ; maisâls enjolivent leurs cheveux par de petitescoquilles. Leurs habits font des peaux de mouton, dont ilss’envelopent les épaules comme d’un manteau > mettant lalaine du côté du corps. Outre cette espece de manteau, leshommes ont un morceau de peau en forme de petit tablier,qui pend devant eux. Les femmes en ont un autre trousséautour des reins, & qui leur descend jufqssaux genoux»Leurs jambes font enveloppées d’intestins de mouton, del’épaisseur de deux à trois pouces. Les unes s’envelopent jus-ques au gras de la jambe, & les autres depuis les pieds jus-ques aux genoux. Elles mettent ces intestins quand ils sontencore tout frais ; mais avec le temps ils deviennent durs &roides, parce qu’elles ne les ôtent jamais, que quand ellessont en quelque volage, où elles n’ont rien autre chose àmanger. C’est pour elles alors un fort grand régalé. Lesmaisons des Hotentots font tres-medioCres. Elles n’ont queneufà dix pieds de haut, & dix à douze de large. Elles sontdéformé ronde,St composées de petits pieux fichez en terreSt qui fe rassemblent tous par le haut où ils sont attachez.Lescôtez St le faîte de ces maisons font de branches grossière-ment entrelacées avec les pieux, St le tout est couvert demorceaux de peaux, de joncs St d’herbe longue. Ils laissentà côté un petit trou à la hauteur de trois à quatre pieds, Scce trou sert déporté pour entrer St pour sortir furies piedsSt fur les mains. Quand le vent vient du côté de cette porteon la bouche, & l’on fait une autre trou au côté opposé.Ils font le feu au milieu de la maison, Sc la fumée sort parles sentes. Ils couchent fans lits fur le carreau ou fur la ter-re, tout autour du feu> Sc vivent tres-groísierement,n’ayancd’ordinaire pour batterie de cuisine qu’un ou deux pots deterre , où ils font cuire ce qu’ils mangent. On tient quequand ils font en voyage ils jeûnent deux ou trois jours toutde fuite. Leur nourriture est de l’herbe, de la viande,ou ducoquillage,qu’ils vont chercher entre les rochers ou ailleurs,quand la mer est basse, n’ayant ni canots ni barques pouraller à la pesche. Ceux qui demeurent aux environs dubourg tirent leur principale subsistance des Hollandois,pourqui ils fe soumettent à toute forte d’ouvrages serviles,ce quileur fait gagner leur nourriture. St la graisse dont ils fefrottent. Les Hotentots n’ont ni Temples ni Idoles, ni au-cun lieu de culte ; cependant les réjouissances qu’ils font àla nouvelle St à la pleine Lune, ont quelque chose qui ap-.proche de la superstition. Quand elle est pleine,ils chantent,dansent, St font grand bruit toute la nuit. Dampier rappor-te que dans ces temps-là, il alla deux fois à leurs huttes,versle soir que la Lune commençoit à fe faire voir fur l’horison,St qu’il les observa plus d’une heure. Ils paroijfent tous fortempresser , ajoûte-t-il, hommes, femmes & tnfans , tout dansefur le gaz,on , prés de leurs huttes > d’une maniéré bien bigarre. Ilsfont divers mouvemens pêle mêlé , claquent souvent des . mains , fychantent à haute voix-. Ils avoient le visage tourné , tantôt a ÍO-rient , tantôt a l'Ocadent^ fe napperçâs pas qu ils fiffent plus demouvemens ou de gestes quand ils avoient le visage tourné du côtéde la Lune i que quand ils luy tournoient le dos. Apres les avoir ob-servez, durant quelque temps > je regagnay mon logis , qui nétoitpasa plus de deux ou trois cens pas de leurs huttes, & je les entendischanter de la même forte toute la nuit. Dés que le jour parut, je fisune autre promenade, & trouvay encore plusieurs hommù fy fem-mes , chantans fy danfans, & qui continueront leur ré)omjfancejusqu d ce que la Lune disparût , & ulors tout le monde fe retira , lesuns dans leurs huttes , & les autres attx maisons Hollandaises,où ilsavoient accoâtumé de servir .
Les Hotentots font des gens extrêmement paresseux.Quoy qu’ils habitent un fort bon Pays, propre à être cul-tivé , & où ils ont assez de terroir, ils aiment mieux vivreà la maniéré de leurs ancêtres, c’est-à-dire, miferablementa
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