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val ou d’élephant, & se trouvent tous à îa place qtïand leSoleil est couché. Ceux qui jouent des instrumcns se ran-gent en un coin,& sè servent d’uneespece de tambours creu-sez d’un tronc d arbre, d’un roseau, sorte de flûte qui aplusieurs trous, d'une maniéré de tambour de basque , &d’un instrument approchant de nos guitarres, fur lequel ilsétendent íìx cordes de roseaux. Tous ces instrumens ensem-ble font une assez grande symphonie. Sitôt qu’ils ont com-mencé à se faire entendre les hommes & les femmes se sépa-rent chacun de leur côté, & s'approchent & se reculent encadence deux à deux opposez l’un à l’autre , en faisant cla-quer leurs doigts, gesticulant de la tête, se dilant de petitsínots à l’oreille , & remuant les éventails que les hommesportent. Quelques femmes prennent un cerceau qu’elles jet-tent à terre,&autour duquel elles sautent,& l’élevent en pas-sant avec le bout du pied.Outre leursDimanches ils ont cer-taines Fêtes dans lesquelles ils ont des danses particulières.
Ceux qui vont negocier, d ordinaire Officiers ou Capi-taines des villages viennent dans de petits canots fort pro-pres , où ils font assis au milieu fur un petit íìege ayant leurssabres! côré d’eux, tandis que deux Maures rament. Ce fontpresque toujours ceux qui demeurent au bord delà mer ouà dix lieues de là qui achetent toutes les marchandises desvaisseaux qui viennent à leurs rades. Ils les revendent en-suite moyennant un certain profit , quand les vaisseaux fontpartis,à ceux qui font plus avancez dans les terres. Ceux-cyfont porter ce qu’ils achetent par des Esclaves , & ne se fer-vent pour cela ni de chevaux ni d’autres animaux, ce quiest tres-incommode , puisqu’il y a tel Marchand qui de-meure â plus de cent lieues dans les terres.
La pesche fait leur principale étude, & tous les matins onvolt sortir vingt ou trente canots, félon qu'il s’en trouve auPort, qui se dispersent en mer. Ils choisissent le matin, àcause que le vent venant de terre les pousse en mer , & quele soir celuy de mer les ramene en terre. II y a ordinaire-ment deux hommes dans chaque canot, l'un pour le con-duire , &c l’autre pour pescher. Auprès d’eux font leurs sa-bres & du pain. Leurs canots font tres-legers, les plus beauxdes côtes, peints & fort enjolivez. Ils y attachent des Féti-ches pour les conserver, & à leur retour ils les mettent àl’abri sous une Halle. Les uns se servent d’hameçons, & enattachent jusqu’à vingt à la même ligne. D'autres empioyentdes filets ; mais cette façon de pesche ordinaire aux rivières& aux étangs du Pays, est tres rare fur la mer. Ils aimentfort la pesche de nuit, & la font par le moyen de torches al-lumées qu’ils graissent de résiné ou avec de l’huile de pal-me , harponnant les poissons qui s’en’approchent. D’autresse mettent à seau jusqu’au ventre, tenant d’un côté une tor-che allumée, & de l’autre une espece d’épervier qu’ils jet-tent fur le poisson qui s’en approche. Lorsque les Marchands& les Pescheurs font de retour à terre, le Receveur du Bu-reau où se payent tous les droits du Roy à qui le port ap-partient , fait porter chez Iuy le tiers tout au moins desmarchandises achetées pour faire composer le Marchand,qui donne le moins qu’il peut, n’y ayant aucuns droits fi-xez. Les Marchands Forains qui ne font pas du Royaume ,font obligez quelquefois de donner jusqu’à un marc d or ,pour avoir le passage libre sur les terres d’un autre Roy.Ceux qui demeurent au bord de la mer ne payent aucuntribut,pourvu que ce qu’ils ont acheté n’excede point deuxonces d’or. 'Quant au poisson le tribut s’en paye au Rece-veur qui l’envoye tous les jours pour 1a nourriture de laMaison Royale. Les Pescheurs le font porter au Bureau oùle Receveur a une mesure grande à peu prés comme le quartd’un boisseau. II lá remplit & la donne franche au Pescheur,& de ce qui reste il en prend le cinquième pour les droits.Ces Receveurs font pour l’ordinaire les fils, frères ou pro-ches parens du Roy.
