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Tome I. [A - D.]
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s > & conservent une haine non seulement dix années, mais^Ute leur vie. Ainsi quand ils se croyent offensez, ils nef 0 nt jamais contens qu’ils n’ayent tué leurs ennemis, le plusk ven't pour un trcs-petit sujet, pour un couteau^ pour desíineçqris óu pour dés fléchas rompues. Leur fainéantise ne^P e nt imaginer. Us se levent ordinairement avant le jour,j a première chose qu’ils font, c’est daller se baigner ou fela ei r ^r>suite leurs femmes dépendent leurs lits de dedans■ el , ca e >'& les pendent dans le earbet qui en est proche, oùt s j es .peignent & les ajustent, aprés quoy elles leur appor-d e , Caffave fraîche , & le Taumali, qui est une saucecrabe, de viande ou de poisson, avec beaucoup de pi-Ca î, forte de poiVra tres-sorr. Cela est accompagné d’unUn ^ V * n â Ouicou chaud qui est leur bouillon. Canm estç n Va ’ffeau de terre cuite, dont le fond finit en pointe. Il yt |t $ a ^ routes grandeurs. Ils passent les jours à faire de pe-C Q.P an * ers couverts où ils mettent de petites ustenciles,flé ^ eur miroir, du fil de coton pour accommoder leursCe , s une a ^ne, & autres choses semblableSj& ils pendentcuf an ^ er a leur cou,quand ils vont en quelque lieu. IlsS’oc-re d' stt encore à S’arracher la barbe avec le pouce & la poín-Pet' U p Couteau , quelques-uns à jouer de la flûte fur leursron j e § £s ’ d'âutres à rêver dans leurs Anuts ou lits de co-e ]i ’ ^ es femmes font moins oisives que les hommes. Ce fontbât Parent le Manioc , & elles fe servent pour cela dele P^ntus au lieu de houes. Elles sarclent & nettoyentf 0 j ’.oin ; elles font le pain,Ze accommodent les viandes, ontf 0 j U coton , &le filent fur la cuisse avec le fuseau. Ellesies Amo.cs , qu’cllcs travaillent fur une maniéré de char-nu contre les fourches de la case de haut en bas, &

jj t e i* es rournent à mesure que S’ourdit la trame. Quand lej; e . ac hevé, elles le tendent fur le châssis pour le peindre,d es p pour leur usage, & elles le laissent blanc fi c'est pourPe C j^ropéens. Certe peinture est pour l’ordinaire une es-^nstlochis, où la justesse se trouve observée avec au-proportion que si elles fe fervoient de compas. Estese ^ e nt aux deux bouts de lâ chaîne passer des fils non cou-*e$ Z fii^ : lon § s aviron d’un pied en forme de frange , & danst)Ui s estes passent une petite corde de pite en même sens, cet 0 I s allonge encore d’un pied de chaque côté , & dansme sle * plis de cette petite corde, elles en passent une de mê-toir matiere > g r °iTc d’un pouce , & longue de trois à quatreL p S > Aui sert à suspendre le lit quand elles en ont besoin,tent - U e ^ CS ^ont ce s Amacs ou lits de fil de coton, elles met-

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fiiaH ^ eux bouts du métier un paquet de cendres , per-q ll0 - ees stuÙls ne dureroient pas long temps fi elles man-t 0l lent à cette cérémonie. Elles font tres-mal propres dansOu' CC stu’elles apprêtent. Leur boisson ordinaire est le£jj sWí >_ qu’elles font de Cassaves ou de Patates bouillies.c jj es pilent ces racines dans un mortier de bois, & les mâ-^^Ppur leur donner la force de bouillir & d’enyvrer.Ca yetaut de ce breuvage, elles en font d’autres de choux> Ii:3es , d’ananas , de figues, de bananes & d’autres fruits,gj \ Utes leurs boissons font fi épaisses, qu’on y trouve à boirebo? IIlan § er * Les Caraïbes font souvent des Assemblées pourìls ^ ee Orticort. Ge font leurs plus grandes réjouissances.cin lnVUent âeux ou trois carbets ou familles, & s’ils fontv eru Uantej ^ font un vin de dix ou douze barils, qu’ils boi-ve f 60 Un î our âc en une nuit fans manger aucune chose. Iísbon? rtent Èmais de ces Assemblées que tous ne soient yvres,femmes & enfans, ce qui cause fort souvent de5 ra nds désordres,

PorP S ^ ara ibes-en général font gens bietl faits & bien pro-p au , 10nne 2 , assez agréables, de moyenne taille , larges d’é-Poi CS âe hanches, & presque tous avec assez d’embon-joua t ' ont ie visage rond & ample, & pour la plupart lesc he S /î larc l u ^ eS de petites fossettes dans le milieu. Leur bou-k. ediocrement senduë, & leurs dents font parfaite-t re planches & ferrées. Leur teint est naturellement olivâ-W'I C£tte couleur s’étend jusques aux blancs de leurs yeux;c Hie l° nt no “ s & un P eu petits. Ils ont le front applati,ainsil eilr vez; mais par artifice , à cause que leurs meres less> ún ^Eent à leur naissance, & pendant tout leur bas âge ,L- a § lna nt qu’il y a en cela de la beauté. Ils ont les pieds

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end^ é P atez ' ^ ayant nuds par tout où ilâ vont, cè quidan s 1 U îdle forte , qu’ils font à toute épreuve j &ho rg es °ois & fur les rochers. On n’en volt aucun qui soit^°rmir a T VeU £ ie ° u boiteux, ou qui ait quelque autre dif-k>t)g s ont tous les cheveux noirs, tout droits, & fortssfuile o 5 ° nt fort soigneux de se peigner. Ils les frotentj & ont une invention pour les faire croître. Hom-T orne u

