Band 
Tome II. [E - O.]
Seite
518
JPEG-Download
 

518 L G V

ou sont avancez. Le Roy s’habille d’étoffes d’Eûrope,8c sesOentilshommes pour s’acquitter d’un vœu qu’ils ont fait, por-tent au bras gauche une peau de chat sauvage. Ce Prince nefait que deux repas, & il y a deux maisons dans l’une def-quelles il mange, aptes quoy il boit dans l’autre. 11 dîne à dixfleures du matin, & on sert les viandes dans des corbeilles.Un homme paffe devant les porteurs sonnant une cloche pouravertir qu’on va couvrir la table du Roy. Dés que ce Princel’entend, il quitte tout, 8c s’en va dîner; Le Maître d’Hôtel seretire auffi-tôt qu’il a servi, 8c laide le Roy seul > parce queni homme ni bête ne le peuvent voir ni manger ni boire qu’ilne leur en coûte la vie. Cette défense elì executée si severe-ment, que les Portugais ayant fait présent au Roy d’un petitchien dont il faisoit ses délices , ce petit animal s’échapa unjour d’entre les mains de celuy qui le gardoit, 8c à force degrater à la porte du lieu où dînoit ce Prince, comme il vou-lut sauter sur luy à son ordinaire pour luy faire des caresses ,le Roy appella les gens & le fit tuer. Un autrefois un enfantde sept ou huit ans, fils d’un Gentilhomme , étant avec sonpere dans la maison du vin, s’endormit par hazard aux cotezduRoy, & s’étanf malheureusement réveillé dans le tempsque ce Prince bûvoit, il fut condamné à la mort, 8c tué d’uncoup de marteau fur le nez, pour faire dégoûter son sang surles Moquisies du Roy. Lorsque ce Prince a dîné , il s’en vasuivi d’un grand nombre d’Offi-iers dans la maison du vin, leplus superbe bâtiment de tout le Palais. II elì entouré d’unebelle cour, & fermé d’une palissade de palmiers. C’est-làquele Roy rend justice à tout le monde. Le devant de cette mai-son est ouvert par en haut, 8c elle reçoit le jour par là, Sur lederrière il y a un réduit de vingt pieds de long fur douze delarge, où est gardé le vin de la bouche. Le long de ce retran-chement qui traverse la chambre, est pendue une tapisserie dehuit pieds de haut, contre laquelle est appuyé le trône duRoy. C’est un ouvrage tout composé de petites tours, faitesde rameaux de palmier nattez fort proprement. Ce trône acinq pieds de long, un pied 8c demi de haut, & deux de large.11 y a une corbeille d’osier rouge 8c noir à chaque côté, où lesNegres disent que ce Prince renferme des sortilèges pour laconservation de sa personne. Deux Echansons font à ses cotez.L’un tient un morceau de fer pointu dans chaque main > qu’ilfrappe l’un contre l’autre quand le Roy veut boire. A ce son,tout le peuple qui est dans la chambre ou au dehors, se jette levisage contre terre, & ne se relcve point jusqu'à ce que l’E-chanson en donne Tordre. L’autre Echanson presente la coupeau Prince le dos tourné, 8c la reçoit de la même forte. Quandle peuple s’est relevé, on entend un grand battement de mainsqui marque les souhaits qu’il fait pour la prospérité de sonPrince. Lorsqu’il y a beaucoup d’affaires, le Roy demeure jusqu’àsept heures du soir dans fa chambre de Justice. D’ordi-naire il en fort à quatre, 8c s’en va avec ses femmes. Une heu-re aprés que le Soleil est couché, il retourne au lieu où ilmange, & sitôt qu’il a soupé , il va dans la maison du vin oùil demeure juíqu’à neuf ou dix heures. Personne ne boit dutonneau du Roy , & on n’oseroit toucher aux viandes qu’ilsaisie fur son assiette. On fait un creux ou ces restes sont jettez,& on les couvre de terre. Ce Prince ne fort point de son Palais,fi ce n’est dans quelques jours solemnels, ou pour quelque af-faire d’importance , comme pour recevoir des Ambassadeurs,pour appaifer des troubles, pour chasser à quelque Léopardqui fait des ravages prés de Lovango , ou pour s’en divertiraprés qu’on l’a pris. I! sc montre aussi le jour que l’on com-mence à labourer les champs qui luy appartiennent en propre,& que scs Vassaux apportent leur tribut, 8c luy viennent fairehommage. On éleve un trône pour cette pompe dans unegrande place qu’on choisit au milieu de la ville. C’est un siégéd’osier blanc 8c noir, natté proprement & embelli de petitesraretez. Un écud’armes quarré .composé de plusieurs petitespieces de drap d’Europe de differentes couleurs, fait le dos-sier de ce siégé. On tient autour du Roy sept ou huit éven-tails d’un fil du pays, appellé Pos & Mana. C’est un tissu decordons de la longueur 3 c de la largeur d’une aune avec degrosses touffes, attaché autour d’un bâton de l’épaisseur dubras 8c de trois aunes de long. Ce bâton a un chapiteau quiressemble à une moitié de globe , & où sent enchâssées depetites cornes entrelacées de plumes.de Perroquet blanches &noires. Il y a des gens gagez pour mouvoir en rond ces éventails, & cette agitation cause une fort grande fraîcheur. Onétend sur le siégé Royal un tapis de quarante aunes de long& de vingt-quatre de large. Le Roy scul 8c scs enfuis y peu-vent mettre les pieds. A trois ou quatre pas de ce tapis sontftssistouc à l’entour quantité de Gentilshommes, ayant à la

