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nois, de donner plusieurs têtes à leurs Dieux. Xaca en a trois,& le Dieu Canon sept, qu’ils lui peignent fur la poitrine. LeVieillard ou Sage du pays, qui aide aux deux Rois à tenir laqueue du serpent, a un petit dragon sur la tête. Ses oreillesíòntd'un Satire , & fa barbe d’un Philosophe. Le cercle qu’ila sur le front fait çonnoître que le temps n’a ni commence-ment ni fin. Au pied de l’Arbre, un homme dans l’eau jufqu’àmi-corps, représenté le Soleil. Les poils dc fa barbe & sescheveux font une infinité de filets d’or que l'on prétend êtreautant dc rayons. Ses mains font garnies, lune d’un faisceaude poinçons, Se l'autre d’un fer pointu, qui lui sert commed’aieuillon pour faire tourner la tortue, mais quelque peineq u il prenne, elle est mille ans à faire son tour.
L’occupation la plus ordinaire des Moines du Japon, c'estd’enterrer les personnes riches , de prier dans les Temples &de prefeher le peuple tous les quinze jours, ou au moins tousles trois mois. Ils font leur soin principal de l’étudc de la Mo-rale, & le Supérieur qui instruit lui-même les Novices, leurfait des leçons avec beaucoup d’assiduité. Ces Religieux don-nent tous les jours quelques neures à la méditation, qu’ils ap-pellent Oraison mentale, & les jeunes sont obligez d’en ren-dre compte par écrit, au Supérieur, qui les loue ou qui lesblâme, selon qu’elle lui paroît bonne ou mauvaise. II les faitprefeher de temps en temps fur un texte qu’il leur donne, tan-tôt fur les peines de l’Enfer. tantôt fur la Mort, & tantôt furles délices dont ceux qui sont morts en grâce jouissent en 1 au-tre vie. Comme les Japonnois donnent tout au faste, ces Moi-nes ne prefehent que dans des chaires entourées des plus beauxtapis qui se fassent en cepays-là. On y monte par un escalier,qui est d’ordinaire au côté droit, le tout d’un ires-beau bois,travaillé par les plus habiles Ouvriers. Du même côté est lepupitre, où le Prédicateur met le Livre nommé Foqueqmum ,qui lui a fourni son texte, & de l’autre la statue du Patriarchede son Ordre. Le dossier de la chaire est attaché à la muraille,ou contre un pilier qui soutient le dais d’un côté , & qui estsupporté à droite & à gauche de deux autres moins maflìfs.Ccdais est fait en forme de pavillon, & de chaque côté pend unelampe ardente de quatre lumignons chacune. Les Prêtres fontcomme retranchez dans le parquet qui est au bas de la chaire,où l’on voit monter le Prédicateur dune maniéré grave quandle peuple est assemblé. II tient un éventail à filets d’or dans scmain droite, & il est coëffé d’un grand parasol de soye fine,nuancée de différentes couleurs. II demeure quelque tempsfans rien dire, regardant son auditoire d’un air fier. Ensuiteil jette les yeux fur lui-même, faisant comprendre par ses ges-tes qu’il doit être regardé comme étant fort au dessus des au-tres nommes. Aprés toutes ces grimaces, il sc scit faire silenceen sonnant une clochette qui pend au dossier de sa chaire, &lit son texte dans leFoquequium, ce qui étant, il ferme sonLivre, & entre dans la matière qu’il entreprend de traiter. Laplupart prefehent avec beaucoup d’éloquence, d’érudition &de netteté. La conclusion de ces discours, est pour l’ordinaireune exhortation à la charité, c’est-à-dire , à répandre des au-mônes libéralement dans leurs Convens, en reconnoislincedes biens spirituels que les saintes âmes qui les habitent ver-sent sur les pécheurs, qui doivent obtenir par là le pardon deleurs, offenses. Les Auditeurs sont en fi grand nombre, que lesTemples, quelque grands qu’ils soient,ont peine à les contenir.Le Sermon fini, on sonne une cloche,qui est pour eux un signal,afin qu’ils sc mettent à genoux, ce que fait aussi le Prédicateur,qui prie les yeux levez au Ciel,en disant son Chapelet,pendantquoylesAffistans prononcent de temps en temps le nomd’Ami-da , de Xaca ou de Canon, scion la confiance qu’ils ont en cesDieux,criant de toute leur force, Bonne-nous le falut.xc qui s’a-dressèlepJus ordinairement à Amida.Pendant qu’un desMoinespresche, la plupart des autres font assis fur les marches de l’Au-tel , les yeux baissez, les mains dans leurs manches, & tout lecorps dans une posture fort modeste. De quelque ordre qu’ilssoient, ils conviennent tous que nul ne içauroit être sauvéque par Je Livre de Foqueqmum ; mais hors cette opinion com-mune , ils diffèrent en bien des choses.
