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masse. I! a quatre-vingts aunes d’Eípagne de long, quarante delarge, & il est creusé de tous cotez de quatre-vingts coudées deprofond, de forte que trois cens Mineurs y peuvent travaillertous à la fois. On tire tous les ans des mines de Guancabelica,pour un million de livres d’argent-vif qu’on mene par terre àLima, puis à Arica, & de là à Potoíì. * Laet, liv. 10. chap. z<y.& \o.
GUANA. Petite Isle de l'Océan Oriental en Asie, nomméepar les Espagnols Ijle de suint fetm. C’est l’une des Marianes,& la plus avancée de toutes du côté du Sud. Elle est à 13.degrez de latitude Septentrionale. Louis de saint Victor luidonne trente lieues ou environ de circuit, & dit qu il y aplus de cinquante villages. Sa longueur est de douze lieues, &fa largeur de cinq. Les Espagnols y entretiennent une petitegarnison, atin de la tenir en état de fournir des rafraîchis-semens à leurs vaiííèaux lorlqu’ils vont du Mexique aux Phi-lippines.
GUANAHAMI. L’une dés istés Lucaies, la premieredetoutes celles du nouveau monde, trouvée par Christophle Co-lomb, & appellée San Salvador. Elle est à la hauteur de quin-ze degrez ct de quarante scrupules, pleine d’arbres & four-nie d’eau douce. Son port est commode au côté du Nord, oùelle décliné vers l’Ouest. Les Hollandois disent qu elle estéloignée de Triangulo vers le Nord-Ouest de seize lieues ,de la ligne vingt-quatre degrez & cinquante scrupules , &qu’elle ne porte que des Palmites & des arbrisseaux, * Laet,Descript. des Indes Occid. liv. i. chap. 16.
GUANAIAS. Istes du Gouvernement de Hondure,quien bordent le rivage entre le Nord-Est ct? le Sud Ouest, & quiont pris ce nom commun de l’Iste, appellce proprement Gua-naia. Celle-ci est opposée au Cap de Hondure, vers le Nord-Ouest , & elle en est à six ou sept lieuës. Elle va en penchantvers le Nord, & le rivage n’y a point de Havre. Vers le Sud-elle a deux Ports , où il n est pas facile d’entrer, à cause desrochers & des bancs de fable. Cette Iste est habitée aujour-d’huy par des Sauvages & par quelques Espagnols, ct l’on ytrouve des brebis, des poules & des perroquets en abondance.Christophle Colomb qui fut le premier qui la découvrit,l’avoit appellée Yifle des Pins , à cause de la quantité de cettesorte d’arbres qu’il y vit 5 mais elle a retenu juíqu’à présent lenom sauvage de Guanaia . De cette Iste jusqu’à celle d eGuayavaou Gnyama , on compte trois ou quatre lieues, & six jusqu’àVtihi qui a cinq ou six lieuës de circuit, & qui est toute baffe& pleine de bois. II y en a quelques autres plus petites quiaugmentent le nombre des Guaianes ; fçavouGaaydix , Hden& SanFrancifco.Tou.tes ces Istes remplissent le Golfe de Gua-naias qui est dans le fond de la Baye de Honduras. II com-mence à la pointe del Negro On transporte dans ce Golfe furdes mulets, les Marchandises de l’Audience de Guatimala,pour les charger fur les vaisseaux d’Efpagne qui ont coutumed’y arriver tous lès ans. * Laet, Indes Occidentales , liv. 17.chap. 18.
G CANAPE. Vallée du Perou dans la Province de Lima.Garcillassus l’appelle Huanape. Elle est à sept lieuës de celle deChimo , ct a été autrefois fort peuplée. La bonté d’une boissonappellée chic a , qui se faisoit dans cette vallée, la rendoit cé-lébré. Les Indiens y sont à présent en petit nombre. Il y a unPort où les navires qui viennent de Panama, ont accoutuméd'aborder pour prendre ce qui leur est nécessaire. * Laet, ind.Occid. liv. 10. chap. aï.
GUANAPE. Porc du Perou sûr la côte de la Province deLima. II est à sept lieuës de celui qu’on nomme el Arrefife deTruxillo , selon ce que rapporte Piedro de Cieça, qui dit qu’ilest distant de la ligne de huit degrez vingt scrupules du côté duSud. * Laet, lnd. Occid. liv. 10. chap. 3r.
GUANCABELICA. Ville du Perou, située à quatorzelieuës de celle de Castro Virreyna. Laet, dans fa Descriptiondes Indes Occidentales, liv. 10, ch. 30. témoigne que ceux quiavoient vû cette ville dans le temps qu’il a écrit, disoientqu elle surpassoit les autres en opulence, & qu’elle étoit habitéede deux mille Espagnols , & de beaucoup plus d’Indiens quitravailloient aux mines. Ce qu’il ajoute d’une fontaine qui estproche de Guancabelica est fort singulier. Son eau est fort chau-de,& se forme en pierre à mesure qu’elle sort. On se sert beau-coup de cette pierre pour bâtir, à cause qu’elle est extrêmementmolle, & qu’elle se taille aussi facilement que d u bois. Quoi-qu’elle soit fort legere, elle n’en dure pas moins ; mais aucunhomme ni aucun animal ne peut boire de cette eau fans enmourir, parce qu’elle se convertit aulïï-tôt en pierre dans lesentrailles. Voyez, dans l’articlc de Guamanga, ce que le mê-me Laet rapporte des mines de vif argent de Guancabelica.
