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Tome I. [A - D.]
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COLCHESTER. Ville cTAngleterre, la principale duConné d’Essex. Selon les Historiens du Pâys elle a été bâtiëpar le Roy Coil l’an de grâce 124. Àntonin la nomme Colo-nie , & en vieux langage de lllle elle est appellée Caertolia ,en Saxon C ole-ccafler, & par les Latins Colceflna , camodul.i-ntim & Camulodunum. Elle est íkuée fur la riviere de Lincoln,à cinq ou íix lieues de la mer , à trente ou trente-cinq déLondrès, à vingt & un degré cinquante minutes du pre-mier Méridien, & à cinquante-deux degrez quatorze minu-tes de TEquateur. Cette ville a un château ancien. Elle estgrande, bien peuplée, & s’est rendue célébré par le longsiégé quelle a soutenu durant les dernieres guerres d'Angle-terre. On voit dans son enceinte huit belles Eglises, & il yen a deux autres dehors. Elle envoyé deux Députez au Par-lement. Ceux du Pays prétendent que cette ville est le lieude la naissance dc Sainte Helene mere du Grand Constantin ;mais cette opinion est fort combattue. * Dayity, Comté d’Es-sex. Audiffret, Geogr.

COLCHIDE. Province de f Asie , située entre l’Iberie& le Pont-Euxin. Elle est célébré par la Toison d’or, & parles amours de Jason & de Medé.e. L’ancien Royaume deColchos s’étendoit d’un côté jusqu’au Palus Méotide, & del’autre jusqu’à llberie. Sa ville capitale que son appelloitColchos étoit à sembouchûre du Phase sur la rive Occiden-tale, & c’est ce qui fait qu’on donne le nom de Colchide à laMingrelie, à cause que la Mingrelie se termine à ce fleuve. du côté de sOrient. Tous les Orientaux appellent la Col-chide odifche , & les Colches Mingrele. Ce Pays est assez iné-gal. II y a des collines & des montagnes, des vallées & desplaines, ce qui fait une grande diversité. II s’éleve insensi-blement du bord de la mer, & il est presque tout couvert debois, de forte que l’on peut dire qu’à l'exception des terreslabourées qui ne font pas en grand nombre, tout est bois é-pais & haut. Les arbres se multiplient èxtraordinairementdans la Colchide, & si son ne prenoit soin d oter les racinesqui détendent dans les plaines labourées & dans les grandschemins > le Pays seroit en peu de temps une forêt íì épaissequ’on auroit de la peine à s’en tirer. L’air y est assez tempé-ré pour le chaud & pour le froid; mais il est extrêmementhumide, & comme il y pleut presque toujours, shumiditéde la terre que sardeur du Soleil échauffe en Eté, insectePair , cause fort souvent la peste , & toujours des maladies.Cet air est insupportable aux Etrangers qui deviennent enun an de temps jaunes, secs, debiles, & d’une maigreur hi-deuse. Les Naturels du Pays en souffrent moins ; mais fortpeu d’entr’eux vivent jusqu’à soixante ans. La Colchideabonde en eaux qui sortent des montagnes du Caucase, &s'écoulent dans la mer noire. Son terroir est mauvais,& pro-duit peu de fortes de grains & de legumes. Les fruits fontpresque sauvages, & n’ont point de goût. Cè qui y vientbien, c’est le raisin qu’on y recueille par tout en grandeabondance. Lá vigne croît autour des arbres , & monte à lacime des plus hauts. II y a de si gros seps qu’un homme nepeut les embrasser qu’avec peine. On ne taille la vigne qu’u-ne fois tous les quatre ans. Cependant le vin est excellent. IIa de la force & beaucoup de corps, & n’est pas moins agréa-ble au goût qu’il est bon à sestomac. II n en est guere demeilleur dans toute l’Aíie. La terre est si humide au tempsdes semailles, que pour ne pas trop amollir celle où l’on se-nte le bled & forge, on ne la laboure point. On ne fait quejetter le grain dessus, & il vient fort bien de cette maniéré.Ils labourent la terre pour les autres grains. Le plus ordinaireest un grain auflì menu que la coriandre, & assez semblableau millet. Us sappellent Com , & en font du pain. Ils ont en-core du mil assez abondamment, un peu de ris, du froment& de 1 orge en petite quantité. 11 n’y a que les gens de con-dition qui mangent du pain de bled par délices, le menu peu-ple n’en goûte jamais. Le Chevalier Chardin dit en parlantde la Colchide que les Géographes modernes veulent qu’il yait une ville appellée Faft au même endroit où étoit Col-chos , mais qu il peut aílëurer que cela n’est pas. * Voyez, Min-

GR-ELïE.

