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accroire au«peuple que les Loix qu’il avoit données aux La-cedemoniens, luy avoient été dictées par Apollon, & leurayant fait jurer qu’ils les observeraient jusqu’à son retour, ilse bannit à perpétuité. M. de Tourreil, dans fa Préface histo-rique des Philip,-iques de Demoíthene, fait une si vive pein-ture de la vie que menoient les Lacedemoniens aprés avoirreceu les Loix de Licurgue, 8 c il l’a fait avec tant d’esprit ,que-> je ne puis m empêcher d’employer icy ses termes. Point de« somptuosité, dit-il, point de magnificence dans Sparte. On-- eût regardé comme une moleste punissable , de s’habiller» diíferemment selon les différentes saisons.'Le Sexe le plus» curieux de la parure, ne connoistoit que celle de l’ame. Ils33 avoient deux trésors inépuisables, la modestie & la frugalité.33 Austì Sparte feule abondoit-elle en richesses, autant ou plus33 que tout le reste de la Grece ensemble. Avant Lysander,33 non seulement le particulier, mais l’Etat se paílà d’argent.33 Depuis Lysander qui en avoit introduit l’usage , la bonne3 > constitution du gouvernement fit que les particuliers se pre-33 serverent encore long-temps de l’avarice, 8c qu’il n’y eut33 que l’Etat de riche. L’argenty venoit de toutes parts, 8 c y33 demeurait. Le luxe & {'intempérance n’en traníportoient33 rien ailleurs.C’est à ce propos quePlaton,par allusion à la Fa->3 ble du Lion malade, dit, On voit à Sparte beaucoup de vesti-33 ges d’argent qui entre,mais on ne voit point de vestiges d’ar-33 gent qui sorte.Entre les biens.il n’y en avoitpointdepluspré-33 cieux que le temps. On le révérait comme une choie sacrée.33 C’étoit commettre une espece de sacrilege que d’en donnerj» la moindre partie à 1 inaction, & qui ne faisoit point scru-33 pule de le prodiguer, pastoit pour le plus grand dissipateur.33 Les Citoyens avoient chacun leur employ qui remplistòit la>3 journée, & qui répondoit à leur âge & à leurs forces.Loin de33 fuir le travail comme une œuvre basse 8c servile,ils l’embras-33 soient comme l’occupation de l’homme véritablement libre.33 Cet amour du travail avoit aboli jusques aux jeux des en fans.33 On ne permettoit pas même la promenade aux Soldats dans» leurs heures de loisir ; fur quoy éElian Var. Hifi. I z. c/j,
33 rapporte que des Soldats de Sparte, en garnison dans une33 Place conquise, reçurentrardre de se corriger d’unc telle li-33 cence, indigne des Lacedemoniens, qui dévoient tous leurs>j momens à la vertu. On ménageoit jusques aux paroles. Sou-33 vent pour toute réponse, ils n’employoient qu un monosyl-33 labe, parce que rien n’approche plus du silence, que Lycur-33 gue leur avoit souverainement recommandé, fur ce principe,33 qu’il faut peu de loix à des hommes qui parlent peu. Un33 peuple voisin leur ayant mandé, si nous entrons dans vôtre33 pays,nous mettrons tout â feu 8c à sang,ils repartirent Si ,pour33 faire entendre qu’ils mettraient bon ordre que le cas n’arri-33 vât point. A plulìeurs propositions de Philippe,ils repartirent33 Non. Une autre fois que ce Prince leur écrivoic une lettre fort3> haute 8c fort menaçante, ils luy mandèrent pour toute répon-33 sc, Denis k Corinthe, pour dire, souviens toy que Denis, au-33 ti esois un grand tyran comme toy, mene aujourd’huy une33 vie privée à Corinthe, 