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de bois,exèepté dans la Province d’Ouvah, & dans les Bail-liages d’Oudipollat & de Dolupbang,qui en manquent ^or-dinaire. Elle est bien peuplée vers le milieu, mais les partiesSeptentrionales ne font pas faines, à cause de la températurede Pair. Les Vallées que renferment les montagnes font<fordinaire marécageuses, & remplies la plûpart de fort bel-les sources. Cette espece de vallées est estimée le meilleurterroir , parce que leurs grains demandent beaucoup cf hu-midité. Quand les vents d’Oiiest soufflent, les parties Occi-dentales ont de la pluye, & c’est-là le temps de remuer laterre & de labourer. Cependant la partie de la même iste,qui est exposée à f Est, jouit d’un temps beau & sec, & c’estalors que Ton y fait la moisson. Au contraire quand le vent<f Orient régné, on laboure les parties Orientales de l’Ifle,Sc l'on recueille les grains dans la partie exposée à TOccident.Ainsi la moisson & le labourage occupent toute fan née dans'-rifle de Ceilan , quoyque durant des faisons opposées.
II fe trouve de deux fortes de Chingulais. Les uns tout à-fait Sauvages, appeliez Bedas ou Waddahs , & qui ne demeu-rent auprès d’aucuns autres habitans. Ceux qui font les plus•civilisez font fort bien faits & de bonne mine. Ils portent unlinge autour des reins & ùn pourpoint avec des manchesqu’ils boutonnent au poignet, & qui fe plissent fur f épaulecomme une chemise. Leur tête est couverte d’un bonnet deT unis, ou d’un autre bonnet avec des oreilles à la mode duÌPays. Ils ont au côté une maniéré de coutelas- & un couteaudans leur sein du côté droit. Les femmes portent ordinaire-ment une camisole de toile de coton blanche qui leur cou-vre tout le corps,& qui est parsemée de fleurs bleues & rou-ges. Cette camisole est plus o'u moins longue, selon la quali-té des personnes. Elles ont un morceau d’étoffe de fòye furla tête, des joyaux aux oreilles, & d’autreS parures autour deleur cou, de leurs bras & de leur ceinture. Toutes fieresìqu’elles font de leur bonne mine, elles mettent les mains àtout dans leur ménage , quoy qu’elles ayent des servantes &des esclaves pour faire dans la maison tout ce qui est necef.faire. Elles fe font percer les oreilles dés leurs premieres an-nées , & pour rendre le trou plus grand elles y mettent unefeuille de betel roulée, ce qui l’élargit de telle forte, qu’ilsemble qu’elles ayent un cercle de chaque côté du vifageìLe reste de leur parure leur sied assez bien. Elles mettent dei’huile de Coco à leurs cheveux pour faire qu’ils soient lui-fans, & elles les laiílent pendre pár derrière. Ces cheveux nepassent guefe leur ceinture; mais ctímme c’est un ornement
Î iour elles que d’en avoir quantité, elles en ont de faux qu’el-eS lient avec les leurS, &. qui leur tombent jufqú’à la moitiédtí dos. Elles laissent leurs mains nues, & ne portent pointdegands.
Les mariages des Chingulais fe font d’une mániere assezextraordinaire. Lorfqu’une jeune fille veut fe marier, elleconvient des conditions, & en fait part à fes parens. Si celales accommode, ils préparent un grand repas qui fait la prin-cipale cérémonie du mariage. L’homme porte òu envoyé àla fille fes habits de nôces, qui consistent en une piece detoile & en une Camisole brodée de bleu & de rouge. S’il estfi pauvre qu’il ne puisse acheter la piece de toile, il en em-prunte une, & s’il la porte luy- même , il couche avec la fillecette nuit-lâ.Ensiiite ils marquent un jour pour la venir pren-dre & pour la mener chez luy,Le c’est-là le jour du mariage.Lorsque ce jour est venu, le Fiancé accompagné de fes amisva chez fa Fiancée, ce qui ne fe fait jamais que le soir. II por-te des provisions & des confitures feloh son pouvoir. Jamaisils ne font plus de deux repas. Le souper est Je premier, &alors les nouveaux mariez mangent dans un même plat, cequi signifie qu’ils Tont de pareille qualité. Ils fe lient quel-quefois leS pouces ensemble, & ensuite ils fe vont coucher,;Le lendemain aprés le dîner le marié conduit fa femme chezluy. II y a parmi eux une autre cérémonie de mariage.L’homme tient un bout du linge de la femme, & le met au-tour de fes reins. La femme tient l’autre, & alors on leurverse de l’eau fur la tête qui leur mouille tout le corps, cequi étant fait, ils font mariez , & demeurent ensemble auffilong-temps qu’ils s’accordent. La premiere nuit des nôcesest pour le mari, la seconde pour le frere du mari, & s’il y aun troisième óu un quatrième frere jufqu’au septième, chá-cuna fa nuit ; mais le septième & ceux qui font aprés, s’il yen a plus de six, ne jouissent point du même droit. Les pre-miers jours passez, le mari n’a pas plus de privilège que fesfreres. Quand la femme est feule, il peut la prendre ; mais fil’un des freres est avec elle, il ne peut entrer. Ainsi il suffitd’une feule femme pour une famille entier e. Les freres,