L O V

main une queue de buste avec un manche de bois uaune, couvert de cuir ou de drap, & embelli de c0 ^ r jesou de plumes. Les uns sont assis à terre, 8c les autres . £] . etapis de quatre ou cinq aunes. Les valets sc tiennent pl-ieurs maîtres dans la même posture, assis fur leurs jam j n .scs en croix. On ajoute à cette pompe le son de dm el ' a

strumens. Les uns sont des cors d’yvoire, dont ro uve . ga-rni pouce 8c demi ou deux. Sept ou huit de ces cors b 1

flez forment un accord qui n’est pas désagréable, c jtésont des tambours faits d’un tronc d’arbre creusé, &^ j a r-couvert d’une peau. De l’autre, il n’y a qu’une ouvertge de deux doigts. On en bat quatre à la fois avec I emains ouvertes, ou avec la main 8c une baguette. H y a . r0 n*une efpeee de timbales. Le fond est une planche de ^ 0 nde, percée de trous longs du doigt, à chacun deiff ^ cett apend deux petites plaques de cuivre. Quand on rem oIst -machine, ces plaques en s’entrechoquant,forment unme des sonnettes de mulet. Pendant que l’on joué demens, une troupe de Gentilshommes danse un bran! i 5appellent Clnlcmb.t , faisant un cercle de trente ouautour des tapis, 8c mouvant les bras de côté & d’autre- ^ fale Roy veut témoigner à quelqu’un qu’il est -conten (danse , il luy tend les bras, 8c aufsi-tôt le Danseur sc J u sterre, & aprés s’être veautré deux ou trois fois dans l a 1^ ^siere, il se releve, frappe des mains, vient embraiiet, pellenoux du Roy & mettre la tête dans son sein. Cela sd s 0ll tsaluer son Prince. C’est pour cela que les Vassaux aO ^fu-auísi leurs fieges chacun à part pendant la solemnite. L - t fa-jets font les mêmes cérémonies à leur honneur. Us e nVO yc Ili:luer l’un l’autre par ceux qui dépendent d’eux, 8c les e ({£saluer le Roy. Au devant du tapis de ce Prince, so n ^j en t àHuissiers, avec certains instrumens de fer qui relie» i0 <june cloche renversée. II y en a d’une aune de l° n 8’p cr cost'ils veulent ordonner qu’on fasse silence, ils battent cc ^jnítre un éclat de bois. Òn voit dans le même endroit d ■ jíqui sc tiennent là le dos tourné. Ils ont la tête d’une g ^ c nextraordinaire, & portent úne peau serrée avec une C p soV in'maniéré de bonnet. LesNegres assurent qu’il y a u ? ece pleine de forêts, où l’on ne trouve que de cesce sont eux qui tuent le plus d’Elephans. On appelle c ^ £e shommes Bake-Bake 8e Mimas. On voit encore au devan ^ j e ;tapis, des hommes qui ont des peaux fur la tête. I ^ \iyeux bleus, les cheveux blonds ’òc le corps fort ^ an S,’, e p ufl eblancheur de leur teint ne paroit point naturelle- p«tiPcouleur pâle 8c livide comme celle d’un corps nl0 ^' nt tre 5 'yeux sont languissans8c foibles , quoy qu’ils les a)'- 1 j^riCSbrillans à la clarté de la Lune. Ces sortes de ^^^goreS ^viennent d’un pere ou d’une mere Negres, 8í scs M p 0 jn cles regardent comme des monstres, ne leur permette ^ Jede multiplier. Les Portugais les appellent Albinas. L ,.j ( £pdLovango sc sert de leur ministère dans les honneurs 4aux Moquisies. , ce pti^ e

Le 4. de Janvier, toutes les femmes des Sujets de a lle(font obligées de comparaître devant son Palais, P^- nC ,sl censemencer scs terres qui consistent en une grande j e ladeux lieuës de long fur une de large. Les hommes ^ jet»' 5partie, mais seulement pour faire les braves couverts^^!^armes, pour partagera chacune le travail, 8c po ur Joliesqu’ellesnese querellent. Le Roy y vient luy-meme^r.^ jeanimer à bien faire leur devoir. Les femmes des jj, a îtr cchaque Noble font obligées d’en faire autant pour ^ bí ftlparticulier, avec cette difference, que la récolte e ,.s) r jbutí otlcommun entre le Seigneur 3 c les paysans, dont la m ^upeS»est réservée au Seigneur. Toutes les terres sont c° ^siip*mais lorsque quelqu’un a commencé à défricher 11 asl J u 11i! n’est pas permis à un autre de s’en emparer.Gentilhomme a tué un Léopard, il en apporte la st 1 * | aI) ter £vango, au bout d’un bâton de palmier , qu’il j va i. rv , e po u >terre à un des coins du tapis du Roy, ce qui s o» • jg, q u ‘faire connoîtr'e qu’on ne sc vante pas à faux de ceite l Je ^est si considérable , qu’auffi-tôt qu’on a découvert 1

animaux aux environs de Lovango, le Prince f* equaiflè 8c mettre sous les armes tous les habitans^sc {ery 1

Si la taniere du Léopard sc trouve trop éloignée p ua rre^>de promenade, le Roy s’y fait porter dans une eso^ afaite d’osier natté , 8c couverte d'un drap bleu. flS cp 1 'pieds de profondeur, 8c est traversée par deux ^is, -,qtiarre hommes soutiennent. Sitôt qu’on est dansuns sc mettent à garder les avenues, à tendre lent & ^ pr>lparer leurs dards. D'autres tendent des piégés aU f’ r Ì J . C 5,du Roy 5 les autres battent la forêt, coupent des ar