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GUANCHAQUO. Port de l’Amerìque Merid»«J» 1 *dans le Perou. II est fur la côte de la mer Pacifique, àlieuës de la ville de Truxillo. .
GUANCHAS ou Guanchios. Anciens habitans des ssL’nommées Canaries .On voie peu de leurs Descendans.ct 1 °?^nombre qui en reste a quitté leurs mœurs farouches ctfauvr»^pour s’accommodei à la maniéré de vivre des Espagnols, h ;^environ quarante ans qu’un Médecin qui en avoit passé pl uSvingt dans liste de Tenerife, se mit en voyage le dudc Septembre , & partit de Guimar ville habitée pour st P 1 .grande partie de ces gens-là qui rapportent eux-mémes 1 ^origine aux anciens Guanchios. II étoit accompagné deques-unsd’enti’euxquile menerent visiter leurs tombeau*voir les corps qui y étoient enterrez. Cette grâce est s®ë , ’ '& ils ne l’accordent jamais qu’en reconnoislânce de q uelt lservice fort considérable, parce qu’ils ont une grande vene .tion pour les cadavres de leurs prédécesseurs, ce qui lp s e -pêche de vouloir troubler le repos des Morts, qu’ilsnent devoir être interrompu par ces sortes de visites. Co® ^ce Médecin avoit guerj par charité plusieurs de ces gens ^ (font extrêmement misérables, quoiqu’ils fasient consister I e .plus grand malheur à être sujets des Espagnols, & quilfait parmi eux des cures considérables, ils ne firent pas uiufculte de lui montrer ces tombeaux 3 car il y va de la vie p"un Etranger, s’il entreprend de les visiter de lui-mêwe- ®cadavres font cousus dans des peaux de bouc avec des ban ^de ces mêmes peaux fort proprement travaillées. Ces p e<1 .font accommodées de telle forte , & joignent si exacte"®.^tout à l’entour, qu’elles y semblent colces par dessus. La P ll hpart de ces corps font frais & entiers. Les cheveux tiennesla tête, les yeux font fermez & les oreilles dans leur en" c ,jainsi que le nez, les dents, les lèvres & 1a barbe ; de forte q u £ne les regarder qu’interieurement, on ne remarque d’a u fdifférence entre les parties de ces corps inanimez & celles Lcorps vivans, qu’en ce qu’elles ont un peu changé de co® e ’& fe font ridées. Ce Médecin en vit trois ou quatre en div 3caveaux. Les uns étoient debout, & les autres couchez su* -lits de bois qu’ils ont l’adresse de faire si fort durcir, que lache la mieux affilée n’en íçauroit rien détacher,n’ayantpo®^prise sur ce bois-là. Tous ces corps font forts legers, & on ®cerne cres-distinctement dans quelques membres rompus, .nerfs, les tendons & les tuyaux des veines & des artères,vant le rapport des plus anciens de ces gens-là, le secret dbaumer les corps & de faire durcir le bois.n’étoit autre' 0connu qu’à une race particulière, qui le tenoit caché co®®,quelque chose de saint, sans savoir jamais voulu com® unquer à personne. Ces gens-là vivoientíans aucun com® e favec le reste des habitans, nc íè mariant point hors de leuL®,mille, & servant comme de Prêtres pour le Service div®'mais ils furent dissipez pour 1 a plupart, quand les Eíp2g°°„s’emparerent de cesífles. Le secret périt presque avec eux »il n’en demeura que quelque tradition d’une partie des <®° clès, dont ils se sèrvoient. Ils prenoient du beurre de che®mêlé, selon quelques-uns, avec de la graisse de porc , 1 .
gardoient dans des peaux, le. faisant fondre, & boiiilli r 3V ^certaines herbes, & entr’autres une espece de lavande sauva?qui croît-là en quantité sur les rochers. Ils y ajoûtoient *®herbe, appellée Lara , d’une substance fort gommeuse ct ® Sgluante, qu’on ne trouve à présent en aucun endroit que s°,la croupe des montagnes de l’Ifle de Tenerife 3 une espececyclamen, & de la sauge sauvage, qui y croît en abondas® 'Toutes ces herbes pilées & cuites dans du beurre, fais°®un baume excellent. Ensuite, aprés avoir tiré les entra®du cadavre, ils le lavoient plusieurs fois avec une leflïfest 1 ^d’écorces de pin, & lefaisoient sécher en Eté au Soleil, ^ fHiver aux étuves. Enfin ils le frottoient par dedans & p ar ^hors avec ce baume, & le faisoient sécher de nouveau, ,qu’ils réïteroient plusieurs fois jusqu’à ce que le baume■ 0bien pénétré de toutes parts > & que le corps en fut imb® ’qu’il fùt devenu leger, & que les muscles parussent dans t0 .tes les parties à travers la peau qui ne manquoit pas à fe .rer beaucoup. Enfin ils cousoient dans des peaux de b° .ces corps embaumez 3 ceux des pauvres gens dans des P câ ^rudes & non préparées, & ceux des riches dans d’autres P ei qj Sextrêmement propres. Les anciens habitans rapportentont plus de vingt tombeaux de leurs Rois ct des plus dlninPersonnages qu’ils ayent eus, dans lesquels ils sont ente**avec tous ceux de leur race. Ces tombeaux ne sont con ^qu’à eux seuls , & ils en font un si grand mystère, ss u , ur jles montrent à qui que ce soit. Us faisoient anciennement I e ^lances de ce bois durci, parce qu’ils n ayoient aucune cor® 0