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entre qui tout est commun , apportent à la maiídn cegagnent. Les en fans ne font pas moins aux freres qu aury, auffi les appellent-ils tous leurs peres. Comme le n>ary &la femme ont la liberté de fe quitter & de fe marier ensejà qui il leur plaît, les Chingulais ne font pas Fort diífrci efuries conditions du mariage. Us prennent feulementgarque les Mariez soient de même rang. 'L’homme neanmow^peut prendre une femme d’une condition un peu inseneuà la sienne, ce qui n'est jamais permis à la femme. Us s atchent tellement à la qualité, que pour tous les biens du mo nde une personne noble ne prendroit pas un verre d’eau cpun homme qui feroit d’un rang au dessous du sien. L’entetcment du rang va plus loin. Un homme du commun n a p ^la permission de frapper à la porte d’un autre qui est d u ,- gcondition superieure à la sienne. S’il a besoin d’une yJ0qui soit dans la maison de ce Noble, il faut qu’il appellela ruë, & on luy envoye ce qu’il demande. Les femmesfont pas fort scrupuleuses fur l’amour,& les maris ne fetent pas en peine de découvrir les infidelitez qu’elles 1 efont; mais si quelqu’une avoit commerce avec un hofflqui feroit d’un moindre rang ; on la puniroit'de mort- ■>pere, ses freres & tous fes parens fe déclarent fes parties, .croyent qu’ils ne peuveht autrement réparer l’affront qu efait à fa famille. • \ &
Leurs maisons font petites, basses, couvertes de pap e >bâties avec des perches fur lesquelles ils étendent de 1On ne leur permet point de construire plus d’un otagehaut, de les couvrir de tuiles, ni d’en blanchir les muraiavec de la chaux ; mais ils ont une forte d’argile qui est aU .blanche, & s’en fervent quelquefois. Chacun bâtit fa .son fans employer un seul clou. Tout ce qui devroit ccloué, est lié avec des liens qui croissent en abondance daleurs forêts. Comme le Pays est chaud, la plûpart ne se 10cient pas de plâtrer leurs murailles , fe contentánî de ^ .ches & de feuilles d’arbres. U n’y a point de cheminées d ^ces maisons qui n’ont qú’une chambre pour la plupart-font le feu dans le coin, ce qui fait que la fumée noircit tole plancher. Les grands Seigneurs ont d’ordinaire deux d ^mens opposez l’un à l’autre, & joints par une muraille, -fait une tourquarrée au milieu. Ils ont autour de leurs ^sons contre la muraille des bancs pour s’asseoir, & ils leshtent de fiente de vache par defluspour les rendre unis, >conserver contre la pluye. Leurs serviteurs & leurs elestdemeurent autour ii’eux avec leurs femmes & leurs em .dans des maisons particulières. Quelques pots de terre <1.^pendent à des cannes âu milieu de la maison, parce cMn’ont point de planches, Un ou deux bassins de cuivre d a ^lesquels ils mangent, & un siège ou deux fans dos , sontleur emmeublement. II n’y a que le Roy seul qui puisse sseoir fur une chaise à dos. Us ont quelques paniers po uríl ? j$tre du grain, quelques pilons d’ébene longs de quatrepoùr battre le ris, un mortier de bois pour l’y piler ju q 0 ace qu’il blanchisse, une rapoire pour râper leurs noix d e ^co j une pierre plate dont ils écrasent leur poivre , se ed .des haches, des hallebardes, des pèles, des bêches & a E ^outils de cette nature. I!s mangent à terre & font un * ^bon repas avec quelques feuilles vertes, un jus de citron»poivre & du sel. La viande & le poisson font assez raresmi eux, & ils aiment mieux vendre le peu qu’ils en ont Hde le manger. Le bœuf est pour eux une viande aboi* 1 '^ble. Les personnes distinguées ont d’ordinaire de cinq o" ^sortes de mets, dont la viande & le poisson ne fourn" ^qu’un plat ou deux. Les autres font de ce queterre. Leur principale nourriture est de ris. Ils le lnet^dans des plats de porcelaine ou de cuivre. Ceux qui n f n ^point fe fervent de feuilles. Les autres sortes de Vise ^qu’ils mangent avec leur ris sont gardées dans le pot 0 ^l’apprêtent, & leurs femmes les donnent quand ils les à eíP Kdent. Elles sont obligées de les servir pendant leurs r c P®. ’ 0 smangent leurs restes. L’eau est leur boisson ordinaire-touchent point le pot de leur bouche quand ils veulentre ; mais ils y versent la boisson en tenant le vase à q UÊ \idistance. C’est toujours avant leur dîner qu’ils boïï e c $Reck ,, asin qu’il opéré davantage. Le Rock est une e P j 3 ,d’eau-de-vie. Us parlent peu pendant leurs repas, & 1 r eíi tvent toujours les mâins & la bouche aprés. Us feeux-mêmes ì’eau d’une main pendant qu’ils fe lavent 1 j c s& ce feroit leur faire un affront que de leur en verser se ç 0 (tmains. S’il y a quelqu’un qui parle quand la femme we jjris au pot, elle le fait taire jusqu a ce qu’il y soit rnis; ^ne s’enfleroit pas, à ce qu’ils croyent, li on parloir p esl