8 c y tient école. Cette maniéré de>3 s’exprimer n’ôtoit rien à leurs pensées, elles n’en avoient33 que plus d’énei gie. C’étoit une brièveté toute lumineuse.33 Plus ils fuioient sous-entendre, plus on les entendoit. D’au-33 tre côté, la tempérance intcrdisoitles délices de la table. On33 bûvoit rarement du vin ; on ne mangeoit d’ordinaire que du33 pain d'orge , 8c Je pain de froment se comptoit entre les mets33 friands. Les plaisirs du théâtre n’avoient point de privilège.33 Au contraire, une raison capitale les avoit encore plus ri>3 goureuscment proscrits. On ne represcneoit ni Tragédie ni33 Comedie , afin de n’accoutumer jamais, ni les yeux à voir-3 j’image de ce que la Loy condamne, ni les oreilles à entendre33 l’apologie des passions & des crimes. Cette austérité si enne-33 mie de la nature, tourna pourtant en habitude. Ce peuple33 par la force_de l’éducation & de la coutume, conçut enfin33 pour la fainéantise 8c pour la volupté l’aversion que nous33 avons naturellement pour Ja peine 8c pour la douleur. Ils ne33 croyoient pas trop payer du- sacrifice des plaisirs, la liberté3 > d esprit & de cœur dont ils joiiiffoient dans une vie labo-j’rieuse & frugale ; mais à telle point frugale 8c laborieuse,33 qu’Aïcibiade disoit, f c ne m’étonne point qu ils s‘exposent fi33 volont ers , & qu’ils Je précipitent dans le péril, qu’il semble» moins leur ôter la vie que leur faire présent de la mort. Tous nais-33 soient amoureux de l’ordre 8c de la discipline. La Loy re-33 gnoitsurle riche comme sur le pauvre, Scsur leMagistrat auflì-» bien que sur le particulier. Les Rois même se glorifioient” d'être ses sujets,8c ne se distinguoient que par une obcïflàn-« ce pl lIS exacte, ce qui donna lieu à Demarate de répondresi à quelqu’un qui lui demandoir, pourquoyil s’enfuyoic de
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Lacedemone, capitale de son Royaume, c’est que ‘ eS p, (ímtplus de po tvoirque le Roy. Ageiilas étonna les Perses P (<modestie dans une conférence , autant qu’il les a y 0 ^, e f, e nt«vantez par fa valeur dans les combats. Ce Roy véritable ^maître de luy-même, rejetta les offres les plus flateuses ,.j (£fortune, 8c sourd aux applaudissemens des iNations 4 .^ <(avoit affranchies , insensible aux larmes qu’cjles répandu (ípour le retenir , au milieu de ses conquêtes quidéja trembler le grand Roy, il s’arrête 8c retourne ,u . j e(tpas 5 8c cela par áéference aux ordres des Ephores st ,rappelloient, tant la modération avoit de charmes pour (f8c lui paroisloit plus glorieuse que les conquêtes, ou P ((ne redonner précisément que fa pensée, tant il croyoWst (Roy ne devoit pas moins obcïr aux Loix, que com® 1 jj«aux hommes. De tels Rois nourris dans des n,a * 1 ^L e nt “justes, si pures, 8c comme héréditaires, usoient modem ^ (tde la domination 8c ne lafaisoient presque point s cntir ' v0 jtitcommandoient en peres plutôt qu’en maîtres.Lycurgu 6 a ^ j c ((bien compris que {'intelligence parfaite entre le peupleSouverain, est la base 8c le fondement de leur sejic lte ; j £ $ (<proque. Pour maintenir cette intelligence, il avoit éra b ^Ephores ,ou Inspecteurs , qui n’obscrvoicnt pas mol (íconduite du Roy que celle du peuple , 8c tenoient ndans l’équilibre l’un & l’autre, que l’autorité Royale n V 0 . ( ccjioit jamais vers la dureté 8c la tyrannie, ni la libe®'^ ((pulaire vers la licence 8c la révolte. Plutarque dans la v r. e jo aLicurgue , prétend que Theopompe, pour mettre un ^ „aux Citoyens qui s’erigeoient cn Tyrans de Lacedem^ (<institua les Ephores, environ cent trente ans aprés ,<
