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Tome I. [A - D.]
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CAS

ì.

a Paix ayant été conclue à Cambray íe 3. d’Août de Tannéep ''santé entre la France & l’Efpagne , portant que les.deuxtravailleraient Conjointement à faire assembler un Con-J e » pour réunir tous les Peuples íbûs une même Religion,ssLT Ue Philippe épouserait Elizabeth de France , fille aînée-^enri II. ces noces furent célébrées avec beaucoup deJjagnifìcence ; mais lajoye en fut troublée par le funeste ac-• í~ er >t d’un éclat de lan ce qui fauta dans 1 œil d’Henri, enItant contre le Comte de Montgommeri. Ce Prince en,°Urut peu de jours aprés. Philippe craignant que la Reli-p*on de Calvin ne sc glissât dans les Pays-Bas,obtint du Papesection de plusieurs Archevêchez & Evêchez, afin que lesv „ l< ? 1 Ce fes étant de moindre étendue , les Evêques pussent'/er avec plus de foin à leur Troupeau. Les Flamands fe^'Roirent de ces érections qu’ils regardoient comme autantç'^fractions à leurs privilèges. Le Prince d’Orange & le^ 0l îite d’Egmont, que le Roy vouloit faire Colonels dep Regimens Espagnols qu J il prétendoit laisser dans le•j?y s > refusèrent ces emplois , & à leur priere.il fit passer ces^ r °upes enltalie. Lorfqu’il partit, il laissa le Gouvernementj^ s dix-scpt Provinces à Marguerite d’Autriche fa sœur,q 4 c hesse de Parme, qu’il fit venir exprès’d’Italie. L’heresies y étoit introduite, commença d’y prendre de profon-; es racines par le second mariage du Prince d’Orange avecg nne A de Saxe, fille du Duc Maurice, qui étant Luthérienne,lo Rl ec h er publiquement les Maximes de fa Religion dansjj." plais. La Gouvernante & Granvelle Evêque d’Arras,r ° u hlierent rien pour en prévenir les suites ; mais tous les"icdes qu’ils y apportèrent ayant aigri les esprits, ne firentP e ' es disposer à la révolté. Le Roy n’ayant rien voulu ac-lo' er > aux Mécontens, manda à la Gouvernante qu’il vou-f u M’aucune autre Religion que la Catholique ne fût fouf-^ , te dans les Pays-Bas, qu’on reformât le Clergé en certainsp ! nts , & qu’on observât le Concile de Trente. Alors leSelf 106 ^ Orange & ceux de se Faction étant sortis de Bru-jj iles publièrent un Manifeste pour faire connoître qu'ils; Uvoient prendre les armes, lorfqu’iìs’agissoitde la défensetri r U - r Cherté, que Tlnquiíition que Ton vouloit établir dé-q '*°it entierement. LesMécontensqui prirent le nom des Q eiíx j parce qu’ils étoient habillez de gris, comme les per-4 a^li CS ^ he du peuple, portoient devant eux une Me-p 1 le, qui d’un côté avoit l’Image du Roy émpreinte , & deptre deux mains jointes soutenant une besace, avec ces pa-lQ . es Françoifes, F idelles au Roy &a la besace. D’autres met-e nt feulement à leur ceinture une écuelle de bois où cesE ots étoient gravez Vivent les Gueux , & portoient fur leursles 11 es des queues de renard, 011 d’autres Choses pour imiter^.^endians. Les erreurs de Calvin & de Luther qui s’é-hr C jí ' épanduës dans Anvers, ayant infecté un grand nom-q d outres villes, il s’y commit de fort grands désordres. Laottvernante mit tous fes foins à les réprimer, & ayant fçû5 V e ' e Roy son frere envoyòit !e Duc d’Albe aux Pays-BasUne armée pour pacifier les troubles, elle fit ce qu’elleVe c .P?Ur le détourner de ce dessein, dans la crainte que la fe-^rité d e ce £> uc nc } es augmentât. Le Prince Dom Carlostç^hrigué cet employ,& étoit fort fouhaitté par lesMécon-lei S c l u ' ! Favoient fait asseurer qu’ils le reconnoîtroient pour'Souverainauffi-tôt qu’ils le. verraient;,mais 1e Roy,soittori p 0e moulût pas bazarder THeritier de la Couronne dansUo 1 rem ph de séditieux, soit qu’il fe défiât de Tambi-^ n du Prince, lui refusa ce qu’il demandoit. Le Duc d’Al-Arriva áux Pays-Bas avec des provisions de Capitainejij^eral , & voulant s’asseurer des principaux Chefs & desPU CCS ’ en y faisant bâtir des CitídelleS, afin d’être ensuiteiQ S cn état de châtier lescoupabses, il manda à Bruxelles lejç^te d’Egmònt & le Comte d’Horn , feignant de vouloirqu ^"/hlter fur lè dessein qu’il.avoit de faire fortifier quel-q e ÊS villes fur les frontières de France , & ses fit arrêter parj a j S Officiers Espagnols. Cependant Philippe, naturellement^ s’imagina que son fils, à qui Elisabeth avoit été desti-y Q e a ^ant que son pere eût vû son portrait qui Toblige.a à lac esT °' r P our lui-même, regardoit tendrement cette Prin-j ç 3 & qu’elle répondoità fes scntimens. Le Duc d’Albe &qu de Granvelle fomentèrent certe jalousie, à cause

e^orn Carlos les traitbit fort froidement, persuadé qu’ilslUe choient le Roy son pere de lui confier le Gouverne-£) 0 nt de ses Provinces ou le Commandement de sesTroupes.

Carlos instruit par les Députez des Mécontens desai >cu as> í ï ue Philippe ne lui donneroit jamais d’autorité enle j-g 116 c hose, prêta l’oreille à l’ouverture qu’ils lui firent dec ° n noître pour leur Souverain. Ils lui proposèrent sonìrne /.

