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Tome II. [E - O.]
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épaules les extrêmitez de ses oreilles. Il ne porte point d’autreCouronne que celle dont Te servoient les anciens Empereurs,c’est-à-dire, une petite bande, ou un ruban tissu d’orautourde fa tête qui sert encore à lier ses cheveux, & à les arrêterdans la situation où il veut qu'ils soient. II nefe fait voir àson peuple que deux fois Tannée, & cela pendant trois jours.Le peuple, pour luy marquer fa reconnoissance , n’oublierien de tout ce qui peut contribuer à son divertissement. Ona pour cela plusieurs élephans dressez à mille choses plaisantes,& plusieurs bêtes farouches qu’on fait combattre au dedansd’une barrière en un lieu fort spacieux où le Roy fe rend pourjouir de ce spectacle. C’est une chose digne d'être vue,queles jeux & les exercices des élephans, dont la docilité & l’a-dreíïe à exécuter ce qu’on leur demande, ne fçauroit être as-sez admirée. On pouffe ensuite les bêtes farouches fur le champde bataille.On les irrite les unes contre les autres,& leurs com-bats divertissent agréablement le Roy & toute fa Cour. DesLuteurs, des Gladiateurs & d’autres fortes de combattans fontdes escarmouches qui durent jusques au soir, & qui terminentces réjouissances.

Quand on veut voir la Cour de Lao dans tout son éclat, Ì1faut attendre le temps où le Roy sort de son Palais pour visi-ter le Temple de quelqu’une de ses Idoles. 11 n’y a rien deplus superbe , soit pour la beauté des décorations & la quan-tité de gens qui Taccompagncnt, soit pour la diversité desDevises & la magnificence des habits. Divers Chœurs de Mu-sique ouvrent la marche, & précédent tous les Mandarins ri-chement vêtus, qui vont chacun selon les Charges qu’ils exer-cent dans le Royaume, & avec leurs boëtes qui mettent de ladifférence entre eux, selon leur grandeur & selon leur forme.Les Grands du Royaume terminent cette Cavalcade, dont leRoy fait le principal ornement, fur un éléphant des plus hauts& des plus beaux que Ton puisse voir, superbement équipéavec une housse en broderie qui traîne jusques à terre. On peutdire que dans ces occasions ce Prince porte les richesses d’unRoyaume par le nombre infini de pierreries dont il est cou-vert. Celuy des gens qui le suivent, tous fur des chevaux deprix, est extraordinaire. Ils sont vêtus de riches étoffes, &marchent en tres-bel ordre, avec des carabines où brillentmille pierres précieuses. Plusieurs bêtes chargées de prefens. pour l’Idole, & avec des couvertures auffi curieuses qu’é-clatantes, viennent ensuite, & ferment la marche. II n’est paspermis aux femmes d’aller par la ville ce jour là. Elles ont ac-coutumé quand le Roy passe, de paraître à leurs fenêtres &de répandre des eaux de senteur , tant sur ce Prince, que surle présent que Ton destine à Tldole, & qui sont galammentaccompagnez jusqu’au Temple , qu’on prendrait alors plutôtpour un Bureau de Marchands que pour un lieu d’Oraison.Les Talapoins sçachant la marche du Roy, sortent de leurConvent revêtus de leurs plus superbes habits, & vont au de-vant de luy à quelque distance du Temple. Us ne Tabandon-nent point pendant la cérémonie du sacrifice qu’il fait tant pourles hommes que pour les femmes en qualité de personnepublique. Sur la fin , pour ne point perdre de temps, ilspartagent ce qui a été offert de plus utile & de meilleur àTldole.

Lorsque le Roy de Lao reçoit des Ambassadeurs, il est astisdans un trône extrêmement élevé, & revêtu de ses habits decérémonie, & répond à leurs ci visitez par la bouche de sonChancelier, ne s’entretenantd’ailleurs avec eux que par le mi-nistère d’un truchement. 11 a Tavantage d’avoir plusieurs petitsRois tributaires , qui fe rendent en fa Cour pour luy fairehommage, & qui luy font de magnifiques prefens pour mar-que qu’ils le reconnoissent pour leur Souverain , tandis qu’ilvit dans Tindépendance fans relever de TEmpereur de laChine , comme le Roy de Siam & plusieurs autres qui sontbeaucoup plus riches que luy. II y a cent ans ou environ quele Roy d’Ava ayant soumis à fa domination les Royaumes deSiam & de Pegu, moins par le fer que par le feu qu’il y mitde tous cotez, se rendit austì maître de Lao, dont il écartales véritables habitans,qu’il contraignit d’aller peupler le Pegu.Quelques années aprés , les Langiens consternez de leur exil,formèrent entr’eux une conspiration secrctte, afin de pouvoirrecouvrer leur liberté. Pour y réussir ils convinrent tous qu'àjour nommé ils se soulèveraient, & que l’épée à la main ilsforceraient & extermineraient entierement les Peguans enquelque endroit qu’ils fussent. Cette entreprise fut executéeavec un entier succès , & ils auraient pû aisément se rendremaîtres de tout le Royaume, & s'en conserver la possession.si Tamour de leur patrie ne les eût fait retourner fous les armesdans leur premier Royaume de Lao, o.ù les Peguans qui y