8c que la femme de Theopompe lui reprochant qu d 3 --
roitàscs enfans l’autorité Royale plus soi ble qu’il “voit reçue, il lui répondit, fêla leur laijstraí plus f 1(
&par conséquent p us forte. Ce milieu entre la ^ “
ceífive, 8c fexceflìvc liberté sauva Sparte des di® 0 , osí s “domestiques qui desoierent Jes Etats voisins. LesEP 11 u , («dans les conjonctures importantes, faisoient agréer a u J . (4pie tout ce qu’on avoit résolu. Les résolutions ainn u . cU n <{mes 8c prises de concert, s’cxecutoient à propos, & c .» aV oít‘‘concourait à l’execufion d’un dessein, comme s’ 11 ,^<zit 11lui-même formé. Le Gouvernement de Lacédémone n t< idonc pas purement monarchique. Les Grands y. aV ^- oll . ‘‘beaucoup dé part, & le peuple n’en étoit pas exclu. , e jjcs í4tes Jes parties de ce Corps politique , à mesure st U j of te<‘conspiraient au bien général, y trouvoient le leur » : n ,
que malgré l’inquiétude 8c l’inconstance du cœur h u
qui soupire toujours aprés le changement, 8c ne se njamais de son dégoût pour l'uniformité , LacedcwoU K _ ^dant plus de sept cens ans, sc maintint dans l’exactc e K <ltion de ses Loix. Outre cela, le mérité étoit de tout j e .<<de tout âge. La jeunesse n’avoit pas besoin d’attendre ^ t tçons de l’experience. L'institution 8c l’exempse J 3 V ct' ílpléoient, 8c mettoient même ses femmes à portée de y rtu la plus héroïque. L’amour de la patrie faisoit ra p 0 n<‘mour maternel. La mere à qui l’on annonçoitla mor 1fils , tué au service de la République, alloit visiter se £] 0 ti‘‘vre sur le champ de bataille, 8c y regloit.sa ^ouseut qIJ .ííses blessures honteuses ou honorables dont il sc trouvo ^ <<vert. Cette magnanimité , universellement répandu jj e i«Lacédémone, lui fit un grand nom. Au bruit d’u D ._, esi rare,ses Rois d'Egypte 8c de Phenicie.penetrez a ese ^, & t‘d’admiration, crurent lui devoir une espece d’honiuiar ^j eS <<le lui rendirent par des Ambassades solemnelles. Sem j fl) r ‘‘prodiges frappoient dc plus prés encore les Grecs > > e ]|e <(
imprimoient pour elle un juste respect, C’est par J j st £ gcexerça long temps sur eux l’empire que la vertu donqui ne pèse point à des âmes volontairement soûmuc*'^ g acun croyois que marcher avec elle, c’étoit suivre h J u nIJ ie lila raison, aller au bien, 8c courir à la gloire. kf.qLpfiCâ' ‘‘trouvoit dans les Lacedemoniens de terribles “uJvrO' ‘‘blés ennemis3 la liberté, dc vigilans Si d’insatigap t, jjtesteurs. Ce zele ne se renfermoit pas dans l'cncew ^erGrece. Les Grecs d’Asie, fur le point de sc voirpar Cyrus, tournèrent ses yeux vers Sparte , &l a c {0 yerent de ne pas permettre que des Grecs devinsse®, ^ 1<ses Barbares. Sparte reçut favorablement fAmbaD^jqc-^fiers Républiquains eurent l’affurancc (se mander P aí p A'
raut d’armes à ce Conquérant qui venoit de^fub>ugl ^jeS ^sie, qu’ils ne souffriraient jamais qu’il touchât aux n c (<Grecques ; que rien de ce qui portoit le nom Grec u , jjs £pour la servitude, 8c que s’il pensoit à ses subjug ^ Dsçauroieat bientôt paflejc la «aer Si Les affranchir»