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Tome II. [E - O.]
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ronnec des autres cotez d’une plaine trés-fertile. Quoyqu’ellesoit tout à fàit déchûë de ce qu'elle a été autrefois, elle gardeencore le nom de ville. C’étoit un siégé d’Evêché du tempsdes Empereurs Grecs. Severien, grand adveríliire de saintChryfostome, & l’un des principaux de ceux qui conspirèrentcontre luy occupa ce siégé. On y voit une Mosquée, 8c un Hô-pital à côté, bâtis l’un & l’autre par Sultan Ibrahim, dont lecorps repose dans la Mosquée. Son tombeau est en grandevénération parmy les Turcs. Ce n’eíl qu’un coffre de bois cou-vert d’un tapis de toile peinte, qui traîne de tous cotez jusqu’àterre. II est orné de plusieurs chapelets dont les grains fontfaits de bois. O i voit dans cette Mosquée plusieurs grands en-censoirs , des chandeliers d’Autel, & d'autres ornemens qu’ondit être les dépouilles des Eglises Chrétiennes, loríqiie lesTurcs prirent Chypre. A côté de cette Mosquée est un trés-beau bain , avec un petit bois d’orangers à sombre deíquelsles Etrangers ont accoutumé de dresser leurs tentes pendantf Eté. II semble que Jebilée ait eu autrefois quelque commo-ditépour la navigation. On y voit encore une chaîne de gran-des pierres quarrées qui s’avancent un peu dans la mer, 8c quiparaissent y avoir été poussées plus loin , 8c formé unMôle. Prés de ce lieu - là sont plusieurs grands piliers demarbre granite , dont les uns sont fur le bord de l’eau , &les autres renversez dedans. Il y en a d’autres dans un jar-din prés du même lieu, avec des chapiteaux de marbre blanclrés-bien taillez, ce qui marque encore la premiere splendeurde cette ville. Ce qu’on y trouve de plus ancien 8c de plusconsidérable ce sont les ruines d’un tres-beau théâtre qui est àla porte Septentrionale. Il passe parmy les T ures pour un vieuxChâteau ,& ils prétendent, selon la maniéré d’exagerer desAsiatiques que ce Château a été d’une hauteur si prodigieuseavant íà ruine, qu’un Cavalier auroit pû avancer pendant uneheure de temps sous son ombre au Soleil Levant. Ce qui restede ce grand bâtiment n’a pas plus de vingt pieds de haut. LesTurcs ,aprés en avoir fait sauter une partie avec de la poudreà canon, en ont tiré une grande quantité de marbre dont ilsont orné le bain & la Mosquée. II n’en reste plus qu’un de-mi cercle qui a trois cens pieds d'étenduë d’une pointe à l’au-tre. II paraît dans ce demi-cercle une rangée de dix sept fe-nêtres rondes presqu’à rez de terre, Lt.il y avoir tout à l’entourentre ces fenêtres sur de grands piédestaux de grands piliersfort massifs en maniéré d’arc-bontans contre la muraille. Cespiliers fervoient d’ornement aussi bien que de support à cetédifice ; mais la plus grande partie en est renversée. II y a audedans une grande arene, dont on ne sçauroit prendre la me-sure à cause des maisons dont les Turcs l'ont presque remplie.On voit encore à l’Occident les sieges des Spectateurs dansleur entier , ainsi que les caves ou voûtes qui regnoient toutautour du Théâtre. La muraille exterieure a plus d’onze piedsd’épaisseur, & est bâtie fur de grandes pierres fort solides. Sagrande force fa garentie jusques à présent des ruines du temps,8c de la destruction generale que les T ures portent dans la plu-part des lieux où ils passent? Voyage d’ Ales a ferusalem. en 165)7.

JECHIEN. Royaume dans le Japon , avec une ville quiporte auffi le nom de feebien , en Latin feebinum. Elle est si-tuée fur la côte Septentrionale du J etsengen, contrée de l istede Nyphon. * Maty,D itt. de Holl. 1701.

JECKER. Riviere qui arrose le pays de Liege , en Latinfecora. Elle passe à Borchwora , à Tongres & Mastricht, oùelle se décharge dans la Meuse.

JEDBURG. Ville d’Ecoffe dans la Province deTivedailou Teviotdale. Elle est située prés du confluent des rivièresd’Ied & de Teviot, & députe au Parlement.* Davity, Tei-fidale.

JEDO, ou Indo. Grande ville du Japon, dans la Provincede Quanto , située à trente-cinq degrez trente-huit minutesde hauteur, & tout proche d’un Golfe de la mer Mcditerranée.Les bancs de fable & les écueils qui sont devant, n’y donnentaccez qu’aux petites barques. Quoyque le Golfe ne soit pasprofond, il ne laiflè pas de fournir de soles, d’éperlens, d’huî-tres & d'anguilles. Cette ville est si peuplée qu’elle formecomme un petit monde. Le Siégé de l’Empire qui étoit àMcaco , y a été tranferé. Elle n’a ni murailles ni remparts, cequi est commun dans les autres villes. Les rues qui sont tou-tes dans une distance égale , ont chacune cent quatre-vingttoises de long, 8c au bout on trouve une porte qui est éclairée& gardée toute la nuit. A chaque porte il y a un Chef qui cna le soin , & qui fàit un rapport exact de tout ce qui s’ypaílè au General du voisinage.^ La plupart des maisons n’y sontfaites que d’argile, mais revêtues de bois en dehors contrel’humidité. Les Palais des Grands sont en grand nombre &

