Band 
Tome I. [A - D.]
Seite
581
JPEG-Download
 

C E I

temps-Jà. Leur maniéré de se saluer quand ils se rencon-ent > c’est de lever les mains en haut & de se courber le0r P s - Le plus considérable ne leve qu’une main pour ceuxjT 1 Ey font inférieurs, & s’ils font beaucoup au deíTous dey> il ne fait que remuer la têté. Les femmes fe saluent enouehant leur front de f une Le de l’autrc main. Quand une^ a " or ' n’a qu’une chambre , ce qui est fort ordinaire , lessommes couchent à un bout, & les femmes à f autre. Us ontesc halits , maisíàns chevet ni rideaux , & ne fe soucient,P as même d’en avoir plus d’un qui est pour le Maître de laa "on. II y a fur ce châlit un chevet de paille avec des nat-, s - C est fur des nattes que les femmes &les'enfans cou-P e î? t j mais à terre , & ayant toujours du feu à leurs pieds.a lemme prend un morceau de bois pour luy servir deev et, les enfans s’en passent. Us n’ont pour couverturese ^ es habits qu’ils portent le jour. Sîune maison n’a qu’u-e chambre, les enfans un peu âgez vont coucher chez leurs^ ’hns, & les parens ne font point fâchez que de jeunes°mrnes couchent avec leurs filles, pourvu qu’il n’y aitinégalité de condition. Ces filles font si éloignées defaj re une honte, qu’elles fe vantent à leurs compagnesj^avoir mis & tels qui les aident dans tous les ouvrages q u’el-c s °nt à faire, car alors elles ont droit de commander àqui ont commerce avec elles.

s U y a parmi le Peuple divers degrez ou rangs qu’ils ti-de leurs familles Sc de leur naissance,& non pas de leurs’chcsses ou des charges que le Roy leur donne. Les mar-J l ' es de qualité font de porter des pourpoints, ou daller lej s nud & découverti,d’avoir des camisoles plus ou moins^gues, au dessus ou au dessous des genoux ; de s'asseoir furv5 s lieges, fur un bloc,ou fur des nates étendues à terre. Les°bles, qu’ils nomment Hondrews , font distinguez des au-, ^ par leurs noms & par la maniéré dont ils portent leurs"bits ; fçavoir, les hommes jufqu’à my-jambe, & les fem-c cs jusqu’aux talons, Celles-cy font passer un bout de leursr Assoles fur leur épaule,& ce bout descend negligemmentbr leur gorge, au lieu que les autres femmes vont nues de-fbis la tête jufqu’à ia ceinture , & que leurs jupes ne passentj as leurs genoux,fi ce if est qu’il fasse grand froid. En ce cashommes & les femmes fe couvrent le dos, & s’excufentt j l ' r le grand froid,s’ils rencontrent des Hondrews. Ils fe difi‘bguent aussi par leurs bonnets, qui font faits comme desj ,tres , ayant deux oreilles au dessus de la tête. Les Noblesportent tout d’une couleur, blancs ou bleus. Ceux de0 °indre naissance, portent le bonnet d’une couleur, & lesjoules toujours rouges. Tous les Chrêtiens,bìáncs ou noirs,^^ estimez égaux aux Hondrews. 11 y a entre les Noblesjd 1 honneur que donne le Roy;mais qui s’éteint avec la per-ij.btie.C’estun morceau d’étoffe de foye,ou un ruban brodéjj° r °u d’argent, qu’il leur met autour de la tête, en leur°bnant le titre de Mufidianà.

^.Les Orfèvres, les Peintres, les Maréchaux ou Taillan-a * er , s , à les Charpentiers,font tous d’un même rang,& vont^P r es les Hondrëws, qui cependant ne veulent pas mangerj e ec eux,quoy qu’il n’y ait pas beaucoup de difference dans^.brs habits. Us peuvent aussi s’asseoir fur des sièges , ce que^°i.eroîent faire les gens de moindre condition. Tous lesj^pfans font estimez de basse naissance, Sc ne changent ja-fì]î IS profession. Le fils est du métier de son pere, & lalà e .fe marie à un homme de même naissance. Aprés ceux-v, ennent les Barbiers,qui peuvent,ainsi que leurs femmes,v.^er des camisolesjmais ils ne peuvent s’asseoir fur des sie-f e s » & personìte ne veut manger avec eux,non plus qu’avecj e Potiers. Ceux-cy ne peuvent porter de camisoles , &j e Urs habits ne passent pas le gcnoiiil ; mais parée qu’ils fontPois,iH<mr est permis, quand ils font chez unHondrewtznstu’llz ont E>jf, Je prendre son pot, Sc de verser l’eáu quitz. ^ e dans dans leur bouche,ce qtii est défendu à tous les1 tre s- LesTisserans sont au dessous dés Manœuvres. Outreq. F métier, qui est de faire de lá toile, ils fe mêlent d’Af-°§i e j & prédisent les bonnes faisons ; Sc les jours heu-£ c ou malheureux. Lors que quelqtie femme accouche,ilse a lv ent le jour, la minute,& fous quelle planète son enfantaiJ , ce q U J iis gardent avec foin toute leur vie. Ils battentTç hu. tambour, jouent du flageolet, & dansent dans lés^ «Jples de leurs Dieux, & à leurs Sacrifices. Us emportentqui > n ê ent tous ^ es livres que l’on offre a leurs Idoles, cefajp 11 a Ppartient qu’aux gens de la plus basse extraction. Lesdes à paniers qu’ils appellent Kiddeas , sont au dessous*•- - l flerans. Us font des vans pour vanner les grains, des

Pans

ers > des lits Si des chaises de canne. Les Ktnnemks , OU

C E I 5 8r

faiseurs de nattes, travaillent parfaitement bien. Ils ne peu-vent , ni eux ni leurs femmes, fe couvrir la tête. Les Chin-gulais ont des Esclaves,aufquels les Maîtres donnent desterres & du bétail pour les faire subsister. On ne leur ôtejamais ce qu’ils ont pû amasser par leur industrie, Sc on lesregarde comme des personnes en qui on se peut fier.

