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tagne y est si droite que l’on n’y peut aller à cheval. Lara estle rendez-vous des Caravanesqui vont de Perse, de Querman& d’ailleurs à Ormus. C’cst ce qui fait que la ville est fortpeuplée de Marchands Perses & Arabes, Paiens & Juifs, &qu’elle a plusieurs grands Caravanferas pour retirer les Mar-chands étrangers, avec les marchandises qu’ils apportent. SonBazar ou Marché, qui est l’ouvrage d’Alaverdy-Chan, Sultande Schiras ,1a rend fur tout fort recommandable. II peut êtremis en parallèle, pour la beauté de ses bâtimens, avec les plusmagnifiques de í’Europe. II forme un parfait quarté par de-hors, & a des murailles fort hautes, bâties d’une pierre detaille tres-dure & tres-blanche. II a cent cinquante pas enquarté, & de chaque côté une grande porte avec ses gardes,par laquelle on entre dans une belle rue qui conduit au mi-lieu du bâtiment, où les quatre rues font un carrefour , d’oùl’on voit les quatre portes. Sur ce carrefour s’éleve un dômefort haut avec ses fenêtres tout à l’entour, par lesquelles laclarté entre de tous cotez. Ce dôme a quatre voûtes de pier-re blanche, qui couvrent les quatre rues, dont les muraillesfont si bien travaillées & si polies, qu’elles effaceraient le lustredu marbre. Au dessus de ces voûtes font plusieurs ouverturespar leíquelles le jour éclaire tout le bâtiment, fans que néan-moins on soit incommodé du Soleil ou de la pluye. Le basest pavé de carreaux fort unis, de la même pierre dont est com-posé le bâtiment. Dans les quatre autres quarrez, mais pluspetits, que forme ce carrefour, il y a quatre autres petits car-refours , qui comme le grand , ont chacun en leur centre undôme avec ses ouvertures. II en fort quatre autres petites rues,voûtées & accompagnées de leurs ouvertures, comme lesquatre grandes , avec lesquelles elles font en tout vingt rues.On vend dans ce Bazar toutes fortes de marchandises en desboutiques dont toutes ces rues font bordées, & où les Mar-chands étrangers demeurent le jour. On le ferme la nuit, pen-dant laquelle il est gardé par un Prévôt avec ses Archers. II ya aussi plusieurs boutiques où l’on vend.du fruit vert, sec &confit, & même du pain, qu’ils nomment Hapa<. Ceux dedehors qui y apportent ces choses à vendre n’y ont point deboutiques affectées, mais ils exposent leurs denrées en despaniers, dans la rue même, laissant au milieu un espace suffi -sant pour le passage du peupleront tout le Bazar fourmille de-puis le matin jusque au soir , bien plus qu’en la plus célébréFoire de l’Europe. Les rues du grand carrefour ont vingtpieds de large, & celles des petits en ont quinze ou seize. Ona un tres grand foin de les nettoyer, & il n’est permis à per-sonne , non pas même au Gouverneur, d'y entrer à cheval.Dans ce bâtiment & à un de ses cotez, est une porte par la-quelle on entre dans la Consiturerie, où il y a cinq ou six ap-partemens séparez. Ils ont leurs voûtes par en haut, & fontbâtis comme le Bazar, ayant plusieurs autres voûtes & détoursoù l’on rafine le sucre , & où l’on fait toutes fortes de confitu-res. Ce Bazar donneroit du lustre à la plus belle ville dumonde, au lieu que celle de Lara n’a rien qui ne doive la fairemettre au nombre des médiocres. Le terroir est auífi sec &stérile que le reste du Royaume. II y a quelques puits d’eau àdemi salée, dont on se sert pour arroser les parterres des jar-dins, à la culture desquels les habitans s’appliquent avec grandfoin, afin de pouvoir tirer quelque profit de cette terre ingra-te en l’arrosant incessamment. Outre ces puits d’où l’on tirel’eauavec des bœufs, il vient de tout temps de da plaine à laville un Canal de médiocre grandeur, dont seau est un peumeilleure que célle des puits, quoy qu’elle ne soit pas bonne àboire. Le Gouverneur, & quelques autres particuliers en dé-tournent une partie pour la faire passer en leurs maisons, & en-suite on la distribue par mesure aux jardins qui sont asiez con-sidérables en ces pays là. II y a plusieurs maisons bourgeoisesqui ont leurs citernes particulières, comme le public en a dansla ville & à la campagne , remplies d’une tres-bonne eau àboire. Outre celles que les anciens Rois de Lara & ses Gou-verneurs ont fait faire pour le soulagement des habitans, &d’un fortgrand nombre de paílans qui y abordent tous les jours,il se trouve plusieurs autres personnes pieuses dans leur Secte,qui font des legs dans leurs testamens pour faire bâtir des ci-ternes, les unes plus grandes, & les autres plus petites. C’estce qui est cause que le grand nombre qu’il y en a occupe tou-te la campagne voisine. On les nettoye toutes avec un grandfoin avant que lespluyes commencent à tomber, ce qui arriveordinairement en Janvier & en Février, Ainsi pourvûqu’il yait feulement un pied d’eau fur la bourbe, on la tire aussi clai-re & aussi nette que si elle venoit de tomber du Ciel. Ala portée du mousquet de la ville , est un grand jardin >dans lequel, outre une tres-grande quantité de beaux &
