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petits. Ainsi les peuples du Japon étant obligez de suivre leursPrinces par tout où ils vont, les grands chemins étoient tropétroits pour la multitude de ceux quialloient & qui venoienr.Naugancoya,au lieu du petit Royaume de Tango obtint celuide Bungo l’un des plus grands du Japon. Fucuídma eut pourrécompense le beau Château de Firoscima avec toutes ses dé-pendances. Cainocama obtint le Royaume de Cicugen , &quelques Chrétiens de diílinction , qui s étoient le plus si-gnalez, eurent de bellesTerres au Royaume de Mimaraca. Lestroubles étant appaisez.Dayfusama prit le nom de Cryísiosam-ma, & fit ion séjour ordinaire à la ville de Surunga, où lesPrinces Etrangers l’envoycrent féliciter en i6n. fur son ave-nement à I’Empire. Cet Empereur laiíîà au Dayro tout l’exte-rieur de la grandeur qu’il avoit auparavant , & le Dayrovoyant qu’il lui étoit impoísible de mettre obstacle à cetteusurpation, changea en si faveur la qualité de General d’arméeen celle d’Empereur. Les Japonois ont encore présentementle même respect pour lui, & ne souffrent point qu’on lui cou-pe les cheveux, ni la barbe, ni les ongles, ni qu’on apprêtece que l’on doit servir sur à table que dans des pots neufs.Depuis la révolte de tant de Généraux d’armées qui se sontfaits Empereurs, il n’a plus eu de puissance que sur l’Egli-se, dont il est le Chef souverain 8c universel. Quelque in-justice qu’on lui ait faite, les Usurpateurs de l’Empire neJaiíîènt pas de lui faire des presens > 8c de lui rendre une espe-ce d’hommage de l’autorité de l’Empire ,dont ils l’ont privé.La plus grande marque de respect parmi eux, est de rom-pre la taílè où ils boivent & d’en garder les morceaux. LesEmpereurs observent cette cérémonie dans les visites qu’il sfont au Dayro tous les cinq ou six ans en partant de J edo oùils font leur résidence pour venir le trouver à Meaco ,qui enest éloignée de plus de six vingt lieues. Ce Prince est vêtud’une robe noire avec un collet rouge, & porte fur fa robecomme un camail à plusieurs plis. Autour de ion bonnet pen-dent plusieurs touffes comme autant de petites cloches. Troiscens soixante & cinq Idoles font tour à tour sentinelle devantson lit, chacune veillant sur sa personne le jour qu’on la meten faction, de forte que lorsqu’il arrive quelque changementau Dayro, c’est à l’Idole que l’on s en prend , & aprés qu’onl’a foiietée, on la bannie du Palais pour cent jours. L’Archi-prêtre appellé Ninxir , faco ou Xaco, a le même privilège , &se fait garder par autant d’Idoles qu’il y a de jours en l’an. IIest au dessus des Evêques nommez Tondes en Japonois, 8c iln’appartient qu’à luy de les consacrer. Le Dayro est assis ordi-nairement sur un Trône extrêmement élevé , à l’un des cotezduquel est un sabre suspendu, & del’autre un arc & cícs flè-ches. Son front est peint de blanc & de noir, & il a aux mainsdeux grosses touffes de soye. Quelquefois il porte une chemi-se de soye noire sur une robe de pourpre, & par dessus uneautre de soye fort déliée. On ne peut jamais luy ôter la vienon plus que fa dignité de grand Prêtre, à moins qu’il n’ait tuéquelqu’un , ou qu’il ne se soit fait couper les cheveux ou ro-gner les ongles. Ses Conseillers sont nommez B ungis. Us com-posent avec luy le sacré College qui décide tous les points déReligion, les Livres saints, n’ayant aucune autre autorité quecelle que ce College leur attribue. 11 n’y a que le Dayro quipuille donner des titres nouveaux a la Nobleíìe, ce qui luy vautplusieurs millions, les Nobles de ce pays n’épargnant rien pouren obtenir. Ainsi quoy qu’il n’ait ni terres ni revenus, ce Prin-ce est tres-riche , n’y ayant presque point de Rois qui n’entre-tiennent des Ambaisadeurs à fa Cour, & qui ne luy frisent desort beaux presens une fois Tannée. 11 a douze femmes logéesen douze Palais, bâtis dans une rue qui va à celuy où demeu-re le Dayro, & accompagnez de plusieurs belles maisons pourses concubines. On fait la cuisine dans tous ces Palais, ëc lesviandes sont apprêtées dans des vaisseaux de terre qui ne ser-vent jamais qu’une fois. On les porte fur le soir au Palais decelle avec qui le Dayro doit coucher cette nuit là, Sc en mê-me temps les autres s’y rendent pour se réjouir avec elle del’honneur qu’elle doit avoir. Quand une de ces femmes accou-che dufils aîné du Prince, on choisit quatre-vingt des plus bel-les femmes de l’Empire & des plus qualifiées pour être nour-rices. On les présenté aux douze femmes du Dayro , & à neufPrinces de ses plus proches païens,qui pourraient luy succédersaute demâles.Ces Princes 8c ces douze femmes leur font don-ner des titres extraordinaires,&les régalent pendant tout un jour.Le lendemain qn réduit ce nombre à la moitié.Le pur suivanton le réduit à dix,puis à trois,&aprés trois jours paíîèz en céré-monie, 8c à renvoyer celles qu’on exclut chargées de presens,on en choisit une des trois dernieres, à laquelle on donne avecplusieurs autres titres la qualité de Nourrice du Prince, Pour
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î’établir en cette fonction , on la fait entrer dans la chatnhse ^l’eníant, qu’elle trouve entre les bras d’une des premierpays, qui l’a nour'ry depuis qu’il est né, A dans la bouc»quel on luy fait jetter cinq ou six goûtes de lait, aptes H
il est mis entre ses mains.