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commandoicnt avec insolence furent défaits en divebats , & perdirent avec la vie les biens qu’ils y avoie at |eSpez. Ainsi la grande ville de Langione fut repeupj te deLangiens, ses naturels habitans, qui au bruit de laleurs ennemis, s’y étant rendus des montagnes circonv tfg& des forêts qui leur avoient servi de retraite .P .* soleil'persécution, rétablirent ce Royaume dans fa premier rdeur, & reconnurent leur Roy légitimé. Celuy ^ en geípossèdoit alors le Pegu, ne se trouvant pas en état de le e0 tde ce qu’avoient fait les Langiens > dissimula son re p a0 s fe& feignit de vouloir vivre avec eux en intelligence, ^ fe-souvenir de l’affront qu’ils luy avoient fait, quoy q u \eflcrettement des préparatifs de guerre, que fa mort art oíí .1647. ruina entierement. Le Prince qui succéda à Jí

ne d’Ava & de Pegu, envoya des Ambassadeurs charg^j

riches prefens au Roy de Lao , n’exigeant de luy P° u stesen paix, qu’un éléphant tous les ans pour tribut, & o 0 y d eplus belles filles qui feraient dans son RoyaumeJ-^

Lao irrité de la proposition , fit enlever aux Am^’ r oI >-tout leur équipage, & voulut que Ton s’assurât de leursnés comme d’autant d’espions , aprés quoy il envoya q ^pe-compagnies de ses meilleures troupes fur les ffonueresgu , où le Roy d’Ava avoit fait toutes ses munitions asl .re, fans les précautions nécessaires pour les garder,giens ayant mis le feu aux magasins, rompirent par ce ytoutes les mesures de ce Prince , qui étant haï dc so s je-n’oíà livrer combat aux Langiens dans la crainte dvolte. , u

Le Roy de Lao tire un revenu tres-considerable 0 , $í

join, qui croît dans son Royaume en grande abonda ^dont l’espece s’y trouve plus excellentequ'en aucunaUde TOrient. Auffi est-il défendu à qui que ce soit “ e QÍÌ s«emporter aux Etrangers. II produit auffi la laque donsert pour faire la cire que Ton appelle d'Espagne. t0 uí

qu’une terre qui se rencontre dans quelques forêts tol L. , v , 0 ir«des fourmilières. Ce même Royaume fournit plus ' £íì I>qu’on n’en peut trouver ailleurs, les élephans y cta j e ^grand nombre, qu’il en a tiré son nom, puisque le mot ' gI rgiens , signifie proprement milliers d’élephans. On y 1core de grands avantages de plusieurs autres animaux - Tpaiement des bœufs & des bustes qu’on y voit en quanti y

fruits qui croissent dans les jardins, & du ris que lesproduisent. Les rivières y font remplies de poissons d pé-sortes. U y en a de si gros & de si pesans, qu’à peine d í^echeurs des plus robustes suffisent pour en porter un. Lfâdes autres qui sont plus petits est tres-abondante, f*" L 0^qu’on en a le poids de cent livres pour fort peu ^ e u c T, n o$, $les sale comme on sale parmi nous les anchois & les ha' g qtiíles Pauvres en font leur provision pour accompagner I e ^ Jeest leur nourriture ordinaire. On fait un grand comm a jjrSsel en ce Royaume, & il s’y forme de cette façon. ot ìvents de Sud s’élevent sitôt que les pluyes comm c juj.cesser, & les terres qui ont été ensemencées de ris -sent immediatement aprés la moisson, une eípece , £ ç,^cíen forme de neige, laquelle couvrant la campagne ^ Mde plusieurs milles, devient solide, & se converti cJ) sipar Ja force du Soleil qui Taffermit. 11 s’y en trouv y £|1grande quantité qu’outre la provision du Royaumereste encore assez pour en faire part aux Etrangers ss ui j u yeSlevent tous les ans autant qu’ils veulent. Les nouvelles [£ [[gqui surviennent aprés cette seconde récolté , purifie® , #sorte ces campagnes, que le ris qu’on y feme de gouvqu’elles produisent dans le temps, a un goût particu p eI en’a point celuy qui croît dans les autres Régions.

Marini, Relation du Royaume de Lao. Voyez Lao. . y JdLANGLEY ou Kí»£s Langley , c’est-à-dire ,

Roy. Lieu considérable d’Angleterre dans le Com® „j e y»ford, autrefois Maison Royale, d’où Edmond de fl.fils du Roy Edotìard III. Duc d’Yorck, reçut son fl g\e.yCe lie u de Langley a presque vis à-vis un autre .

que Ton appella Abbots Langley , à cause qu’il appa rten , ç cí c »Abbez de saint Albans. C’est où naquit Nicolas B rea pr ésstqui fut élu Pape sous le nom d’AnastafelV. en n54- ìL-jcí*mortd’Eugene III. Ce fut luy à qui TEmpereur r rc pfj-tint Tétrier, loríqu’il defeendoit de cheval. II goúver ^ ^glife avec beaucoup de sagesse, mais son Pontificat ne ted’un an, quatre mois & quelques jours. * Davity »d’Hatford. i: e pis‘ s

LÂNGO. Isse de TArchipcI, vers la côte de TAn®du Cap Crio, en Latin longa înfula , anciennement Co> j, jf.Sa ville Capitale est aussi nommée Lango, Cette ville e