Les Rois du Pays font fort respectez. Leur autorité s’é-tend à faire tout ce qu ils veulent, & quand on leur a unefois désobéi, on ne peut plus posseder aucune Charge dansle Royaume. Les Mémoires du Ministre de Frederilbourg ,qui font dans le Royaume de Fétu, portent que le Roy dece Pays-là entretient une grande Cour,avec laquelle il passele jour en bûvant & riant dans une grande salle au milieude son Palais. Lorsque le jour est prêt de finir, il s’assiedfur fa porte, orné de menilles, colliers, & autres ouvragesd’or, & vêtu des plus superbes habits que ses Sujets puissentacheter des Etrangers. II passe ainsi tout le jour quand il esten paix,quelquefois avec les femmes qui ont soin de le laver& de le parer. II a chez luy le bal tons les soirs. Plusieurs
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Esclaves & Soldats le gardent. Son Palais est grand, poli, &beaucoup plus beauqûfe ce qu’on volt à la Côte. II contierrtplus de deux cens chambres, hautes ou basses, bâties au mi-lieu du village, avec de grands espaces tout à l’entoùr» I! nefort point qu’il ne soit accompagné d’un assez grand nom-bre d Esclaves, dont quelques-uns le portent sur leurs épau-les. Çour bien vivre avec les Grands du Pays , il faut futtout qu’il soit libéral, car ils haïssent l’avarice, & l’envied’amasser de l’or dans une personne qui estau dessus de tou-tes les autres. Cette libéralité consiste en banquets qu’il faitsouvent. Si les Blancs luy font des prefens, comme d'eau-de-vie ou d’autre chose, il en fait part à fes Courtisans. II aautant de femmes qu’il veut ,& mange avec elles quelque-fois. Elles demeurent toutes au Palais dans des appartemensséparez. Quand elles sortent elles font portées par des Es-claves. Leur foin principal est de chercher à le divertir.Qujelques-unes luy font compagnie l’apresdînée dans fa sal-le , & toutes fe tiennent heureuses de le laver & de raccom-moder le matin. Quand cela est fait, elles vont le peigner*& ajustent diversement leurs cheveux. Elles font toujoursfort superbement vêtuës, & quelquefois tellement paréesd’ouvrages d’or , qu’elhs semblent avoir de la peine à leSporter. Les Enfans du Roy , tant que vit leur pere , fontnourris aux dépens du Royaume. Ils sortent hors du Palaisportez par des Esclaves, & ont toûjours avec eux des trom-pettes & un tambour. C’est par là qu’on les distingue z maisils n’heritent point du Royaume, dont la succession va auplus proche parent du Roy, afin que la Couronne demeurétoûjours dans la Maison Royale. C’est pourquoy les Fils duRoy , tant que leur pere est vivant, tâchent d’amasser d ubien, travaillant comme les autres, par dessus lesquels le seulavantage qu’ìls ayent, c’est de ne point payer de tribut. S’dsse marient ,.Ie pere ne leur donne que ce que la Cothurnefait donner aux Nobles. Les premieres Charges du Royau-me font toûjours pour eux , aussi bien que les emplois del’armée en temps de guerre» Pendant la paix, le Roy les en-voyé en otage aux autres Rois pour feureté de l’accord.Quand leur pere ne vit plus, s’ilsont du mérité, on les con-sidéré, sinon on en fait moins de cas qu’on ne fait des autres»Les revenus du Roy consistent en fruits, poisson, huile, vinde palme , mil, ris, mays , qu’on porte tous les jours à sonPalais, afin qu’il ne songe qu’àsc divertir. Les revenus del’Etat viennent des Douanes, & des amendes civiles & cri-minelles , que les Receveurs portent tous les trois mois auTreforier qui fait toute la dépense , tant de l’Erat que de laMaison Royale. C’est la plus belle Charge du Royaume»Ce Trésorier demeure au Palais, & esttres-coníideré.
Outre les Dimanches que le Roy passe ordinairementavec fes femmes & fes enfans aprés les Sacrifices, il célébréencore plusieurs Fêtes , pour lesquelles il achete tout le vinde palme qu’on apporte à son Palais, & de la volaille dont ilrégalé son Trésorier, fes Courtisans & les Nobles du Pays.La plus folemnelle fe fait tous les ans au jour qu’il a été cou-ronné, & non feulement il prie tous les Nobles ce jour là;mais encore les Rois fes voiíins, & les Blancs qui demeurentfur fes terres. II les régalé pendant trois jours qui fe paflenten baM, danses & festins, aprés les Sacrifices qui fe font lematin à leurs Fétiches, ensuite desquels il leur fait mettre àmanger au pied de quelque arbre ou d’une haute monta-gne. Quand un Roy meurt, ils témoignent leur douleur pardes cris épouvantables & par des chansons lugubres,& aprésles cérémonies ordinaires, ils l’expofent en vûë quelquesjours pendant lesquels on iuy sert à manger comme s’il étoitvivant. Sitôt que le corps commence à sentir, des Esclavesvont l’enterrer dans le bois où il leur plaît, personne n'ayantjamais fçû où un Roy est enterré. Si quelqu’une des fem-mes de ce Roy demande à le suivre, ces Esclaves la tuent&4’enterrent avec luy , mettant dans fa fosse fes Fétiches ,fes armes, flèches, arcs, zagayes, quantité de vin de palme,de l’huile , du ris & autres choses nécessaires à la vie , aprésquoy ils viennent devant le Palais tendre le cou , afin qu’onles tuë, persuadez qu’en l’autre monde ils posséderont lesplus belles Charges auprès de leur Roy* Tandis que ces Es-claves le vont enterrer , les habitans de tous cotez tuënt desfemmes, des filles & des garçons pour l’aller servir. Ainsiselon ie pouvoir d’un Roy, le jour de ses funérailles, on tuëquelquefois jusqu a cinq, cens personnes. S’il a aimé quel-que lieu, on luy éleve un petit tombeau dans ce même lieu,& son Successeur y fait porter tous les ans les choses dontils croyent qu’il aura besoin. Les funérailles achevées, onéleve fur le Trône son parent le plus proche, qu’on met en