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On mec sur le milieu de ces peaux des plumes de perroquetarrangées en forme de rose, & les extrêmitez sont bordées depoil d’Elephant. Ils attachent tous leurs habits avec une cordefaite du chanvre qu’on tire des feuilles de Matomba. Cet arbreproduit du vin comme les palmiers, mais il est moins bon.Ses branches fervent â faire des lits & des perches qu’on metfur le toit des maisons que l’on couvre avec ses feuilles. Ellesgarantissent de la pluye comme des tuiles. Outre cette corde,ils ont deux ceintures de fil ou de drap rouge ou noir. qu’ilsmettent l’une furl’autre. Ces ceintures ont d’ordinaire troisaunes & un quart de large. Ceux qui n'en sçauroient avoir dedrap, en sont de joncs, ou de rejettons de Palmiers, la peaufe mec entre les deux ceinturons. On y fait plusieurs nœuds,& on y attache quantité de petites sonnettes. Ils portent aucou des tours de corail blanc on noir, ou des chaînes de laitontriangulaires. Ils ont encore une espece d’écaillesplates, qu’ilsíçavent polir & arrondir, & dont ils sont des colliers, ainsique des dents d’Elephant. Les petites gens ont les jambesnues. Ceux qui font riches y mettent des boucles de cuivreou de fer de l’cpaisseur du petit doigt, ou des grains de corailblanc ct noir. Derriere les épaules, il leur pend un sac fait àl’aiguille & long d’une aune , où ils mettent leur calebasse.Leur bonnet est aussi fait à l’aiguille, mais avec plus d’art. Ilsvont fort rarement fans leurs armes, qui font un coutelas d’uneaune de long, un arc & des flèches. Les femmes portent desrobes courtes qui ne passent pas le genoiiil, & des étoffesd’Europe par deslùs, fans ceinturon. Elles ont la tête nuë ainsique touc le dessus du corps, & portent quelques tours de corailau cou , aux bras & aux jambes.
A l’égard du mariage, le consentement des païens est l’uní-que formalité qu’on y observe. Les peres & les meres nedonnent ordinairement leurs filles, qu’aprés qu’elles ont eules marques qui font connoître qu’elles font nubiles. Alors el-les fe rasent la tete , ne laissant que quelques cheveux aux ex-tremitez, pour former une espece de guirlande. Ceux qui lesveulent pour femmes > n’ont qu’à venir trouver les parens, Scà leur porter del’argent, & auífi-tôc elles sont livrées. II y ena qui choisissent des filles de sept ou huit ans, & les amenentchez eux pour les faire élever à leur fantaisie 3 mais s’ils onthabitude avec elles avant qu’ils ayent connu qu’elles soientvéritablement nubiles, il faut qu’ils viennent fe justifier de-vant le Roy & toute se Cour, en présence d’une centaine depersonnes,par des danses & par des cérémonies ridicules,aprésquoy le Prince les renvoyé absous. Comme ils font extrême-ment superstitieux, ils s’imaginenc que si cette absolution leurmanquoit, leurs terres deviendroient stériles par la sécheresse.La condition des femmes n’est pas heureuse en ce pays-Jà.Outre la poligamie qui leur fait beaucoup de peine , ce fontelles qui cultivent la terre, qui sement, qui moissonnent, quipilent le milet, qui font le pain Sc cuisent les viandes, leshommes ne se mêlant d’autre chose que de préparer les bois-sons. Elles ne parlent à leur maryqu’à genoux, & sitôt qu’el-les le voyent, elles se mettent à frapper des mains pour luy té-moigner leur joye, & le respect qu’elles ont pour luy. Quandelles font dans le temps qui est réglé pour les femmes, ellesn’ofent ni paraître devant luy ni toucher ses viandes. Elles sebarbouillent le corps avec du bois rouge, & fe serrent la têted’une corde jusqu’â ce que ce temps-là soit passé. Les enfanssuivent la condition des meres, étant esclaves si elles le sont,quoy que lepere soit libre, & libres si elles font libres, quandmême le pere ferait esclave.
