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^ fïioís de Novembre une autre Pète appeíîée Çaivta Tonh ,^ ils la commencent la nuit de la pleine Lune.Elle consiste à^^site des lampes autour desPagodes,aux portes defquelles,j*Uliî-bie n qu’à celles du Palais du Roy, ils plantent les plusj? auts mays qu’ils ont pû trouver dans les forêts, & fur ces,, ays ils mettent avec beaucoup d’art des lampes Tune furautre par rangées jufqu’au sommet. Tout le Pays contri-z fournir de l’huile pour entretenir ces lampes, & cetteet e ne dure qu une feule nuit. Quant au Dieu des Âmes,’Ppellé Buddou , pour le reprefenter à leurs yeux , ils font dePetites images d’argent, de cuivre, d’argille & de pierre,MU ils adorent,& aufquelles ils offrent des sacrifices avec desparques de la plus profonde vénération. Ils élèvent ces ima-§ es en la plupart des lieux où il y a des rochers Sc des caver-es j & les plus dévots les vont adorer, leur portant des vi~, re £à la nouvelle & à la pleine Lune. La plus grande Fêtej u Dieu Buddou est au mois de Mars, lors qu’ils renouvellentannée. II y a deux endroits où il est principalement adorér Ur Une montagne 8c fur un arbre. Ils vont à f un ou àantre en ce temps-là, avec leurs femmes & leurs enfans.a montagne est du côté du Midy , & est appellée par ceuxpí Pays Hamma-lellt ; & par les Chrétiens la pointe d’Adam,
, e ft la plus haute de lìste. L’arbre est du côté du Nord, à. uuavodyburro, Ils disent qu’il s’est transporté en cet en-r ?U-là de l’autre côté, & qu’il s’y est planté comme on le^ 0lt aujourd’huy. C’est présentement un lieu de grandepotion, parce qu’ils prétendent que quand le Buddou étoit* a terre, il avoit coutume de s’asseoir dessous. Aussi leiennent-ils pourfacré.C’est-îà qu’iíss’assemblentpour prierj raire des sacrifices. Ils bâtissent des tentes tout à f entour,s unes ne font faites que de feuilles ; mais il y en a qui font- le ux construites, avec du bois, dé l’argille & de la chaux,? Mssi durent des années. Ces bâtimens font partagez en pe-v - s appartemehs pour chaque famille particulière. Toute laùie s e joint, & chacun fe bâtit qpe maison ; de forte que. ^ le bâtiment est rond comme un cercle. II n’y a qu’une
^ Ve rture pour aller à l’Ârbre Saint, 8c on élevé une especePortail sur cette ouverture. Les femmes fe trouvent à cesr . ef noniesavec leurs plus beaux habits, & fe divertissent àj, r les Danseurs & les Bâteleurs faire leurs tours. Elles neq, í ° I ? t Ûwais que la nuit, & en durent trois ou quatre, jusM es à k pleine Lune, qyssefl: le temps où elles finissent.
~ Ees Chingulais croyenfune résurrection des corps, Tim-p^^alité de famé, 8c un état aprés cette vie. Ils font per-a _dez que leurs Dieux font les esprits de certains hommesun 1 °. nt autrefois vécu fur la terre, & tiennent que ceux quiçj. t été honnêtes gens en ce monde, quoy que pauvres &basse naissance, seront élevez en f autre vie, 8c que les^ ec hans y seront changez en bêtes, 11 y â en ce Pays-làunes ignée qui fait un ceuf de la largeur cf une piece de quatret S * Elle le porte fous son ventre, quiest plus gros que sonv . r P S . Cet oeuf est plein de petites araignées,qui mangent laq à mesure qtfelles croissent. Les Chingulais disentj. e les enfans défobéïssans deviendront des araignées en] Utrc monde , & seront mangez par leurs petits. Quant àemplois,le labourage est le principal, & les plus grandsappliquent, parce qu’il n’y a point parmi eux de honteíbn ^ Cns ^ es pl us distinguez de travailler,soit dans leurs mái-p ns » soit fur leurs terres, pourvu que ce ne soit ni pour dejÂgpnt ni pour autruy. Un Gentilhomme peut faire tout ;
il ne ^oit rien porter, & il faut qû’il loue un hommej^rcela, le métier de Porteur étant tenu pour le plus ab-s e Jj de tous. 11 rfy a point de Marchez dans toute TIsle;maisÙ Epn^nt quelques boutiques dans les villes. On y vend dedes°r e ■ du riz, du sel, du tabac, de la chair, des drogues,< 1 ^ b'uits , des épées , de f acier , du cuivre , 8c autres choseshir"^ 6 nature * Us ssont ni Médecins de profession, ni Chi-s c j § lens ; mais ils ont tous quelque connoissance de ces deuxt} 3n n, r es , 8c font leurs médecines des feuilles qui croissente e j^ s * es bois, & de f écorce des arbres. Ils fe purgent avecff,j r fe provoquent le vomissement. Ils font des cures âd-
s pour les playes & pour les yeux. La mort les ef-& ils invoquent le Diable dans leurs maladies. On
Q n.i V iv j-riau.iv uanj iyuij UidláUiL.J» V-/11
3t>Urs r ° c ^ e point de la maison d’un Mort pendant plusieurslent ì* d e crainte d’être fouillé. Les gens de condition brû-de Sv eur s Morts, afin d’empêcher qu’ils ne soient mangezM'fik p S 5 ma ’ s ceux du commun les enterrent dans un creux8c le t T 0tît dans les bois.Ils enveloppent le corps d’une natte,sitettre ent ^ ur un a ' s ’ a Fcn droit qu’ils ont choisi pour leHjóft r etl terre. Quelques jours aprés qu’un homme est* lcs amis envoyent quérir un Prêtre,qui passe toute la