font
Quant à l’Empereur, les Soldats qui sont à son service ^presque tous de Famille Noble. Ils portent de petits ca fl ^fur la tête, & ont de longs haut-de-chaustès. Us sont fl»Ç <L ffois armez de mousquets longs, quelquefois ils en ont de 1courts, avec deux sabres qui pendent à leur ceinture - ^court 8c l’autre plus long. La poudre dont ils se ^ cive0 o ll cs,dans des boëtes de nattes quavrées & fort proprement ti ^Le Conseil d’Etat est composé de plusieurs Seigneurs fl uí e<chacun leur fonction particulière, à la réservé des quatre i ^miers qui ne manquent point de se trouver tousses j° urS j- ( , n cCour pour parler d’affaires à l’Empereur. Tousses aUt J eS eV e>si riches, que quelques-uns ont plus de deux millions “ e . r j fC snu, ses autres trois ou quatre cens mille écus, & ses 01010 j e atcent ou deux cens mille livres. S’ils ont un grand revenu > rdépense n’eft pas moindre, puisqu’ils sont tous oblig ez u 1 aferla moitié iseJ’année à Jedo, où celuy qui paroit sePle plus de part mx bonnes grâces de i’Empercur. Les p r0 -qui ont leurs Piincipautez & leurs Seigneuries dans ses ^vinces Orientales & Septentrionales du Royaume , pa» e0 ^premiers six mois de Tannée à la Cour, & dans ses aUtr ^vchmois, on y voit ceux qui demeurent dans ses Provincesdentales & Méridionales. Ils font des presens fort con» jblés à TEmpereur en arrivant & en partant, & il y en 3 quiviennent avec une fuite de cinq ou six mille personnes, ce ^ sincommode les plus puiíïàns, & ruine ses autres. Qss a ff" p zfont bâtir quelque Palais > ils y font faire ordinairement ^portes , dont Tune est beaucoup plus grande que Tau» ’oeStoute faite de menuiserie.couvertc d’un beau vernis à ft il» ^& figures d’or, Elle est pour 1e seul passage de l’Empcs £Udés qu’elle est achevée,on la couvre d’ais contre Tisonstemps, Scelle n’est découverte que lorsque ce Prince d» Jt jpnorer de sapresehee la maison de ce Seigneur en y y en . an pa r-ner. On la condamne pour jamais aussitôt qu’il est i° rtl j-yiîi-ce qu’clle serait profanée,si un particulier y paííoit apréspereur. On employé trois ans à disposer ce qui est nece ^pour ce festin, & on fait faire toute la vaisselle & toUS u ’oflmeubles aux armes & aux chiffres de ce Prince, fans fl ^les faste servir aprés cela, parce qu’on les regarde coww £choses qu’on doit garder précieusement. , n dd*
Les Grands ne prennent point de femmes, 6 ce n’est ^main de TEmpereur. Celuy qui s’attend à cet ‘ honneur »bâtir un Palais exprès pour la loger. 11 le meuble riche 1 » ^& lui donne un grand nombre de femmes & de fillesfaire compagnie, 8c pour la suivre. Les femmes ne ^qu’une fois Tannée pour rendre visite à leurs parens, &on les voit dans la rue avec une fuite de quarante ou cl . nC j-][eSte palanquins couverts, dans lesquels on porte autant cse ^d’honneur, accompagnées chacune de leurs suivantes ^mes de chambre, qui marchent de file des deux c0tcZ Lftepalanquins, vernis, dorez 8c embellis d’or de rapport. Le ^de Tannée, elles demeurent enfermées dans la maison, k_ nS . - (gaucun homme, s’ìl n’est de ses plus proches parens. L e „ ^ jfait rarement, 8c en la présence du mary, qui de son c °-fî c ,foin de luy faire trouver dans fa retraite tous ses csi veI s j c smens qui conviennent aux honnêtes femmes. 11 luy don» {í -parcs 8c des jardins pour la promenade, des étangs & d eservoirs pour la pêche , 8c la Musique 8c la Comédie fl ueste veut. , e ti
Quoique les Japonois ayent autant de femmes q uí [gveulent, il n’y en a qu’une de légitimé 8c qui mange av tmari, toutes les autres étant obligées de la servir. Us P ren tfe s'garde fur tout que le mari & la somme ne diffèrent fl U r/WKpeu en âge, en biens 8c en qualité. Toutes choses étant d 1 ^fées pour le mariage, on va de grand matin chez l'un & fcl’autre , qu’on met chacun dans un xarroste tiré par des bou.par des chevaux, puis on ses méne hors la vilse aU |°plusieurs inítrumens, fur une certaine colline, où c ^ aCtI u >jlspar des chemins differens au milieu d’une grande souse > A (jj,auraient peine à percer , si des Archers ne sendoient la P* $Aprés le carrosse du Fiancé, suivent plusieurs chariots c,iade presens pour la Fiancée, qui les distribue à ses P areI l j n fíreconnoistànce de la peine qu’ils ont prise de Télever. (un pere est riche à proportion du nombre de ses fiH es > v qíisi elles sont belles,celles-ci étant mises à un plus haut pr 1 *' $les marie rarement plus tard qu’à quinze ou seize ans.avant que d’arriver à la colline, la Fiancée sort de so sl carr