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pesant fur l’estomte ; les autres de petit mil, & les autres demays ou bled de Turquie. Quand le mois d’Avril approche,ils songent à semer, & après en avoir obtenu la permissiondu Receveur des deniers du Roy, ils vont de côté & d’au-tre arracher les petits buissons qui croissent dans les terres,qu'ils labourent ensuite avec des bêches jusques à deux fois.ï!s les laissent reposer un jour ou deux ,au bout desquels ilsfement premierement le ris, mil ou mays du Roy,& le leurensuite. Lors qu’ils ont achevé de semer,ils amassent tous lespetits buissons qu’ils ont arrachez, & ils les brûlent le soir aucoin du champ, chantant, sautant & répandant du vin depalme à l’e.ntour,à l’honneur de leurs Fétiches, afin qu’ilsayent une abondante récolté. Le bled n’est que huit joursfans paroître, & trois mois aprés ils le moissonnent.
L’or que l'on apporte de ces côtes en si grande quantitéqu’il leur a donné le nom de Cote a Or, se prend en disserenslieux. Celuy d’Axime qui passe pour le meilleur, se trouveparmi le fable des ruisseaux, aussi bien qu’à Achema. Cen’estque de la poudre,& il est à croire que si ces gens foiiil-loient le pied des montagnes d’où ces ruisseaux viennent, ilsen trouveroient beaucoup, puis qu’ils avouent que dans lesjours de pluye, ils trouvent plus d’or que dans les autres.Celuy d’Acara vient de la montagne de Tafou , distante detrente lieues de cette Place, qui font trois journées dans lesterres. La Mine appartient au Roy , qui a un morceau d’or.devant fa porte que l’on a tiré de cette montagne, & qui estplus gros qu’une barique. Ce morceau d’or sert de Féticheau Pays, L’or d’Acanis & de Fétu, qui est le moindre detous, n’étant que du titre de vingt & de vingt & un carats,le trouve dans la terre qu’ils fouillent, les uns plus avant, &les autres moins. Quand les François & les Portugais allè-rent à ces côtes-là, ces Peuples ne connoissoient point lavaleur de l’or ; mais depuis qu’ils ont vu tant de Nations, &fur tout lesHollandois, être si ardens pour en avoir, ils ontcommencé à le tenir cher, & font si fiers quand ils en ontamassé beaucoup, qu’ils en font insupportables. Ils font plu-sieurs fourberies pour l’augmenter, y mêlant du cuivre parpetits morceaux,qu’ils appellent Quaquara, où le mélangeantà la fonte,principalement à Comendo,eù font les plus grandsTrompeurs de toute la côte.* Villaut, Sieur de Bellefond ,Relut. des Côtes d’Afr que appellées Guinée.
COSTE DE PESCFîERIES. Partie de la cote Orien-tale de la Prefqu’Ifle de l’Inde de-ça le Gange,qui a pris sonnom de la pesche qu’on y fait des perles, en Latin Or u Pifea-mst,. Cette côte est dans les Etats duNayquedeMaduré, en-tre le Cap de Comorin & celuy de Negapatan, vis-à-vis deFille de Ceylan .* Voyez, Pescherie.
COSTE DE SAINT ANDRE’. Petite ville de Franceen Dauphine. Les Latins la nomment clrnis Sancti Andrew.Elle est située fur une montagne environ à cinq lieues deBeaurepaire & de Vienne, fur la route de Grenoble, qui ehest à sept lieuës. * Atlas.
COSTE DES DENTS. Côte d’Afrique dans la Gui-née , qui prend son nom de la quantité dc dents d’éiephansqu’on y negocie. Elle est si grande, qu’encore que tous lesvaisseaux qui vont à Ardres ou à la Mine, passent par là, ilne leur reste jamais aucune des marchandises qu’ils y por-tent pour l’échange. Son étendue est de quatre-vingt lieuës,depuis le Cap de Palmes , appellé ainsi des palmiers , quil’ombragent de tous cotez au bord de la mer, jufqu’à la ri-vière d’Asené qui est le commencement de la Côte d’Or.Dans cet espace on trouve le long de la mer les Places deGroiia, Tabo, petit Tabo, grand Droiiin , Tao , Rio SaintAndré, Giron, petit Droiiin , Bortrou, Cap-la-Hou, Jac-<jues-la-Hou, WallochK & Gomme, où l’on trafique ordi-nairement. Cette terre, l’une des plus belles qui fe voyentaux côtes de Guinée, produit quantité de ris, des pois, desfèves, des bananes, des ananas, des citrons & des oranges ,avec des cannes de sucre d’une grandeur excessive. Les co-teaux & les vallées y font admirables, & la roche des monta-gnes qui est rouge dans la nuance des verdures qui les om-bragent , forme un aspect tres-délicieux. Le grand Droiiinest situé au milieu d’une petite riviere,qui fait une Isle entredeux montagnes. II est bâti dans cette Isle, & la rivière quiau milieu fe jette au Sud, & dans son enfoncement au Nordarrose des prairies admirables. Ses coteaux font deux plan-tages,au pied desquels la mer fe va rompre doucement. RioSsint André est le lieu de toute l’Afrique le plus commodeà bâtir. La rivière de ce nom monte bien avant dans les ter-res, & un peu au dessus de son embouchure, elle fe divise«n deux branches, dont l’une monte au Nord-Nord-Oiiest,