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mariage avec Elisabeth Reine d’Angletérre, '& une allianceavec les Protestans d’Alemagne & les Huguenots de France.Poùr faire réussir cette entreprise, il falloir qu’on fût maîtrede la mer. Cela porta D.Carîos à solliciter D.Juan d’Autri-che son oncle, Amiral des Mers, à entrer dans son parti, enlúi offrant pour son partage le Royaume de Naples & leDuché de Milan. Dom Juan quoy qu’auísi ambitieux que lePrince , fut quelque temps sens sc déclarer, & tandis qu’ilbalançoit, le Roy qu’on avertit du complot., prit là résolu-tion de perdre son fils. La difficulté étoit de l’arrêter senséclat, de peur que les Peuples qui Taimoient ne prissent lesarmes en fa faveur. Comme le Prince étoit toûjoufs dans làdéfiance;, il s’enfermoit dans se chambre , & il étoit impossi-ble d’en ouvrir la porte , à moins que de Tenfoncer, si ohn’avoit le secret du ressort qui Tarrêtoit par dedans. On nesurmonta ces difficultez qu’en gagnant TOuvrier quiTavoitfait. Par ce moyen on surprit Dom Carlos tout endormi,& ses pistolets qu’il avoit toujours au chevet dé son lit, &qui tiraient plusieurs coups, ne lui servirent de rien. Le Royétant entré dans se chambre, suivi de ses principaux MiniFtres, lui dit qu’il devoit sc préparer à la mort, savant méri-tée par le dessein qu’il avoit formé de porter ses Sujets à làrevolte.LePrince ne voulut faire aucune démarche pour fié-chirfon pere,sc témoigna craindre peu âes effets de se menace.Lorsque le Roy fut sorti, on cloua ses fenêtres, on tendit sechambre de noir,on lui ôta tous fes Officiers, & on ne laissaauprès de lui que six Grands d’Eípagnejqui fe relevant tourà tour, 1e gardoient à vûë.Trois jours aprés on l’étouffa avecdes parfums,sc la Reine étant morte presque en même temps,on soupçonna qu’elle avoit été empoisonnée. L’EmpereurFerdinand qui avoit promis la Princesse Anne se fille à DomCarlos, écrivit âu Roy Philippe pour lui reprocher fa dure-té , & tout ce qu’il répondit fut qu’il fáifoít tirer son sangquand il le croyoitgâté. Les troubles augmehterent de jouren jour dans les Pays-Bas. Le Duc d’Albe indigné de quel-ques pertes qu’il fit, résolut de s’en venger en faisant mou-rir les Comtes d’Egmont & de Horn , qui eurent la têtetranchée dans la grande Place de Bruxelles. Son trop de ri-gueur achevant d’aigrir les Peuples, le Roy envoya à se pla-ce Dom Louis de Requeferis, Grand Commandeur de Cas-tille, qui remporta une grande victoire fur les Mécontensauprès de Mons. Les Comtes Louis & Henri de Nafîàu yfurent tuez, avec Christophle, frere de Jean Casimir,ComtePalatin. L’an 1576. quelques Regimens Espagnols s’étantmutinez pour le manque de payement, s’emparerent d’Alostoù ils sc fortifièrent aprés y avoir exercé ses dernieres cruau-tezi Les Flamands indignez d’ùne telle violence, résolurentde chasser de leur Pays toutes les Troupes Etrangères, cequi leur parut facile à executer, à cause que Requescns ve-noit de mourir, & que le Roy n’àvoit pas encore eu lètemps de pourvoir au Gouvernement de ces Provinces. LeDuc d’Alençon, frere d’Henri III. Roy de France , ayantété informé de la disposition où se tréuvoient les Flamands,passe âux Pays-Bas , dans Tefperance de s’en faire Souverain,& eut recours à Elisabeth Reine d’Angleterre pour en êtresecouru. Dom Juan d’Autriche, frere de Philippe, ne pou-vant efperer de Couronne par la succession , voúlut en ac-quérir une par fa valeur & par son mérité personnel. Céqu’oîi publia de ses belles actions avoit disposé Elisabeth àrecevoir favorablement la proposition qu’on lui fit de l’é-pouscr ; mais Philippe traverse toiit ce qui pouvoit éleverce frere. Le Pape lui âvoit offert l’investiture du Royaumede T unis, & Philippe aima mieux eh perdre la capitale & laGoulete qui lui avoient coûté tant de seng â conquérir quede souffrir qu’il passât THiver en Afrique. II lui croyoisune ambition capable de lui faire tout oser, & la défiancequ’elle lui causoit fiit augmentée par Tévenerrient bizarred’un lion apprivoisé que Dom Juan avoit amené d’Afrique,& avec lequel il entra un jour dans la chambre de PhilippesLe liôn étant sauté fur les épaules du Roy, lui cáusa tant defrayeur, que voulant éloigner son frere à quelque prix quéçe fût, il l’ehvoyâ aux Pays-Bas, dans le dessein néanmoinsde l’y laisser peu de temps. L’entreprisc d’Afrique qui avoitété remise à Tannée 1578. futexecutée. Le Roy d’Espagneprit le prétexte de la guerre des Pays-Bas, pour refuser âSebastien , Roy de Portugal , le secours qû’il s étoit engagéde lui fournir. .Sebastien ne láissa pas de s’embarquer. 11 Otdébarquer fes Troupes àArzile, &I’époùvante qu on pritde son arrivée dans le Pays, fut cause qu il trouva les Placesmaritimes, comme Larache , Tetouah, & quelques autresabandonnées par leurs habitans. Le combat s étant donnér B b b b ij