On compte au Japon douze Sectes de Religieux. Ceuxqui prennent pour JeurPatron Guannon , fils du Dieu Amida,prétendent être bien plus saints que tous les autres. Pour scfaire croire tels, ils marmottent incessamment fur chaque grainde leurs Chapelets certaines paroles,qu’ils disent être dc gran-de efficace pour leur sanctification & pour celle de leurs amis.Chaque Ordre a son habit particulier. II y en a qui sont ha-billez de noir, quelques-uns de gris, & d’autres d'une autrecouleur ; mais ils font tous consister l’esscnce de la Religionen ces cinq Commandemens, de ne point tuer, de ne point
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commettre d’adulterc, de ne point dérober, de netir & de ne boire point de vin. Ceux qu’on estime * £ “^ r esont de l’Ordre de Combadoxis, dont îe plus grand n ° tra jteest dans la Province deCoja. Leur réglé porte une r c q (fort scvere, fans qu’ils puissent converser avec le m ° nCombadoxis leur Patriarche étoit un homme rusé & v ^hipocrite, qui sc sentant proche de sc fin, quoiqu’il n epoint malade, s’enferma dans une fosse tres-profonue-^j.défenses à qui que ce sot de l’ouvrir, en quoy il 0 jtJAinsi on a crû depuis ce temps-là qu’il n’étoit point ^mais qu’étant las des incommoditez de la vie, il s’etotf ^mé dans cette fosse pour s’y reposer, & qu’il ressusciter . ^bout de dix mille fois mille ans. Les Moines deN £U 8 01 , )eles plus haïs de tout le Japon. Leur Patron est cuci 1 -^ ^lieu où ils sont en plus grand nombre s’appellc Fut^ aC j e nComme ils n’ont point de Supérieur, ôcqu’ils ne peuvcn ^conclure si toutes les voix ne sont d’accord » ils terminesouvent leurs differens à coups de sabre, le droit de u S j tSdemeurant à ceux qui sc trouvent les plus forts. Ce .jjjfait subsister, c’est qu’ils aiment le métier des arme?, &le fpvent mieux que personne. Leurs Constitutions J. „{qu’ils soient divisez en trois classes, & c’est ce qu’ils ob ,,assez bien. Ceux de la premiere font les choses qui c< ?j s0 ntnent la Religion. Ceux qui travaillent aux ai mes jj s lJbesoin, sont dans la seconde. Leur tâche est réglée, ^fournissent ponctuellement. Les autres «'exercent à b §**
& vont chercher les occasions de sc signaler. L’Ordre ueois est Je plus puissant, le plus qualifié & le plus j j{o/>rend à leur General les mêmes honneurs qu’on rend à un y,& peu s’en faut même qu’on ne l'adore comme étant unIls ont le privilège de manger de tout, & même de fe ^yefl 5ce qui est défendu aux autres. Quelques-uns de leurs L° ^sont de fondation Impériale, & leurs revenus sont fí f Q pttrésors de l’Empereur, ou fur les impôts des villes ou 1 ^bâtis. C’est en des endroits qui conviennent d'eux-m clB > 0 uplaisirs des sens, & où fe trouve avec abondance tout ce Hpeut souhaiter. Quoiqu’il y ait beaucoup de déregscm £nmi ces Moines, on en voit de réformez qui vivent £ N ^munauté, & qui menent une vie assez exemplaire. Us * e > [ 3 ltà minuit, & prient en commun chantant devant unexprès, les Hymnes & les Cantiques du dernier Livre d e ' ^appelle Foqueqmum. Le soir ils s’assemblent tous P^^jsiun sujet de méditer , dont ils rendent compte le len d . qii®au Supérieur. Les Icoxuans enseignent qu’on n’a b? ^ scjb etdes mérités d’Amida pour être sauvé. &que c’est luila gloire qui lui est duë, que de croire que l’homme 1 £ ypar ses propres œuvres, ce Dieu étant le seul capable ^procurer le salut. Le General de ces Moines est u reveldés qu’il est revêtu de ce caractère, les peuples coures y*lui, pour lui demander sc bénédiction à genoux & op-ines. Les Legi-Oxi ont des Religieuses de leur Orm Vc5pellées Hamacutes, auíquelles ils servent de Directs ‘ ^ojJamambuxes font un Noviciat de soixante jours,ils font profession entre les mains du Diable, qu’ils dil £ lr papparaître au bout de ce temps sous une forme hid cU ‘ 0 uppopulace a grande confiance en eux , & leur faitd’aumônes, afin qu’ils soient leurs intercesseurs. L eS Hur-les plus austères sont ceux qu’on nomme de I’onziém e . 0 (efII leur est enjoint par leur règle de «'abstenir de toutesvivantes, & du commerce des femmes. Les Magim^.ont soin d’examiner leur conduite, les font punir tres-l‘ment quand il leur arrive de manquer à leurs Conssi tU ^,Leur supplice est d'ëtre mis ;usqua la ceinture dans ul,eoù les paflàns leur scient le cou avec une scie de boisj# cchacun n’est obligé que d’en donner un coup au pati £rlC ’ jjípeine dure souvent jusqu’au quatrième jour. Cesvivent que de légumes, de ris & d’eau ; & étant b P ce*d’une naissance considérable, & mis par leurs parensCloîtres pour décharger les familles, ils font en grands,^ration auprès des peuples. II y a du moins autant de Lpour les filles que pour les hommes. |>gtí r '
Apres ceux qui sont employez au gouvernement de ^& à maintenir la Religion, les Nobles & les Bourge 01 *^nt le troisième rang. Entre ceux cy , il y en a b^
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qui ayant vieilli au service des Rois sont recompenyleurs mérités. Aprés ceux-cy sont les Marchands & le ^ 0 plscns qui sont ordinairement habiles en leur metier* Je
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l'Imprimerie. Les paysans qui sont en grand nombre c edernier corps de l’Etat. Ils font obligez de vivre aude ceux qui sont le plus en pouvoir de les faire subisss '