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juré faux, les ensans meurent dans le'terfips p'récìs, Sc é’estpar Jà que son juge de la vérité ou de la fausseté du ferment.Les meurtriers paraissent aussi pour fe purger des assassinatsdont on les accuse , & pour lesquels ils fe font quelquefoisabsentez, car s’ils -étoient pris dans les soixante jours aprés lecrime commis, le Dissava les seroit mourir fans aucune for-me de procez. Ce terme passé il ne peut plus les punir. Ainsiils fe prefentent aux Assises fans rien craindre, & s’ils con-fessent le meurtre , ils en sont quittes pour six vingt réauxqu’ils payent,au Roy, & on les renvoyé absous.
Entre les fruits dont l’Iíle de Ceilan abonde, il y a lefacks qui est aussi gros qu’un pain de dix-huit livres, & quicroît fur un grand arbre. II a la couleur verdâtre,St est touthérissé de pointes. Sa graine est toute éparfe*dans ce fruitcomme les pépins d’une citrouille. On tf attend pas qu’ilsoit meur pour le cueillir, il suffit que la graine le soit assez,ce que son sent par un petit trou qu’on fait à ce fruit. Aprescela ils le coupent, par morceaux qu’ils font bouillir, &qu’iîs mangent afin a épargner leur ris. Ce fruit est d’ungrand secours pour le Peuple qui en fait une partie de lanourriture. Le fòmbo est un des plus beaux fruits que sonpuisse voir d’un blanc mêlé de rouge, comme s’il avoit étépeint. II est plein de jus, fort agréable au palais, 8c a le goûtd’une pomme. II y a plusieurs dutres sortes de fruits sauva-ges que son trouve dans les bois, des Mitvros qui sont ronds& doux, & de la grosseur dune cerise , des Dongs qui ressem-blent à une cerise noire, des Ambellos qui sont comme desgroseilles, & des Paragiddes, forte de poire. Ils ont aussi danscette Iste des noix de coco, des plantins, des bananes, de tres-honnes oranges douces Sc aigres, de petits limons ,& desPautarings, qui ont tout à fait le goût de citron , & qui fontplus gros que les deux. poings. On y voit trois autres arbresassez extraordinaires. Lun est le Talhpot, ar.bre fort droit,& aussi haut qu’un mât de vaisseau. Ses feuilles sontd’unetelle grandeur, qu’une seule peut couvrir quinze ou vingthommes & les garantir de la pluye. Quand on a séché cesfeuilles, elles sont fortes, mais maniables. Ceux du Payss’en couvrent en voyageant, & mettent le bout pointu par' devant, ce qui leur sert pour s’ouvrir le passage à travers lesbuissons. Tous les soldats en portent avec eux Sc en fontdes tentes. Quoyqúe cette feuille soit fort grande quandelle est ouverte , elle fe peut refermer comme un éventails,& alors elle n’est guere que de la grosseur du bras. Cet ar-bre, au sommet duquel croissent ces feuilles-, ne porte dufruit que f année qu’il meurt. Ce fruit est au haut dé l’arbrequi pousse de grandes branches, toutes chargées de fleursjaunes tres-belles ; mais dont l’odeur est trop forte. Cettefleur fe tourne aprés en un fruit rond & dur de la grosseurde nos plus belles cerises ; mais qui n’est bon que pour semer.Le second arbre s’appelle Ketule. II est droit & porte uneefpece de liqueur extrêmement douce, tres-agréable Sc tr es-saime ; mais fans aucune force. Ils la ramassent deux fois lejour, & trois fois des meilleurs arbres. Les communs en ren-dent douze pintes chaque jour. Ils font bouillir cette li-queur jusqu a ce qu’elle soit réduite à une certaine consis-tance. C’est alors une efpece de sucre noir qu’ils appellentfaggory, Sc qu’en y prenant un peu plus de peine, ils peuventrendre aussi blanc que nôtre sucre ordinaire » auquel il ne jcede point en bonté. Les boutons de cet arbre sont bons à ■manger , & ressemblent à nos noix & à nos amandes. Le troi-sième arbre est le Canelier, qu ils appellent corunda Gaúbah.II croît dans les bois, & ils n’en font pas plus de cas que desautres arbres. II y en a beaucoup en de certaines contrées, Ien d'autres fort peu, & en d’autres point du tout. Ì1 est d’u-ne hauteur raisonnable. La canelle que nous avons est sonécorce. Elle paroît blanche étant fur l’àrbre. On f enleve, |Aon la fait sécher au Soleil. Ils la prennent seulement sur 1les petits arbres, quoyque l’écorce des plus grands ait uneodeur aussi douce, & que le goût en soit aussi fort que desautres. Le bois de cet arbre ne sent point. II est blanc, &n’est pas plus dur que le sapin. Ses feuilles ressemblent à cel-les du laurier, tant pour la couleur que pour l’épaisseur.Quand elles commencent à pousser, elles font rouges commeJ’écarlate, Sc si on les frotte entre ses mains, on trouve qu’el-íes sentent plus le clou de girofle que la canelle. L’arbreporte un fruit qui est un peu plus petit que le gland, & quiluy ressemble, Ce fruit a moins d’odeur Sc de goût que l’é-corce. Etant bouilli il jette une huile qui nage fur l’eaii, &qui étant congelée est aussi blanche & aussi dure que dusoif.L’odeur en est agréable, & on la brûle dans les lampes ; mais■fen n’en fait des chandelles que pour le Roy. Les Rmans