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& Fautre à l’Est.Elle est bordée de grands arbres de côté SCd’autre, & environnée de campagnes & de prairies, & peutsouffrir un yacht assez avant. La roche qui est au bord de lamer à l’embouchûre de cette riviere, peut avoir à son som-met trois cens pas de tour, & fe termine en plate-forme, quicommande au reste da Pays qui est bas, fans qu’elle soitcommandée de rien. Comme elle est escarpée du côté de lamer & de la riviere à l’Est, on ne fçauroit saborder que parle dedans de la-riviere à l’Óiiest, étant environnée par toutailleurs de roches fous l’eau, fur lesquelles la moindre cha-loupe fe perdroit. L’eau douce de la fontaine qui fort dupied d’une grosse montagne dont cette roche est couverte auNord,peut aisément être défendue à coups de fauconneaux.Les villages du grand & petit Droiiin, de Tao & de Groiia ,n’en font éloignez que d’une lieue. Du dessus de la mêmeroche, on découvre celuy- de Giron à l’Est,bâti au bordd’une prairie, & celuy de Tabo à l’Oiiest,au bout d’unecampagne plantée en divers endroits de bouquets de bois,&qui fe va terminer bien avant dans le Pays, au pied de plu-sieurs grandes montagnes qu’on y volt paroître. II se trou-ve par toutes ces côtes grand nombre de bœufs, de chèvres*de chevreuils & de cochons,qui font donnez à bon compte,un bœuf n’y vaut qu’une douzaine de couteaux de vingtfols. Ces Peuples font bien faits & fort robustes, ayant lesmembres gros & grands, & la mine affreuse. On dit qu’ilsmangent les Blancs, & cela est cause qu’il n’y a jamais eu deloge le long de ces côtes, fur lesquelles on ne met pied àterre que fort rarement & avec beaucoup de précaution.Quoy qu’ils n’ayent qu’un petit linge qui les couvre devanteux, on ne laisse pas de distinguer les Grands du Pays,en cequ’ils ont des toiles qui les enveloppent, & un poignard aucôté. Ils aiment les grands cheveux, qu’ils coupent à leursfemmes, pour fe les natter les uns aux autres, & les retrous-ser aprés sur leurs têtes. Ces femmes sont petites, au lieu queles hommes font tous grands. Tous leurs traits sont régu-liers,& si juste,qu’à l’èxception de la couleur noire,on pour-roit les appeller des beautez parfaites. Elles ontl’air tres-por-té au mal, & seulement un.petit linge qui cache ce que lapudeur ne permet pas de montrer. Quand ces Peuples abor-dent quelques vaisseaux, il faut que le Capitaine descende ,& qu’ayant un pied sur le bord du canot, & l’autre sur la
Í jrécinte, & se tenant d’une main à une corde,il prenne avec'autre de l’eau de la mer, & s’en jette fur la tête. C’est lamarque d’amitié & de service parmi eux, & sens cela ilsn’entreroient pas dans le vaisseau;lors qu’ils le font,c’est fansvouloir descendre sous le tillac ni entrer dans la chambre depouppe, tant ils font soupçonneux & méfians, ce que lesautres Maures de toutes les côtes ne refusent pas dé faire.Ils aiment fort les menilles de fer avec de petites sonnettes,dont ils fe couvrent les jambes. Ils disent g^a,qua,qua ,quandils abordent quelqu’un, ce qui parmi eux tient lieu de bonjour. C’est ce qui fait que les Flollandois appellent une par-tie de cette côte côte des Quaqua , à cause qu’ils le répéteursouvent, sur tout si on les gourmande. II y a dans ce Paysdes dents d’élephant, dont quelques-unes pèsent juíqu’àdeux cens livres. On tient que ces animaux s'y trouvent ensi grande quantité,que les habitans font obligez pour s’en ga-rent!r de faire leurs maisons fous terre. Us les tuent autantqu’ils peuvent, & ce qui leur fait avoir tant de dents, c’estque les élephans mettent leurs défenses bas tous les trois ans,comme les cerfs font leur bois. La plupart relient leurs che-veux avec des ouvrages d’or, & montrent de grandes mon-tagnes bien avant dans les terres, faisant entendre que c’estde là qu’ils le tirent. Us craignent les armes à feu plus queles autres Maures de Guinée. La terre produit beaucoup decoton, dont ils font de petites étoffes, rayées de bleu & deblanc, larges de trois quarts, & longues à peu prés de troisaunes, qu’ils donnent à fort bon marché. On les revend en-suite bien cher à la Côte d’Or pour couvrir les Paysans. *Villaut de Bellefond, Relationdes côtes d’Afrique.
COSTE DES NEGRES. Côte d’Afrique qui s’étenddepuis le Cap Verd jufqu’au CapdeLopezGonsalves& deSainte Catherine. Le Cap Verd qu’on trouve à l’extrêmitéOccidentale de cette côte, est à quatorze degrez vingt &une minutes de latitude, & à trois degrez de longitude. Atrois lieuës de-Ià,en tirant vers le Midy, est un village nom-mé Refrifco, puis celuy de c ammo,&c en avançant trois au-tres lieuës vers le Sud-Eít,on vient à Enducura,ensuite à Gui-meheri, d’où l’on arrive au village de Vanta & à Porto d’Alé ,qui est à douze lieuës de l’Ifle de Goërée. A l’Occident dePorto d’Alé est une pointe nommée par les Portugais Punto dç