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d’anetres-belle structure.Entre les beautez qui les difouZ ^il y a plusieurs portes qu’on ne peut voir fans forpr» e xtout la principale, qu’on nomme La Porte de l’Empere:v > ‘se qu’ily est entré par cette porte, la coutume étant que ‘jjj'jftles Grands Seigneurs font bâtir quelque Palais, íitô; st u j een état d’ètre habité , l’Empereur y vient prendre u ”, pjjti,que le propriétaire luy fait préparer. Aprés qu’il en elt ^on condamne par respect la gran.se porte par laquelle » * r'afinque personne n’y puisse jamais passer aprés luy. Sjs r ì -^ ite de Je do par mer,on laisse à gauche la montagne de cS

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qui elí fort haute, 8c par tout couverte de tres-beaux afo reS

qu’on attribue à une source,dont l’eau serpente tout a i e ‘ i(en tombant dans un précipice, qui semble avoir été creU ,, r Jísa chute entre deux coteau* sur l’un desquels est ul ] e j j e \iplaisance, appellée la Tout de l’Empereur , & au pí e “ j £montagne un Temple qui luy est consacré. Ce Tew?tres-beau , 8c dans une telle vénération, qu’il n’y a qu e ^pereur, ceux de son sang, 8c s Archibonze qui ayent £ |j 6ge d’y entrer. La riviere de Tonkaw paílè par Jedo, juJf

coule sous un pont de pierres à neuf arches vers la met» J eI) sProche de cette riviere s’éleve une Tour , haute de st uat í j 0 ijísoixante A huit pieds, où douze cens Soldats font la& nuit. L’Arsenal est situé à l’Orient, & presque for E }ligne du côté de l’Occidcnt, il y a trois Temples ue jFotoques, aux Diables 8c à Camis. Ces mots de8c de Camis sont des noms généraux que donnent le* J ve-nois, le premier áux Dieux dont ils attendent fEtern"^^heureuse , 8c l’autre à ceux dont ils n’attendent que ssjs ^temporels, comme des enfans bien nez , des riche» 55 s v j ||chonneurs, & autres choses semblables. Au milieu deest une Maison de plaisance dont l’une des tours est » nqu’il y en a peu qui l’égaient. C’esl où l’Empereur F oXJ ^ieCsama alloit autrefois se divertir. Vers l’Occident lejardin qu’on trouve est celuy du Roy de Bungo, qui st uí ? nt >1tres-beau cede en toutes choses à celuy de l’Empereur » ^est tout proche. Ce jardin est extrêmement vaste 8c rie ?^ C 5 /que peuvent l’art & la nature n’y a été épargné. Les »sont distinguées par certains arbres qui font le même en ç gí fle charme, 8c l’on tient que dans les compartimens \\presque infinis, il y a toutes sortes de fleurs 8c de S»pl £ cíne falloir pas un jardin moins beau pour répondre» c 0 $qu’il y a sujet d’admirer au Palais Impérial. Audelà ““ U fíqui entoure le premier rempart, une palissade ferme e ji)'large & spacieux,où 1 ’on voit tous les jours se prome° cr ^ e»finité de personnes, lçs uns à pied.se les autres en foi er L S ,,te5^

palanquins.Lesmurailles sont de pierres de taille,sort pfe-

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fort épaissis, avec des créneaux tout à l’entour.La portemier rempart est à double étage , dont chacun a fa cst udistinguée. Aux deux coins du plus haut sont deux eten rC ur<qui flotent, ayant l’un & l’autre les armes de rsfop sus

hay 55

sus

Quantité de Gardes dont les baraques sont bâties en “ aj p0 fiC>

une terrasse un peu élevée, veillent jour & nuit à cette l^,

Le second rempart est entouré d’un fossé semblable au P r8c les Soldats y sont presque en auíïï grand nombre. Lde la troisième porte est de pierres, 8c plus beau que íeautres , le fossé plus grand 8c plus profond , 8c le rempat^force toute extraordinaire. Les Bastions, les Tours,rapets, les créneaux, les corps de gardes, 8c cent autresges ,ont quelque chose de grand & d’agreable. Apres st fjg»a passi la troisième porte, on entre en une plaine fojf fodd’où l’on découvre le jardin qui est ceint de mura» ^ ilépaissis, embellies à quelque distance de grands arbres . oJ jvtours fort élevées. A main gauche sont plusieurs.arcsphaux, & à droite elle avance au delà de la colli° c ° ^Temple dc l’Empereur. La premiere cour que l’on re ,eítquarrée. On y découvre de front un grand Pav»*?fur vingt-huit colomnes de bois de cedre 8c à double cquelque part qu’on regarde, la vûë se perd de tous le * c tc‘ 6au delà de cette cour, la muraille qui l’environne e ’ tar L'viH 0 ;en beaucoup d’endroits. La seconde cour a aussi un /j e yé*bâti sur vingt-huit colomnes de bois de cedre.Il est p c *|proportion de fa longueur 8i de fa largeur; celuy q ul eau delà est fermé de murailles,& d’une même '

on a passé la troisième porte, on remarque quantité o e J’slí'distinguez l’un de l’autre par un cordon de pommesLe premier est à double étage, 8c fur le second, dont ^ e [dbres sont surprenantes, s’éleve une terrasse, d’oùagréablement. Entre ce premier Palais & le premier ' ^\eest la Garde du corps, composee de trois mille sioww ( >relevent tous les jours. Le second ressemble' au jo#

entre l’un & l’autre, il y a un bâtiment d’une tìru<st