11 y à une autre sorte de gens, que les Rois ont rendus sivils & si abjects, qu’ils ne peuvent l’être davantage. Ce sontles gueux, qui sont obligez de donner à tous les autres lestitres qu’on ne donne qu’aux Rois & aux Princes,& de leurporterie même refpect.Ceux dont ils sont descendus étoientdes Dodd<i Vaddabs ou Chasseurs. C'étoit à eux à fournir lávenaison pour la table du Roy ; mais un jour au lieu de ve-naison, ils osèrent luy p refermer de la chair humaine; &comme il la trouva tres-bonne, il commanda qu’on luy estapportât de,la même forte. Le Barbier du Roy découvrit latromperie ; & ce Prince croyant que ce feroit un supplicetrop leger pour ceux qui en étoient les Auteurs, que de lesfaire mourir, fit publier un Decret par lequel il ordonnaque tous ceux de cette profession, tant grands que petits,nepourroient plus demeurer parmi les autres habitans, jouird’aucuns biens,ni exercer de profession quelle qu’elle fût ;mais qu’ils demanderoient saumoné de génération en géné-ration par tout le Royaume,qu’ils feroient regardez de toutle monde comme des personnes infâmes, & indignes d’êtreadmises dans la société civile. Us sont même encore au jour-d’huy tellement hais , qu’on ne leur permet pas même depuiser de l’eau dans les puits ; de sorte qu’ils font contraintsd’en prendre dans des trous, ou d’en aller chercher auá ri-vières. Ils vont mandier par bandes , hommes, femmes Scenfans, portant leurs pots, leurs chaudrons, leurs poules,&tout ce qu'ils ont dans des paniers au bout d'un bâton.Quandils viennent gueuser aux maisons,les femmes dansent & fontdes tours, pendant que les hommes battent du tambour. Ilsfont tourner un bassin de cuivre fur le bout du doigt d’unevitesse incroyable, & ont l’adresse de jetter jufqu’à neufballes en l’air, en les reprenant l’une aprés l’autre à mesurequ’elles tombent. Ils demandent avec tant d’importunité,endisant qu’il a été ordonné que leur subsistance vienne d’au-mônes, que comme il n’eíl pas permis de lever la main fúreux,on ne peut s’empêcher de leur donner. (Test ainsi qu’ilsvivent, fc bâtissant des cabanes sous des arbres,sor les grandschemins, & dans des lieux éloignez des villes; & parce quetout le monde doit coptribuer à leur entretien, ils viventmieux que les autres,étant exempts de travailler,St ne payantaucuns droits au Roy. Tout ce qu’on demande d’eux,c’estde faire des cordes de la peau des vaches mortes, pour pren-dre Sc lier les élephans. 11 arrive quelquefois que lors que leRoy fait mourir de grands Officiers, pour quelque crimequ’il veut punir fort feverement, il fait livrer leurs femmes8c leurs filles à cette canaille. Ce châtiment est trouvé sigrand, que si par un acte de clemence, il leur donne lcchoix de fe précipiter dans la rivière, ou d’étre livrées à cesGueux, elles aiment mieux périr en fe noyant, que de tom-ber entre leurs mains.

La Religion de ce Pays là est l’Idolâtrie- Ils adorent plu- .sieurs Dieux, & en reconnoissent un par dessus les autres,qu’ils appellent Ojfa Poilu Maaps Dio , c’est à-dire, Créateurdu Ciel & de la Terre. Ils tiennent que ce Dieu en envoysd’autres pour faire executer fes ordres ; Sc ce font, difent-ils, les âmes des gens de bien qui ont vécu autrefois. 11 y aaussi des Démons qui leur causent des maladies, & ce font,les âmes des Mécharis. Us ont un autre grand Dieu appelléBtiddóu, , auquel appartient de sauver les âmes. Us croyentqu’il est venu fur la terre, Sc qite lors qu’il y étoit, il avoitaccoutumé de s’asseoir sous un grand Arbre, qu’ils tiennentsaint depuis ce temps là, & sous lequel ils l’adorent avecbeaucoup de folemnité. Us nomment cet arbre B ogabjb ; leSoleil Irtì ; la Lune Hania , & regardent, ces deux Astrescomme des Divinitez. Les Pagodes ou Temples de leursDieux font en si grand nombre qu’il est impossible de lescompter. U y en a plusieurs d’un ouvrage exquis & achevé,bâtis de pierres de taille , fur lesquelles il y a des figures &des Imáges.Ces Temples font de diverses formes. Ceux quiont été bâtis il y a long-teriips, l’emportent de beaucoup fur; çeux.qu’on á construits depuis peu , qui ne font faits qu’a- 1vec des perches 8i de l’argile,& qui ri’otìt point de fenêtres.11 y en a qui ressemblent à un colombier. Ils font quartez,& n’ont d’ordinaire qu’un étage , & rarement deux. Leschambres hautes ont leurs Idoles, ainsi que celles d’en bas.Quelques-uns de ces Temples font couverts de tuiles, 8£

D d d d ii j