Les Colches vinrent d Egypte long-temps aprés la naviga-tion de Jason, & l’Empire des Assyriens, puisque SesostrisRoy d’Egypte ayant couru par toute l’Aíre avec une gran-de armée , laissa dans la Colchide une partie de ses troupes.Ce qui confirme cela, c’est que les enfans des Colches étotentcirconcis comme les Egyptiens. Toutefois Pline fait con-noître qu’il y avoit des Rois avant Sesostris qui fut vaincupar Eusubopes. La Langue des Colches étoit semblable àcelle des Egyptiens. Us coufoient leurs Morts dans des peaux, j

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8 c îes pendôient ensuite à des arbres. Quant aux femmes,aprés qu’ils les avoient laissées quelque temps pendues, ils lesenterroient. Us faisoient de beaux ouvrages de laine qu lísportoient dans les Pays étrangers. Ils voyageoientparmerAleur grand trafic les faisoit devenir riches, ils se poliçoien £en même temps par la fréquentation des Romains, & n a 'voient aucune barbarie. Eusubopes ouvrit le premier l eSmines d'ór & d’argent, & ce fut peut-être ce qui donna sieUà la Fable de La Toison d’or. Les Peuples voisins de DiofcU'rias ville de la Colchide se mettoient en campagne jusqu ailnombre de deux cens mille hommes. Ils étoient tous gens deguerre ; mais mal aisez à ranger. Les'Colches avoient un Rosavec un Sénat de trois cens hommes, & ce que rapporte P"'ne , que Salauces & Eusubopes avoient régné en Colchideavant la venue de Sesostris fait assez voir qu’ils vivoient sou 3un Etat Monarchique ; d’ailleursla Fable d’Aëte pere ySMedée, nommé Roy de ce Pays , doit avoir eu quelque vé-rité pour fondement. II y avoit en Colchide un Temple d*Leucothée bâti par Phrixus, où l’on ne tuoít aucun belienCe Temple qui avoit de grandes richesses fut pillé pàr Phal^nace , & enfisite par Mitridate. Les Colches adoroient auíftlai Déesse Phatìane, dont la figure avoit une Cirftbale en ma>davec des lions proche de son siégé. Ces Peuples se nourris-sent aujourd’huy de paniq endurci, & s’ils n’avoient quel-quefois du vin de Trebifonde& quelque poisson salé, ils so'roient tres-miserables. * Davity , Colchide.

COLDINGHAM. Ville d’Ecosse dans ìà Province deMerche. Bede la nomme Vrbs Coldana & Coladi Vrbs , & plu-sieurs la prennent pour celle que Ptolemée appelle c olanid>Elle est renommée depuis long-temps, à cause d un Monastè-re dont l’Abbesse appellée Ebbe & les Religieuses eurent 1 ®courage de se couper le nez , les lèvres & les oreilles, poufparoître hideuses aux Danois qui s’étant rendus maîtres decette ville y exerçoient toutes sortes de brutalitez. Elies so-rent brûlées par eux avec leur Couvent. *

COLDINGUEN. Ville duNord-Jutland en Danemardsidans le Diocèse de Ripen. Elle est située dans un enfonce-ment que fait la mer Baltique au Détroit de Middelfart, &défendue par la Forteresse d’Arníbourg , où le Roy Chris-tian III. mourut fan 1559. C’est sur le pont de cette villeque tous les bœufs & chevaux qui sortent du Jutland,payen £un droit considérable, nommé la Traite des Bœufs. Les Mar-chands d’A'emagne qui viennent les acheter tous les ans adcommencement de l’Automne, les rnerrent de là à semboti-chûre de f Elbe , d’où ils vont les distribuer dans tous 1 e3Etats de l’Empire. * Audiffret, Geogr. Tome 1.

COLDITZ. Petite ville du Cercle de la Haute Saxe dan§le Territoire de LeipíicK en Misnie. Elle est située sur l f3deux bords de la riviere de Mulde, à sept lieues de la ville deMeissen ou Misne vers le Couchant. * Maty , d’ ft. del?oi.

COLFORD. Bon bourg d’Angleterre dans le Comté deGlocelíer, en Latin c olfordia. II est situé aux confins dé ee-luy de Monmouth , à trois lieues de la ville de ce nom dûcôté de l’Orient.* Maty , Ditt. de Holl. 1701.

CO LIA DE. Promontoire de f Attique fur la côte de Ph*'lerus, dans le Golfe de Saronique à i’Orient d’Athènes. Pi'- 1 ’tarque en parle dans la Vie de Solon, & Faulanias ïn Attirt?dit qu’il étoit éloigné de cette ville de vingt stades. II y avoi 1en ce lieu un Temple de Venus dit etoliade. La temp& eporta jusque-là les débris de la stote de Xerxés aprés fade'faite. * Le P. Lubin, Tables Geogr.

COLIBRE. Ville d’Efpagne dans la Catalogne. Ceux st* 1Pays sappellent Cophire. Pline & Ptolemée la nomment 0 'beris. Elle est située au bord de la mer de sancienne Gaule >& plus considérable par son Port & par son antiquité ,.q u ^par fa beauté, ni par la multitude de son Peuple. * Da vies »Catalogne.

On appelle Mont-Colibre une petite Ifle de la mer Médités'ranée , entre la Mayorque & les côtes de la Catalogne, p 5Espagnols la nomment Moncolobre. Ce n’est proprement qu a(lrocher desert qu’on trouve à sept lieues de sembouchûre d el’Ebre au Midy ,> & à dix-sept de celle du Xucar vers 1 0 'rient. Gaspard Escolano qui en fait mention dit que ce ro-cher est divisé en cinq ou six autres, dont les principaux so 11appeliez par les Pefcheurs la Gruejfa & la Horadada , Ôc que I eautres n’ayant point de noms particuliers sont compris so uceluy de Mont-Calibre.

COLlCARA. Ville ancienne de la Gaule Cisalpine. O 1 *croit que c’est le bourg de la Lombardie, nommé aujoiû'd’huy Rocagha.