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mes & femmes, ils les tressent pàr derrière, & les font abou-tir en une petite corne qu’ils se mettent au milieu de la tête.Aux deux cotez ils les laissent en moustaches , &les femmesles divisent de maniéré qu’ils tombent des deux cotez de latête. Les hommes séparent les leurs en l’autre sens,les tirantdevant & derrière, ce qui les oblige d’en couper de dessusJe front, fans quoy ils leur couvriroient les yeux. On nòleur voit point du tout de barbe ; ils l’árrachent quand illeùr en vient, & vont n'uds entierement,hommes & femmes;,comme plusieurs autres Nations. Que si quelquefois en ve-nant voir les Européens, avec qui ils ont quelque échange àfaire, ils prennent par complaiiànce pour eux uste chemiíè,un chapeau, & les habits qu’ils leur ont donnez, ils les ôtentíi-tôt qu’ils sont de retour dans leurs cases. Ils changent leutcouleur Naturelle par une couleur rouge appellée Rouan,qu’ils appliquent fur leurs corps. Elle est détrempée avec dèl’huife , Se pour fe mettre cette forte de peinture , ils fe fer-vent d’une éponge au lieu de pinceau. 11 y en à qui croyantparaître plus agréables se font deS cercles noirs autour deSyeux avec du jus de pommes de Junipa. Ce roucou leursert d’ornement & de couverture tout ensemble , & ils as-surent que cela les rend plus agiles & plus souples. Dansleurs jours de réjouissance, ils ajoûtent à leur rouge diver-ses autres couleurs, doiit ils fe frottent le visage & tout Iccorps. Ils ornent aussi le haut de leur tête d’un petit châ2peau tissu de plumes de toutes couleurs, bu d’ùn bouquetde plumes d’aigrettes. Quelquefois on leur voit une cou-ronne de plumes qui leur couvre toute lâ tête 5 la plupart íepercent les lèvres pour y faire passer une efpece de petitpoinçon, fait d’un os ou de quelque crête de pqisson. Iísouvrent même l’entre-deux de leurs narines , pour y atta-cher une bague, un grain de cristal, ou quelque ornementsemblable. Ils s’en mettent aussi au col & aux bràs , où ilsportent des colliers & des brasselets d’ambre, de ebrail, olide quelque autre chose qui ait du lustre. Les hommes por-tent les brasselets au gras du bras proche de l'épaule, au lieuque les femmes en entourent leurs poighets. Us parent en-core leurs jambes de chaînes de rassade áu lieu de jarretiè-res ; & ceux qui n’ont point de communication avec lesEuropéens, portent ordinairement pendus à leur col des sif-flets d’os de leurs ennemis, & de grandes chaînes, faites dcdents d’a’gouti j de tigres, de chars sauvages, oU de petitscoquillages, percez & liez ensemble avec une cordelette défin coton,teinte en rouge ou en violet; & quand ils fe veu-lent mettre fur leur bonne mine, ils ajoûtent à tout cela desbonnets, des bracelets, qu’ils lient fous leurs aíssdes, desécharpes, & des ceintures de plumes, tissues avec beaucoupd’industrie , qu’ils laissent floter fur leurs épaules, ou pen-dre depuis le nombril jufqu’au milieu de leurs cuisses. Leíplus considérables de leurs ornemens font de grandes mé-daillés de fin cuivre fort poli, & fans aucune gravûre. Estesont la figure d’un croiíïànt, & font enchâssées dans quelquabois précieux. Ils les appellent Caucolis en leur langue. Ellesfont de différante grandeur, & il y en a de fi petites, qu’iláles attachent à leurs oreilles en maniera de pendans, & d’au-tres larges environ de la paume de la main , qu’ils portentpendus au col, d’où estes battent fur lâ poitrine. Us estimentfort ces Caracolií, tant parce que leur matière, qui ne con-;traite aucune foiiillûre , est brillante comme l’or , qu’àcause que c’est le butin le plus prisé qu’ils remportent deâcourses qu’ils font tous lés ans datìs les terres des Arouaguesleurs ennemis. Cette forte de collier est ce qui distingue leSCapitaines & leurs enfans d’avec les gens du commun. Lesfemmes sc peignent tout le corps,& s’ajustertt presque com-me les hommes, avec cela de particulier j qu’elles portentune demi chausse ou brodequin de fil de coton , qu’ellesrougissent, & unè autre large de quatre doigts entre le grasde la jambe & le genoiiil. Au haut de la chaussure d’en bas,’elles attachent une efpece de rotonde, plus large qu’une as-siette , & tíssuë de jonc & de coton, & une autre un peu pluspetite au bas de la chaussûre d’en hauten forte que cesdeux rotondes, ferrant si bien la jambe, qu’elle neíçauroitgrossir, & en rendent le molet rebondi & rond comme uneboule. Les femmes & les filles estiment d’autant plus cettechaussûre ; que les Esclaves n’en portent jamais, elle est unemarque de leur liberté. Elle leur est cependant extrême-ment incommode pour marcher,& même tres-dòuloureusc:car fi-tôt que l’eau donne dessus, elles sc resserrent si sort ,•qu’elles en souffrent beaucoup.

Quant aux habitations des Caraibes,chaque famille com-pose Ion hameau * chaque Pere de famille ayant sa case où

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