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gros arbfes fruitiers, & entre autres de tres-belles P* ^chargées de dattes, qui en ce quartier-là paíïênt enS/° . sfen couleur & en goût, toutes celles que la nature f^ c Ul1en toutes les autres parties du monde, on voit au tnin ^grand étang , dans le centre duquel est un cabinet M - ^fort enjolivé par tout, ayant plusieurs portes qui / e P° *letoutes à l’étang. L’on va à ce cabinet par un petit ^bois garni de ses gardefous des deux cotez. C’estfort beau & fort agréable pour l’Eté, à cause de sa * ral ut l«Lara a aussi une Citadelle qui la défend. Elle occupe ^haut de la montagne, qui est en cet endroit-là en ° vaelle est fortifiée d'une muraille de pierres de taille, £les anciennes Forteresses que les Maures ont faites en F.avec un parapet découpé en créneaux, & de petites can ^res pour le mousquet feulement, sans qu’il y ait un I edroit où un fauconneau puisse être mis , de sorte st u ® ^Place n’est considérable que par son assiette. Élie e s .grande, & dans son enceinte elle a un puits dont l’eaU ebonne, quoy qu’il ait plus de deux cens toises de P r .° ^ rne r,Cependant par le moyen d’une roue qu’un bœuf fa l£ t0 jjl’on en tire facilement autant d’eau qu’il en faut po* r [ 0 (tgarnison. II y a dans cette Citadelle une tres-hautebelle Tour, du haut de laquelle on découvre toute lagne voisine qui forme une vûë tres-agreable à cause ciu v ^nombre de jardins donc elle est comme parsemée. d
ses Rois particuliers pendant plusieurs • Siécles ,qu’Alaverdy-Chan, Sultan de Schiras, l’usurpasur H a y jeChan j son dernier Roy > par ordre de Sehach-AbbasPerse. On surprit ce malheureux Roy avec une _P U * un 6mée, & il fut contraint de se rendre à discrétion av p.quantité incroyable d’argent & de pierreries qu’il avol ,jpéfées. On lui ôta bien-tôt la vie, en l’accufànt d’aVoir d ^fjles Marchands, qui alloient en Perse par cette vilj e * quípar fa mort, le Royaume sortit de la Maison des PrU lC ^ 0 jjlavaient possédée jusque-là. pour entrer dans celle desde Perse. ... 0
LARA. Petite ville d’Espagne dans la vieille Cattnest située fur la riviere d’Arlança , entre les montagnes tbión. à quinze lieues de Burgos du côté de l’Ori cnt ‘ v0 j t jeété bâtie des ruines de l’ancienne Maufina , & J' 0 ” .X v j#Tombeau de Ferdinand Gonzalez, Comte de Cash J ’ eC ^cl’Eglise de saint Pierre. Les Crédules qui s’arrêtent a 0 $dit le vulgaire , prétendent qu’on entend craquer .^cavec un grand bruit, toutes les fois que les Espagnolssortir de quelque rencontre avec avantage, ou que jetiens en doivent remporter de considérables fur les 1 ^ sa-lis veulent qu’on ait remarqué cela dans le temps st l! ^meux Huniades demeura victorieux des Turcs, cel’an siq;6. Cette ville qui a un bon Château, a donne j e sa los infantes de Lara, fi fameux dans les Histoires & )(M)> j,tRomances des Espagnols. * Eufeb. Nuremb. Maty,
Holl. 1701. K cfi(f
LARACHE. Ville de la Province d’Asgar en_ ^idans le Royaume de Fez. Elle est située le long de lj -' 1six ou sept milles d’Arzile, sous le vingt-quatriéme^deg pj e u-te minutes de latitude Septentrionale, à l’embouchure j’uii
ve Lycus ou Loucous, de sorte que cette riviere l’arrocôté, & la mer de l’autre. Ptolemée l’appelle Lixa > & - c( Jit
res Rlbarais au rapport de Marmol & de Sanut. Ce de ^ í( cque c’est le Palais d’Anteus, & le lieu où ce Géant lu w pp e ,Hercule, & selon Gramaye , cette ville est le jardin “ cS j|jeU'rides des Anciens. Elle a été fort long-temps une des . 0 ntres Forteresses de Fez, & les Espagnols & les PortUo £'d*fait inutilement divers efforts pour s’en rendre martre -^10où le Roy Dom Sebastien de Portugal fut mis en aiíMouley Xec, Gouverneur de cette Place, la livra en 1 - gní<Marquis de saint Germain , General de l'armée d $0$Le Port est $>lein d’Efpagnols & d’Italiens, & on n 7^ tr eS"pas fans danger, â cause que l’embouchûre du Fleuve ^ -profonde, tant par son eau propre, que par celle du i smer. La ville est fermée de bonnes murailles, # ?. s f/p*’superbes bâtimens. II y a trois Châteaux, ausqueb e |eSgnols ont donné les noms de divers Saints. Penda n .^ n aV cíMaures en étoient maîtres, ils y tenoient bonne g arn * gfcnjfbeaucoup de munitions de guerre. Celuy qui P OI j e st,/'ment le nom de sainte Marie, ctoit entouré d’un last^ f e r >défendu par un bon rempart, & avoit trois P° rt . es ' eS fus ' 6soixante pieces de canon. II y en avoit trente po 1B jj e WChâteau saint Antoine. Les Espagnols voyant de st e(jr pi»portance étoit cette Place pour la navigation , ne »plutôt sous leur pouvoir qu’ils ajoutèrent de native