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qu’on fait de dépense par ostentation aux funérailles des ri-ches qui coûtent jusqu’à trois mille ducats aux personnes dequalité , & deux ou trois cens aux Bourgeois, autant la mortdes indigens est suivie d’opprobres.Les Bourgeois ne s’y trou-vent point, & on jette leurs corps fur des fumiers qui en fonttoûjours pleins, par la quantité de pauvres qu’il y a au Ja-son.
Le bannissement & la mort sont les moindres châtimens im-posez aux criminels. On les maflàcre à coups de sobre dans letemps qu’ils n’y pensent pas, autrement ils se défendraientjusqu’à ce que les forces leur manquassent. II y a néanmoinsune place où l’on méne les voleurs que l'on a pris, pour lesexposer à la risée publique, aprés quoy on les cloue à descroix qui sont hors la ville. Si quelqu’un est accise de ré-volté , on soit investir so maison, & alors on lui donne le choixde se poignarder luy-même, ou de se rendre. S’il résisté, il estrais à mort, luy & toute so somille, avec une tache d'insomiepour tous ses Descendans. S’il accepte le parti de mourir vo-lontairement , il s’ouvre luy-même le ventre avec un coûteau,& quand les boyaux commencent à sortir, il présenté sa tête àun de ses valets qui la coupe, aprés quoy on voit sortir lesmeilleurs amis du criminel qui s’entrebattent jusqu’à ce qu’ilstombent morts fur son corps. La même chose arrive en d’au-tres occasions, fur tout quand il s’agit de l’honneur. Les ensonss’entretucnt publiquement de la même sorte,pour des haines oupour des querelles domestiques.Le larcin,de quelque petite con-séquence qu’il soit, est puni de mort, & le jeu de hazard, & mê -me celuy d’adreffe est capital, quand on joue de Tapgent. Celuyqui tue, quoyqu’innocent & en sc défendant, doit aussi mou-rir irremissiblcment, avec cette différence que ces fortes decriminels meurent seuls, au lieu que les autres criminels ,pour concussion, fausse monnoye, incendie, meurtre prémé-dité & autres semblables, enveloppent tous leurs parens dansleur supplice. L’on emmene les femmes &les filles en servitu-de , & l’on confisque tous les biens de la famille. La mort desgrands Seigneurs est ordinairement accompagnée de l’execu-tion volontaire de vingt ou trente Vassaux ou Esclaves, quise fendent le ventre, s’étant obligez par serment à se faire mou-rir avec leurs Maîtres. II y en a même qui íçachant que leurMaître entreprend quelque bâtiment considérable pour luy oupour l’Empereur, le prient de souffrir qu’ils se couchent fousles fondemens qu’ils croyent rendre inébranlables par ce sacri-fice. II n’y a point de procez ni de Ioix de Justice chez les J aponois. On ne se sert ni de caution ni de témoins, & on n’yvoit ni prisons ni Juges , parce qu’on ne fçait parmi eux ceque c’est que citter des accusez, ni que se défendre. II n’y aque la voye des armes & la volonté des Rois qui tiennent heude Justice, leur puiísonce s’étend depuis le plus grand desSeigneurs jusqu’au dernier du Royaume. Gelledes Seigneursfur les Bourgeois, & des Bourgeois fur leur propre famille,est la même.
II n’y a point de lieu dans l’Europe où Tordre soit si beaupour Je negoce que dans le Japon. On n’y a qu’un même poidspour toutes sortes de marchandises séchesouliquides. Leurmesure qu’ils nomment lebìn est longue de six pieds, & divi-sée en six parties, chaque partie en dix autres.On s’en sert danstoutes les boutiques,& elle est sigenera!e,qu’ellesc trouve mê-me dans les rues des villes & des villages. Ces rues sont toutesd’égale longueur ; sçavoir de soixante Ichins, qui font environtrente toises, & soixante ruës font une lieuë du pays, ou millehuit cens toises. A la campagne toutes les lieues sont distin-guées par un petit tertre élevé exprès, & planté de quatregrands arbres sous lesquels les voyageurs sc reposent. On ob-serve la même Police pour les monnoyes. Les Marchands quien veulent avoir vont trouver les Fermiers des mines, & achet-tentd’eux Tor& Targenttels qu’ils sont Jorseju’ils en sortent.A prés cela ils leur font donner la forme & le poids réglé par Jetarif. Ensuite ils les portent aux Intendans des monnoyes, quiont soin de les peser ; & n’y manqua t’il qu’un demi grain dupoids qu’il leur faut, ces Intendans les coupent par la moitié,&les rendent au proprietaire.La maniéré de debiter la monnoyeen ce pays là, a quelque chose d’extraordinaire. Jamais on necompte ni l’or ni Targent dans le negoce, mais Tun & l’autrcfe distribuent sons être vus. Le Maître de la monnoye enfermel'ordans de petits sacs de deux mille livres chacun, & il y ap-plique son cachet, ce qui est cause que ces petits socs passentsouvent en deux mille mains, sons être decacnetez. Les grossessommes sc font par cassettes, où Ton met vingt de ces socspour faire quarante mille livres. Celles où Ton met Targentsont faites d’une autre sorte, Ik sont d’ordinaire de trois milleFlorins chacune. Cette maniéré de négocier, quoyque fur-