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huit à prier & à chanter pour le íàlut de son ame, & à qui,outre un grand repas, ils font des prefens, ensuite de quoyils le reconduisent chez luy au son d u tambour & des haut-bois. Leur maniéré de porter le deuil, est que toutes lesfemmes qui font prefentes délient leurs cheveux, & leslaissent pendre fur leurs épaules. Ensuite elles mettent leursmaíás derriere leur tête, & crient le plus haut q tf elles peu-vent, en faiíant valoir les vertus duMort,& déplorant leurmalheur d'être obligées de vivre lans luy. Elles continuentces tristes chants durant deux ou trois matins, & autant desoirs, pendant que les hommes fe contentent de soupirer.Voicy la cérémonie qtfils observent pour brûler les gens dequalité. On les porte dehors lors qtfils font morts , & l’oncouvre une cfertaine partie de leur corps. On le lave ensuiteen versant deílus cinq ou six seaux d’eau. Cela fait, oncouvre le corps d’un drap, lors qu’on le brûle d’abord,sinonils coupent un arbre qu’ils creusent & mettent le corps de-dans , aprés en avoir tiré tous les boyaux & savoir embau-mé , en le remplissant par tout de poivre. Ils le laissent decette forte dans leur maison, jufqu’à ce que le Roy ait com-mandé qu’on l’emporte & qu’on le brûle. S’il est long-tempsfans en donner Tordre, ils font un trou da n S le plancher &y mettent l’arbre creux avec le corps & le couvrent. Si dansla fuite le Roy ordonne qu’on brûle le corps, ils le retirentdu trou, finoh ils l’y laissent. Quand il n’est point mis dansun tronc d’arbre creusé, on le met sur un châlit, & c’estparmi eux un sort grand honneur. Ce châlit, avec le corpsdessus, où bien cet arbre creusé, est attaché ensuite à quatrepiliers, que des hommes portent fur leurs épaules au lieu oùil doit être brûlé, qui est quelque endroit éminent-dans leScampagnes, ou fur les grands chemins. Us le posent Jà furune pile de bois haute de trois ou quatre pieds,. & mettentencore d’autres bois par dessus le corps. Au dessus du bû-cher est une espece de dais, si c’est une personne du premierrang, avec des pendans de toile peinte ,& des branches denoyer de coco tout à l’entour,& ils y mettent le feu. Quandtout est réduit en cendres, ils les balient & en font un mon-ceau , semblable à un pain de sucre, puis ils entourent ce lieulà de bonnes bayes, afin que les bêtes sauvages n’y puissententrer, & ils y sentent des herbes. Ceux qui meurent de lapetite verole, de quelque condition qu’ils íbient, font brû-lez fur des épines fans aucune cérémonie.
Les Chingulais ayant teûjours conservé leurs Loix ancien-nes , fous quelque domination qu’ils ayent été , on leur áaussi laissé presque toute leur maniéré de gouvernement;avec cette difference, que quand ils obéïssoient aux Por-tugais, il falloit que leur Bandigaralla , ou Chef de Justice*fût Portugais. II nommoit tous les ans quatre Mareïilms ouCommissaires qui étoient confirmez parle General,8c qu’orienvoyoit dans les terres des quatre Dijfam ou Gouverneursde Province, un dans chaque Gouvernement où ils avoienttoute autorité pour terminer les procez 8c différons selon lesloix du Pays. Chaque Mareillero avoit deux Avocats qui fai-soient une étude particulière de ces loix, un Huissier 8c unGreffier. Lorsqu xls dévoient aller tenir les Assises dans uneProvince, ils en donnoient avis aux habitans. On alloit audevant d’eux le jour marqué, & on les recevoit avec tous leshonneurs possibles. Les Assises étant ouvertes, tous ceux desvillages voisins qui avoient des affaires se prefentoient avecleurs requêtes. On jugeoit d’abord ce qui regardoit les suc-cessions Scies testamens. Si on aecufoit quelqu’un.d’avoirdétourné quelque chose d’une succession, & qu’il en fûtconvaincu, on l’obligeoit à rapporter ce qu’il avoit pris, ouà payer trois fois autant que pouvoit valoir la chose, ce quialloit au profit du Roy. S’il s’agit de quelques provisionsprêtées par un créancier , il fait appeller son débiteur, quel’on condamne à payer si la dette passe pour constante. S’ily á du doute , les parties font renvoyées, 8c on leur donnéun temps pour fournir leurs preuves. Ceux qui font accu-sez de vol, comparoissent dans le même-temps. 5’ils confes-sent , on leur fait payer tout ce que la chose volée peut va-loir , à l’estimation de l’accufateur , Sc il faut qu’il paye deplus trois fois autant au Trésor du Roy. Si le voleur nie, onl’oblige à jurer, 8c voicy comment cela fe pratique. S’il ádes enfans on les fait venir, & s’il n’en á pas, on appelle sesplus proches parens. Lorfqu’ils font devant les Juges , ievo-leur met des pierres fur la tête de ses enfans , Sc prie Dietíque s’il a fait le vol dont on l’accufe , ses enfans ne viventqu’autant de jours qu’ils ont de pierres fur la tête. Ce ser-ment fait, les parties sont mises hors de Cour, Sc chacunpaye la moitié des frais. On prétend dans le Pays qUc íì on â