croissent par tout en abondance dans cette Isle, Sc s’éksndensur la terre ou montent le long des arbres à la hauteurvingt brasses. Us font couverts d’une écorce qui les defej)des injures de l’air , tandis qú’iîs font tendres, & si heriffid’épines qu’on n’oferoit les toucher. A mesure que 1 arfficroît, l’écorce meurit & tombe ensuite. Cet arbrisseau potun fruit fait comme une grappe de raisin & de la même gtofeu r. La peau est semblable à celle d’une groseille,molle, jaunâtre Sc écaillée comme le corps d’un poisson, jfruit est de couleur blanchâtre,& a un noyau autour duqueil y a dequoy manger. Les habítans en font un bouffi 0aigret dont ils étanchent leur soif. Us ont quantité de fleurs»mais sauvages, puifqu’ils n’en plantent jamais. U y » des ro-ses blanches Sc rouges, Sc qui ont l’odeur des nôtres. Us on^plusieurs autres fortes de fleurs odoriférantes, que les jeunesgens, tant hommes que femmes, mettent dans leurs chevpour les parfumer. Ils lient leurs cheveux tout ensemblederriere , & y enferment ces fleurs. Us en ont unequVappellent Sindne-Mal, qui mérité d’être remarquée p° urrareté & pour son usage. Elle s’ouvre fur les quatre heu>aprés midy, Sc demeure épanouie & ouverte toute la n u 'Le matin elle fe referme jufqu’à quatre heures qu’elle s ot ^vre de nouveau. Qgelques-uns d’eux la transportent des ' orets dans leurs jardins pour leur servir d’horloge quandfait obscur, Sc qu’ils ne fçauroient voir le Soleil. On tr °. u Een ce Pays-là une autre fleur blanche d’une tres-bonne odequ’ils appellent Phba-Mauls. Elle ressemble au jasmin , >tous les matins on en apporte au Roy un bouquet en vélo Ppdans un linge blanc, & qui pend à un bâton porté pat <gens qui font gagez pour cela. Tous ceux qui portent cfleurs obligent ceux qu’ils rencontrent de fe détourner dale temps qu’ils passent, ce qsson est aussi obligé de se irel’égard de tout ce qu’on voit porter au Roy,enveloppe ° adu linge blanc. Ces Officiers tiennent des terres expres p°cela, & leur Charge les engage à planter ces fleurs, eequ 1font ordinairement aup'rés des rivières, où elles viennbeaucoup mieux qu’ailleurs. Ils ont le pouvoir de les p 1 "ter en quelque lieu que ce soit, fans examiner à qui laappartient, aprés quoy ils environnent la place o une )ou d’un fossé, afin qu’elle ne serve qu’à la productifleurs fleurs. Cette terre est gardée plusieurs années, jffissce qu’elles n’y puissent plus crcffire, Sc alors le propr jetareprend fa terre. * s
Les Chingulais ont des vaches, des bustes, descocn 0 ’des chèvres, des daims, des lièvres, des chiens, des jacoffi.singes, des tigres, des ours, des élephans, des ânes Sc desvaux ; mais iis n’ont point de brebis. Les élephans de y e . s<font plus estimez que ceux d’aucun autre lieu des luOutre des^corbeaux , des hochequeues , des ramiers Sc ^beccassines semblables aux nôtres, & un grand nombre ^paons, ils ont quantité de jolis oiseaux de la grosseurmoineau, mais qui ne font propres à rien. U y en a qtu ^blancs comme la neige , qui ont la queue longue d’un P ie& la tête noire comme du geais, fur laquelle paroit ^touffe droite telle qu’un bouquet de plumes. II y en a dtres de la même efpece, & qui ne diffèrent qu’en c ° u l n (Elle est rougeâtre comme une orange meure, & ils P° r . ^fur Ja tête dçs plumes noires toutes droites. Le Carlo faussi gros qu’un cigne, fe perche toûjours fur les pffi s . ^arbres, fans qu’il fe pose jamais à terre. U est noir, a les ) ,bes courtes, la tête d’une grosseur prodigieuse, le bec rp^,,& qui a du blanc des deux cotez de la tête comme û ^toient des oreilles. Us se tiennent ordinairement cinfl ° U p a pensemble, & ne sont que fauter de branche en branche,sant presque toûjours un grand bruit semblable auc rIcanards, dont ils n’ont pas un grand nombre. Toutes 1°Ftites rivières & leurs ruisseaux font pleins de petits p 01 j £lIÍque les ensans prennent pour manger avec leur ris > oe inn iélàissmt point le temps de croître. Us ont un serpent n£ L on vPimberab , dont le corps est aussi gros que celuy d’uU - o[íme, & qui est long à proportion. Comme il ne va P aS jnvire , il fe sert de ruse pour prendre des bêtes fauves o ^bétail, qui est fa proye ordinaire. U fe tient caché .^ a .° ssentiers par où les daims ont coûtume de passer, Sc if ’jlrête par le moyen d’une efpece de cheville Ou de c ^°.q e n-a à la queue, & dont il les frappe. 11 avale un chevreû gtier avec ses cornes, qui luy percent quelquefois I e v j u s& le tuent. Entre plusieurs autres efpeces de ferpeus,^r^venimeux les uns que les autres, il y en a un long depalmes, d’une couleur brune, fur tout fous le ventre- 0 .qu’ori en est mordu , on tombe dans un sommeil tre pj[id *