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prenante, ne laisse pas d’être extrêmement seure.temps où les foires font ouvertes, les mêmes marchandétant mises à prix par plusieurs, chacun l’écrit fur de P etmorceaux de papier, & il en fait un rouleau qu’il donne ^Commis de TEmpereur, dontTOffice est de les lire»distribuer les marchandises à celuy qui en donne le plu§-negoce se fait par écrit, afin que Tun ne puisse sçavoir c® j $l’autre en donne, & qu’il y ait plus de bonne foy. Les b? ^étant lûs, on livre fur l heure les marchandises au plias o:qui les paye aussi fur Theure par socs ou par cassettes see* ^Si un Marchand étoit convaincu d’avoir fraudé, les L? 1 *^pays font si scveres, que non seulement il serait p unl ’.r nS ,aussi tous ceux de so famille, & encore vingt de ses vol J. ’sçavoir cinq à droite, cinq à gauche , & dix de ceux q ul (vis-à-vis. Les Japonois n’ont que trois sortes de flio nn ^d’or, Tune de cinq, l’autre de vingt & la troisième .p QÍ .cinquante florins. L’argent n’a point de prix arrêté, mais ddinaireles Maîtres des monnoyes en font de petits sacs ouenferment fous leur cachet cette même somme de centquante florins. La monnoye de cuivre est percce.en fl ua , rre ^ r tle milieu , asin d’enfiler ensemble plusieurs pieces. On s en ç cpour des choses peu importantes. Les grandes sommas npayent qu’en or dans la partie la moins Orientale du J a P cmais du côté de Nangesoque, on ne voit presque rouler 1 ,.jde Targent dans le negoce des étrangers. Cela vient de ce ^est défendu sous de rudes peines de transporter Tor hofJapon. d ,
Entre les Fêtes des Japonois, celle de Gibon estplus folemnelles. On la célébré tous les ans au mois d’A°
& elle est dediée à l’homme. C’est ce que signifie Gih°°- j edresse des Théâtres pour cette fête dans tous les Carrefour ^la ville , &le peuple y accourt en foule dés le point du )° ,La cérémonie commence par une procession,à la tête de seff ^le marchent quinze ou vingt chariots tirez chacun par q uar ? n £hommes. Ces chariots sont remplis de jeunes garçons » Lles uns chantent, & les autres jouent des instrumens. L'o* 0 ^,ils represcntent chaque corps de métier séparément,paye pour celuy dont il est les frais de cette cérémonie-fuite on voit d’autres chariots couverts d’étofes de foy eme les premiers , & c’est où les belles actions de leurs y gsont representez. On traîne ces chariots lentement, & 1sent tous devant le Temple consacré au Dieu, dont on i-*fête. Sur le soir, on tire de ce Temple deux fort belles Ùres , dans Tune deíqueJIes est le Dieu, & dans l’autre se cí j.cubine. Ceux qui portent la littiere où est le Dieulent comme s’ils plioient sous le faix, afin de faire plus u $ncurà l’Idole, & de la rendre plus vénérable. Quelqueaprés on produit aufli la littiere de la Déesse qui est la se ulégitimé du Dieu Gibon. Sitôtqu’elle est hors du l^s& qu’on Ta avertie que son mari & la favorite la viennent vses Porteurs courent d’un autre côté , comme si un tran 1 ,de jalousie l’avoit obligée à leur en donner Tordre. L e ' j(pie touché de ces grimaces, blâme le Dieu, & aprés 3 splaint la Déesse, il la prie à genoux de ne point ren or L- ellson repos en prenant garde de trop prés à la conduite du Uson mary. La Déesse paraît adoucie par ces prières, & ypie marque de la joyede ce qu’il la voit dispofee à ne if l { ,souvenir de cette injustice, ce qui sert de signal à ceuxq ul ltent Gibon & so favorite, pour joindre sa littiere & retous ensemble dans le Temple, ce qui termine la Fête. ^ j eSII s’en fait une autre au mois d’Avril, & elle est 31111 j fi $plus folemnelles. On Tappelle la Fêtes des Maripnes, un v0 jtDieux de la guerre. Sur les deux heures aprés Midy »>£.paraître deux corps d’armée, dont chaque Soldat porte >u ^paule en forme de livrée T Image du Dieu, en ThonneU ^quel il sc va battre. Les deux armées étant en présence, 1voye des deux cotez de petits garçons à l’escarmouche- pde temps aprés on détache de petits escadrons volans > fl~ ua r)dfigent les uns fur les autres pendant que le reste avance. C- ^ils font à la portée du mousquet, chacun fait so décha r ë e ^,sc bat ensuite de plus prés, avançant toûjours fur Ten^jusques à ce qu’un des deux partis demeure d’accord q uvaincu. ^ ^ c uf
Les Icoxuans celebrent aussi une fête tous les ans à Tho . j ydu Dieu Amida. Le concours du peuple y est si grand,en a toûjours d’ctoufcz quand on ouvre la porte de leu r ^ u ]event, sons parler de ceux qui se fourrent exprès dans I 3 ^ jjpour être écrasez sous les pieds, ne doutant point q 11 l( cbelle action ne leur assure la vie bienheureuse Plus il en j ol j-de cette maniéré, plus la fête est grande , & la ferveur * e ^blée La nuit suivante, le peuple s’aísemble dans l’Efi xl ’