IIs ne donnent aucun témoignage de douleur dans la ma-ladie de leurs parens 3 mais sitôt que l’un d eux est expiré , ilsfe mettent à hurler, exposant le corps qu’ils environnent enfoule.Ils luy demandent pourquoy il est mort.ct s’il a manquéde nourriture 3 & pendant ce tintamarequi dure deux ou troisheures , on apporte des bardes pour les enterrer avec le Mort,cton ramasse toutes celles qu’on trouve dans fa maison, aprésquoy quelques uns d entre eux chargent le Corps fur leursépaules , & courenc avec toute la vitesse possible jusou’au lieuoù 1 on a creuse la fosse. Les autres suivent du même pas.Quand on y est arrive, on jette dans cette fossé le corps duDéfunt avec ses bardes 5 & s il s’en trouve beaucoup, on en at-tache une partie a des pieux fichez fur le tombeau. On lescoupe par petits morceaux de peur qu’on ne les dérobe, &tous les parens s assemblent soir ct matin pendant six semainespour pleurer 1e Mort. Lorfqu'u ne personne de distinction estmalade, on employé tous les Magiciens du pays pour tâcherde la guérir. Si elle meurt, tous ceux qui étoientde fa con-noissance fe rendent dans fa maison, mettent les mains furiciir tête, & remplissent Pair de cris lugubres, Le Mort est
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étendu dans la chambre, ou assis fur une natte ou fmtre soutenue par des piliers de bois, pendant qu’on ‘ e ^ o[[ gqu’on luy coupe les ongles, qu’on le lave, & qu’on k ^de bois rouge. Les hommes fe tiennent auprès du CofP >les femmes dansent des branlés, & chantent des Vers q uí eStiennent l’histoire de fa vie, ce qui fe fait pendant q ue ^jours, aprés quoy on met le Corps en terre avec une s ^de ses bardes 3 on attache l’autre à quelque pieu. Ou ^funérailles, il est du devoir de s'informer si la vie dequ’on vient d’cnterrer n’a point été abrégée par les en c ^mens d’une Moquisie. Les Ethiopiens nomment bip 1 - 11 ' j eU rMokijfes , toutes les choses dans lesquelles réside ’} £ ° on <Jaopinion, une vertu occulte, pour leur faire du bien 3mal, & pour découvrir le passé ct l’avenir. Un des p ar . £ ' fachez le Ganga ou Prêtre, qui s’étant assis à terre dert. 1 ^ er)(maison, met devant luy un grand coutelas, qu’i! presse k , ^avec les doigts, puis, en fe frottant les mains, il demand j 3esprits,fi un tel a été tue par enchantement ou non.Qll an so 3 p.véhemence de la friction les mains s’échauffent Sí s’ entpent.&qu’on voit que leGanga est tout hors de luy.° n nC gj cepoint que le Défunt n’ait péri par une mort violente* „
Devin ne donne pas des réponses dont on soit content, p >
chez un autre juíqu’à ce qu’ils ayent lieu d’aflêoir l eur ?. v0 (itçons fur quelque personne ou quelque village. Akts pípre 11 'demander permission au Roy de mettre ces gens-là à Ljneve des Bondes. Ils appellent Bondes les raclures d’une cracine roussâtre, mêlée avec d’autres choses, qu’ils son .psdans une coupe , aprés que le Ganga a fait dessus ‘? e3 0 £n td’imprécations.Ceuxqui président à cette épreuve, cho . se ,d’abord un homme de chaque quartier & luy donnent a ^Si quelqu’un d'entre eux tombe, car ils sont tous o W 8 ^comparaître, il faut que tous ceux de son quartier W“ c be*preuve l’un aprés l’autre, & si aucun des hommes ne cc’est aux femmes à boire à leur tour. Quand quelqu unche, elle passé pour sorcière, ct on l’execute comme t emiséricorde. , . _ s jt'
II y a diverses Moquisies aufquélles les Ethiopietribuent les effets dont ils ne sçauroient rendre facomme ce qui cause les maladies, la guérison, k 111 cflpluye, les tempêtes & les orages. Lorsqu’un homfnparfaite sente , & que tout luy réussit, il s’en croît re . faà l’exactitude avec laquelle il a accompli ce qu'il a P r °Moquisie. Si au contraire il devient malade, ct queres aillent mal, il croit qu’il a offensé se Moquin e ’ e 1 fl
ployé toutes fortes de moyens pour l’appaiser. Q. 11 ,?f 4 §ei"Roy prenne le titre de Mano - Lovango , c’est-à- tlire ^ [J1 ^gneur de Lovango, ils luy donnent ordinairement le ^6Moquisie, comme un nom qui exprime admirable^ 1 ® t jp-puissance sens bornes , par laquelle d’un seul mot 11 y s etfpauvrir, enrichir, abbaisser, élever, mettre les Pr° v * qu’íltrouble & les hommes au tombeau. Ils croyent me sa-pent faire pleuvoir quand il veut, se transsormer enrouche , & faire un nœud fur la dent d’un Eleph atl _f* ^ jeíles Prêtres portent le nom de Ganga Moqufie & a ’p^utel»distinguer, on leur donne un surnom pris du lieu, d e ,| e pafdu Temple où est J’Idole qu’ils servent. On les ^'exemple , Ganga-Thinco, Ganga-Boefi B a ta , , JCJT
Bomba , Mabcmba , Macongo , Mymi , Coffi , Kímaye , W*touba , Pansa, Pongo , M an fi ct autres. . 3 ssoU>
La Moquisie de Thirico est placée dans une grandequi fait partie d’un village considérable à quatre j 0 [i£Boarye tirant vers le Nord. Elle est bâtie fur des P. ne pr ^chacun a une statue d'homme. Le Ganga qui est Seiss ’uHvillage , rend ses hommages à la Moquisie, en ssapP^, poU £bâton fur une toison de laine â la maniéré des foui® ' p 3 ys >obtenir de se Moquisie la sente du Roy, la prospéritéla fertilité des terres, un commerce florissant & “ ^
pêches. Le peuple qui est présent frappe des mains P . ^0quer l’ardeur de ses souhaits quand il entend prononcdu Roy. _ v an d
Le culte de la Moquisie de Bœfi-Bata engage à un o le-tirail, dont on ne met toutes les pieces en œuvre qn e j^ílss"occasions extraordinaires. II y a des tambours, “ fus
mens, des sonnettes, des joueurs & des danseurs, 0 uf 5
tout une tassé dont ils sont si entêtez, qu’ils la porten ^ £ett savec eux, même en des voyages de soixante n e . y ssu»tasse est faite d’une peau dont le poil est commelyon, bordée d’une frange de filamens de cannes o u J*bande de cuir, que l’on passe au cou pour la p oj£ r ‘ jr e,° eremplit de tout ce qu’on peut trouver qui soit un jP £l l eC teS > ^plusieurs sortes dc coquilles, de cailloux & de son