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possession de tòus Tes trésors amaslez par îê Défunt, fans quefes enfans puissent rien prétendre, si ce n’est dans le partagedes biens dont il joiiissoit avant qu’il parvînt à la Couronne.Le nouveau Roy leur fait toûjours quelques prefens,&afoin de ses femmes qui peuvent fe remarier à de grands Sei-gneurs de ce Pays-là, Le plus souvent il change les Officiersdu Défunt pour établir en leur place quelques-uns de lés pa-rens ou de ses amis, & fait venir dans le Palais ses femmes& ses enfans qui commencent à ne plus marcher quand ilssortent, Le à se faire porter par des Esclaves.
La Noblesse fort estimée chez les Maures s’y acquiert pardeux moyens,ou par quelque grand service rendu à l’Etat,ou par de fargent. Le jour qu'un Noir qui est riche, doitêtre ennobli, il prie tous ses amis & les autres Nobles duPays qui fe trouvent dans le village, & en prefence du Royou de son Lieutenant, des Esclaves le portent fur leursépaules tout autour de ce village, les femmes sautant, chan-tant & dansant jusqu’au soir qu’il donne à souper à toute laCompagnie. Cette fête dure trois jours, aprés lesquels ildonne un bœuf au menu peuple & beaucoup de vin de pal-me. Ce jour-là il prend de nouvelles Fétiches, & tous lesans il renouvelle cette fête. Les privilèges des Nobles sontde pouvoir négocier par tout, vendre & acheter des Escla-ves , d’avoir des tambours & des trompettes, & de les fairejouer quand il leur plaît. Ceux qui ont acquis ce titre parleurs belles actions ont toûjours les premieres Charges del’Etat. Les Rois étant fort envieux les uns des autres se fontla guerre pour de tres-foibles sujets. Ainsi quand un Roycroit avoir reçû la moindre injure de quelque autre Roy, ilassemble fes Courtisans, leur expose en quoy il se tient bles-sé, & dans f efperance du butin ils concluent ordinairementà la guerre. Dans l’instant même, ce Roy envoye dénon-cer à Ion ennemi le jour & la place du combat, & fait aver-tir tous fes Sujets par ses Gardes. Alors ils fe préparent àce jour avec la même joye que. s’ils étoient conviez à quel-que fête , s’ajustant, & peignant leur corps de differentescouleurs, & prennent tant de haine pour leur ennemi, ques’ils croyent que la grandeur de l’injure doive faire durerla guerre, ils menent avec eux leurs femmes & leurs enfans,emportent tout ce qu’ils ont de meilleur, & mettent le feu àleurs maisons, afin que s’ils perdent la bataille, leurs enne-mis n’en profitent point. S’ils voyentqu’on fasse la guerrepour peu de chose, ils les envoyeur au prochain village oùtout est en paix.
Ils s’assemblent tous au jour marqué par le Roy, les Capi-taines avec le casque en tête. Ces casques sont faits des crâ-nes de ceux qu’ils ont tuez dans les autres guerres, ou depeaux de lion ou de crocodiles, chargez de plumes s’ils enont. Ils portent au bras gauche un grand bouclier, de peaude tygre ou de bœuf, à la main droite une zagaye, & ontseulement un petit linge qui les cache par devant, asin querien ne les embarasse pendant le combat. Ils ont devant euxleurs sabres, & leurs Esclaves font à côté d’eux & derriere,avec des arcs & des flèches. Le menu peuple est armé de ha-ches & de flèches, & ceux qui ont des mousquets ( car ilsen achetent des Européens) fe mettent à la tête de f armée.Etant en prefence, ils poussent un grand cri, dardent leurszagayes , tirent des flèches fans nombre , se couvrant deleurs boucliers contre les coups de leurs ennemis. Lorf-qu’ils en viennent au couteau, ce sont des démons achar-nez les uns contre les autres, jusqu’aux femmes & jus-qu’aux petits enfans, dont les cris mêlez au bruit des tam-bours & des trompettes, les excitent au massacre. La mê-lée dure jufqu’à ce qu’un parti demeure victorieux. Alorson finit la boucherie pour faire des prisonniers qui devien-nent Esclaves, & ne peuvent plus racheter leur liberté pourquelque somme que ce soit. Aprés le combat, pour fairevoir à quel point ils haissoient leurs ennemis, ils mangentceux qu’ils ont tuez, & tous leur coupent les mâchoiresqu’ils vont pendre ensuite devant leurs portes comme unemarque d’honneur. C’est-là le premier degré pour parve-nir à la Noblesse. Si aprés une bataille ils veulent conclurreune bonne paix , ils conviennent d'un lieu où ils fe trouvent.Ils y font apporter leurs Fétiches, & jurent fur elles de nese plus vouloir aucun mal, & pour seureté de leurs scrmensils s’envoyent des otages les unsauxautres, & ce sont ordi-nairement les Fils des Rois, ou s’ils n’en ont point, les prin-cipaux du Pays. Le reste du jour, les deux partis ne son-gent qu’à rire, à chanter , à danser, à sauter & à faire bonnechere. Ces Peuples, v tout brutaux qu’ils sont, ne laissent pasdc faire exerçer la Justice parmi eux , & les crimes y, fontTome í.
