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étoit fichée la tête d’un petit enfant, ayant ìïn oiselet dansFun des yeux, & prés du bâton il y a volt par terre diversossemens de poissons & autres animaux, entre lesquels onremarquoit la mâchoire d un fort grand poiílon fans dents.Les Hollandois comprirent par ce qu’il leur fut dit que c’é-toit quelque tombeau. Passant plus avant à un autre bourg,ils rencontrèrent une troupe de vingt hommes devant laporte d’une cabane, & entr’eux il y en avoit quelques unsde marque. Au dedans de la cabane retentissoit un amasconfus de voix en forme de lamentations. Ces cris se pous-soient pour une femme qui mettoit un enfant au monde, lesfemmes de cette côte ne faisant aucune difficulté d’accou-cher en presence de tous ceux qui veulent entrer dans la ca-bane. Elles ne se font pas une plus grande honte de s’aban-donner au premier venu sens prendre aucun foin de se ca-cher. Ce qu’il y a d’extraordinaire, c’est que n’ayantniLoyni Religion , l’usege de la circoncision ne laisse pas d’êtrereçû dans cette Isle. La rivière de Gaba au dessous de la-quelle elle est située, descend du côté du Sud-Est,& a'beau-coup de recoins & de sinuosité?.La mer n’est profonde quede trois ou quatre brasses devant son embouchure & la ren-contre de ses vagues avec celles de ce fleuve, qui est largede deux lieues & bordé de part & d’autre de quantité d’ar-bres sens habitat» s, la rend fort impétueuse. * Linschot,Description de la Guinée ,'ch.z.
• CARADIVA. Ifle que les Hollandois ont appellée Ams-terdam. Elle est à la pointe du Royaume de Jaîànapatan, &contient onze cens habitans ou environ. Elle n’a pas quatrelieues, & n’est séparée de celle d’Ourature, que par un brasde mer assez étroit, au milieu duquel, & entre l’une & l’au-tre Ifle est l’Iflot ou Rocher de Cays. On a bâti fur cet Iflotou rocher un Fort appellé Hammeniel. II défend l’embou-chûre de ce bras de mer , & empêche qu’aucun vaisseau n’y
E uissc entrer ni en sortir sens congé. Outre qu’on trouve duétail & du gibier en quantité dans ces Ifles, on y recueillebeaucoup de zaye. C’est une herbe merveilleuse pour tein-dre en cramoisi, & dont on fait un fort grand commerce. *Jean Ribeyro, Histoire deTlste de Ceylan , liv. i.cb. 23.
C ARA EMIT ou Caramit. Ville de la Mésopotamie. Elleest à trois milles de Julimen , & située partie en penchant &partie en plaine. L’enceinte de ses murailles qui font extrê-mement fortes, est de dix à douze milles. Elle a trois censsoixante grosses tours, & entre les fleuves qui Farroscnt, estceluy de Sel qu’elle a au Levant. C’est l’ancienne Amide queles guerres des Romains & des Persans rendirent si renom-mée. Quant à la ville d’Amit ou Emet,c’est l’Ammet dePtolemée. C araemit est fous la domination du Turc,& entreses habitans qui font au nombre de deux cens mille, il y adivers Artisans, & fur tout des Tapissiers. On estime fort lestapis de ce lieu-là. Le Pays des environs abonde en eaux &cn sources.* Davity , Mésopotamie.
CARAESSAR. Ville d’Aíie dans la Galatie. Leuoclavel’appelle caracbiffar ou château-noir. Elle est située dans laplaine de Zibuc. * Davity, Galatie.
CARAIAN. Contrée d’Asie dans la Grande Tartarie.Elie est située à FOuest de la Province de Caindu , & l’on yentre aprés que l’on a passé la riviere de Bruz. Sa ville ca-pitale appellée Jaci, est à cinq journées de cette riviere, & àdix^.utres journées de Jaci on trouve le Pays de Garazan.Celuy de Caraian produit du froment & du riz en abon-dance. II a des puits d’eau salée dont ses habitans font dusel. II a quantité de bœufs, de bustes , de moutons , depoules,& des poissons de toutes sortes.Quant aux chevaux,iln’en est point de meilleurs dans tous ces quartiers. Les habi-tans de ce Pays ne mangent point de pain de froment, parcequ’ils l’estiment mal sein ; mais ils se servent de riz, & ils enfont un vin clair & blanc fort agréable avec des épices.Ils mangent aussi force poissons, & la chair crue des poules,des moutons, des bœufs & des bustes , la coupant en petites. pieces,qu’ils mettent ensuite dans le sel Sedans les épices.Lespauvres la mettent dans une sauce faite avec des aulx, aprésquoy ils s’en nourrissent. Ils ont un langage particulier fortdifficile à comprendre, & ne tiennent pointa injure queleurs femmes s'abandonnent à ceux qui leur plaisent. Leurmonnoye consiste en certaines coquilles blanches qu’ilstrou-vent au bord de la mer, & même ils én portent au col com-me une maniéré de parure. Il y a dans cette Province desIdolâtres , des Mahométans, & quelques Chrétiens Nesto-riens. * Marc Pol, liv. 2. cb . 39.
CARAIBES. Sauvages Insulaires de l’Ameriquequi ontpossédé autrefois toutes les Antilles, & qui en occupent
encore présentement quelques-unes, d’où vient qu on e j u yne 1 e nom de Caraïbes à cès mêmes Ifles, aussi-bien qu e j áde Canibales. lisse disent descendus des Galibis, Peu?:^ fíílaTerre-ferme , & leurs plus proches voisins; mais 1 ^
fçavent ni le temps ni le sujet qui les a portez à qu l£ ^lieu de leur naissance pour sc répandre dans des Iu eSreculées. Ils asseurent seulement que leur premier Pef » jj tpesté Kalinago , ennuyé de vivre parmi ceux de se Natip ^embarquer toute se Famille , & qu’aprés avoir vogue ^long-temps, il s’établit dans l’Ifle de la Dominique, °^ slSSauvages font en fort grand nombre ; mais que ses ? j ltperdant le respect qu’ils luy dévoient, luy firent boi ^poison dont il mourut. Les Simples ajoutent q u 1 ent abl cque changer de figure, & devint un poisson épbuvqu’ils nomment Arraioman, & qui vit encore aujoudans la riviere. LePereRaimond rapporte danstionnaire qu’il a appris des Capitaines de l’Ifle de la D j on .que , que ces mots Gahbi & Caraïbe étoient des norn . ^j snez à ces Insulaires par les Européens ; que leur ve ^nom étoit Kalinago , & qu’ils ne sc distinguoient que P ^mots Oubaòban & Bolouebonam , c’est-à-dire, des Uses - .Terre-ferme ; que les Insulaires étoient des Gallois q ^,toient détachez du Continent pour aller conquérir les ^fous un Capitaine, qui avoit exterminé tous les Natu r er véPays, à la réservé des femmes qui ont toujours co * ^quelque chose de leur Langue. En effet, la diversitégage-des hommes & des femmes dure encore présentéa quoy si l’on ajoute la conformité de mœurs & de otgi'on, il n’y a pas sujet de douter que ces Insulaires neleur origine des Galibis de Terre-ferme, qui firent ep^;,de jeunes hommes de leur Nation aux femmes & aux ^dont ils avoienttué les peres & les maris. Les Caraibesd’un tempérament triste & rêveur, & demeurent q u ®fois un jour entier dans la même place, les yeux en ^fans dire un seul mot. Leur fainéantise & la temperatu ^l’air contribuent beaucoup à cette humeur; mais recosent qu’elle préjudiciel leur santé , ils réforment leur ^nation naturelle pour paroître gais, fur tout lorsqu 1un peu de vin dans la tête. Leurs entretiens ordinale ^de leur pesche, de leur chasse ou de leurs jardins,ils font en la compagnie des Etrangers,ils ne prennent y ^les risées qui sc font en leur presence pour des raidesils auroient lieu de se fâcher. Ils s’offenfent quandnomme Sauvages, ce qu’ils disent n’appartenir qu an a0 ib*'“des bois, & ne veulent point non plus être appeliez . jjles, quoy qu’ils mangent la chair de leurs ennemis ; u* sí gínom de Caraibes leur plaît, comme marquant leur c v p& leur générosité. Leur naturel est doux & bénin , & .vent sens aucun désir d’avoir des richesses. Ils reprocu ^contraire aux Européens, ie foin déréglé qu’ils ont d f ^ofdu bien , puisque la terre est capable de fournir d 4 ^
nourrir tous les hommes, pourvu qu’ils veuillent p‘ e p
quelque soin de la cultiver. S’ils vont à la chasse ou 3 ‘ 0 [tche , ou s’ils abbattent des arbres pour faire un j ar .. t Slpour sc bâtir une maison , ils le font comme en fcj° a gissans marquer nul empressement. L’or les touche p e ^verre & le cristal leur paroissent préférables. Ilspointa sortir de leur Pays ,& ne veulent pas même \qu’on emmene quelqu’un d’eux en une Terre étrang^ymoins que l’on ne promette de le ramener bientôt. ^ u loi fmanquoit, il ne faudroit jamais les revoir, si l’on se , 0 u(garantir de leur vengeance. Ils n’ont point de catiob 1les choses éloignées, mais ils en ont tant pour celles q^proche d’euxj que s’il arrive que l’on ouvre un eoH e . u el'présence, il leur faut montrer tout ce qu’il enferme. * eflque chose de ce qu’ils y voyent leur plaît, ils dofld^if.échange pour savoir tout ce qu’ils ont de plus Pf^ifl®Ils se portent presque toujours bien, & les Vieillards §e>ne blanchissent point, ce qu’on impute à leur tetnp^ £ Sparce qu’ils mangent peu & souvent, outre qu’ils vse^ .yambition & sens nulle inquiétude. Ils ne font point jjyyVisions', ils en vont chercher à mesure qu’ils ont fau 11 ’ 0 uÇa rien de réglé chez eux. La nuit même ils sc seve° f e llmanger, & ne pensent jamais qu’au présent, en sorte 4 ^l’on veut avoir d’eux un lit de coton à bon marche » qU el’acheter le matin , parce qu’ils ne font point r ^ eX (f e po^
la nuit viendra & qifilsen auront besoin.Lelarcin pal^s^e
un fort grand crime parmi eux, & comme il s en JcSpeu qui y soient enclins, ils vivent sens défiance lesautres, cc qui fait que leurs maisons & leurs heritag e vA‘l’abandon, fans portes 8 c sens clôtures ; mais ils sont V ' J jjfsi