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punis , non pa's dé mort, à moins qu’ils ne soient bien grands.En ce cas, on mene le criminel hors du village les yeux ban-dez , & là ils le percent d'un javelot, luy coupent la têtequ’ils pendent à un arbre, & le reste de son corps, ils le jet-tent par morceaux. Un homme cité devant le Juge pourlarcin ou pour adultéré, est condamné à l’amende íì ses dé-fenses sont trouvées mauvaises, & faute de payer fur l’heu-re entre les mains du Receveur des Domaines, il est venducomme Esclave, & ne peut jamais fe racheter. S‘il prend h,fuite, fes parens font obligez de payer pour luy, à moinsqu'ils ne veuillent abandonner le Royaume & tout ce qu'ilsy possedent, fans efperance d'y rentrer jamais. S’il y a preu-ve d’adultere avec la premiere femme de quelqu’un, le marila peut répudier ; mais non pas la faire esclave. S’il s’agitd’homicide ou de contravention aux Ordonnances du Roy,ces sortes de causes , comme grandes, sont portées devantluy, & à moins que la chose ne soit bien noire j il ne con-damne l’accusé qu'à une grosse amende, dont la moitié ap-partient à fes Courtisans qui assistent au Jugement qu'on faiten public , & l’autre moitié est portée à son trésor. Si dansune affaire ou criminelle ou civile on accuse quelqu'un àfaux, & qu’il demande à fe purger par ferment en buvant &en mangeant sa Fétiche , il y est admis, & s'il n’est pas mortle lendemain , l’accufateur en porte la peine, & paye pourluy une grosse amende. Quand plusieurs témoins déposentcontre l’accufé, son ferment n'est point reçû. Dans les af-faires civiles ils fe citent devant le Juge du lieu. Le deman-deur parle le premier, & aprés la réponse du défendeur &les répliqués de l’un & de l’autre , le Juge prononce , & sonOrdonnance est fans appel. Quelquefois le Juge que les dif-ficultez embarassent renvoyéJa cause devant le Roy. En cecas, la haine qu’ils conçoivent l’un pour l’autre les fait passerdu civil au criminel. Ils fe battent, secondez de plusieurs deleurs amis, & s’il en demeure quelqu’un fur la place, les au-tres sont obligez de prendre la fuite. S’ils sont pris, on lesmene devant le Roy , qui moyennant une grosse amende ,les exempte de toutes recherches. La moitié de cette amen-de appartient à la veuve & aux enfans, à qui on livre celuyqui n’a pas dequoy payer, pour salle r vendre dans les PaysEtrangers. Le sieur Víllautdans fa Relation des Côtesd’A-frique, parle d’un Jean Clause Capitaine d’Açores,qui pours’être battu aprés une affaire civile & avoir tué un homme,avoir payé cent soixante & dix marcs d’or au Roy. Les Ju-ges font d’ordinaire les Capitaines des villages. Quant à Tor-dre des successions c’est le plus proche parent qui hérité àl’exclufion des femmes & des enfans, qui quelquefois son cobligez de servir, quoyque le pere soit mort riche. Lesfemmes fe remarient, fe prostituent si elles font jeunes, oufe font servantes des Nobles qui sont tous Marchands.
Dans tous ces Royaumes il fe trouve peu d’élephans;maisquantité de lions, de tygres, de léopards, de panthères &d’autres bêtes dangereuses. La terre nourrit des bœufs, depetites vaches, des cochons, des chèvres, des moutons, descerfs, des chevreuils , des sangliers, des dains, des lièvres ,des Agoutis & autres, outre un fort grand nombre de civet-tes & de singes de differentes façons. Dans les terres il y ades dragons, de gros lézards bons à manger, des ferpensd’une grandeur démesurée,des crocodiles & des caméléons.Les oiseaux sauvages font des aigles de plusieurs fortes. Onen volt une efpece rare qui ne fe rencontre qu’au Royaumed’Acara. Cet oiseau a le plumage d’un paon, les jambesd’une cigogne , le bec d’un héron , & fur la tête un bouquetde plume qui fait une couronne. C’est de ce Royaume queviennent les perroquets, qui ont les ailes grises, la queuerouge, & qui apprennent si aisément à parler ; les perruqui-tes sont admirables à voir. Elles ont la tête & le corps vert,les pieds & le bec de perroquet,bordez d’un rouge oranger,& sont petites comme une linote. Les oiseaux bons à mangerfont les poulets, pintades, pigeons, oyes, canards, faisansperdrix, plus petites que les nôtres, paons, grives,grues,ra-miers & tourterelles. On n’y voit point d’alloiietes ; maisil y a des abeilles en quantité ; les poissons qui fe trouvent àla côte font des dorades, des bonites, des corcovades, desjacos, qui ont la grosseur d’un veau, des brochets de mer,du ton,d’une efpece de saumon & des rayes. Les petits poif-sonsy font fans nombre,aussi-bien que des sardines,qui sont:graííes & tres-bonnes. Les fruits font des bananes, des bac^chos, des citrons, des oranges, des ananas, des figues & descocos. Les patates font communes en ces Pays-là. C’est lepain des pauvres & des Paysans. On y en fait de trois diver-ses semences. Les uns l’aiment de ris,qui est tres-blancj mais
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