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Tome II. [E - O.]
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embellies de corail >aprés quoy ils l’enscveliflènt dans deuxou trois linges fort fins. On coupe la barbe & les cheveux auxgens distinguez, & on met un bonnet fur la tête des femmes.Cependant tous les parens, amis & esclaves du Mort vontfaire dans fa maison des lamentations autour de son corps ,aux pieds duquel ils font brûler jour & nuit une chandelle.Plusieurs femmes & filles, aprés. avoir dansé diverses dansesferieufes au son du tambour, vont aussi pleurer dans la mai-son & reviennent ensuite danser. Les hommes de leur côtéfont de temps à autre l’exercice des armes, & le jour sc passeen cet intervale de pleurs & de divertiffemens. Ceux quifont leurs plaintes & des lamentations dans la maison s'adres-sent au 'Mort en luy donnant des louanges & luy parlentcomme s’il vivoit encore. Ils luy demandent s’il luy man-quoit quelque chose, s’il n’avoit pas de l’or , de l’argent, dufer, du bétail, des fruits, des esclaves & des marchandises,& quelle a été la raison qui l’a obligé à vouloir mourir.Aprés qu’on a ainsi gémi fur le corps jusques au soir, on tuedes bœufs , & on en distribue la chair bouillie ou rôtie àtous ceux qui sont prescns. Le lendemain au matin on met lecorps dans un cercueil fait de deux troncs que l’on a creusez,& l’ayant porté au cimetiere, appeilé Amounouque parmi eux ,on le met six pieds en terre sous une maison bien bâtie, avecun panier de ris , une boè'te à tabac, un plat de terre, un pe-tit réchaut pour brûler des parfums, un habit & une ceintureà côté du Mort, aprés quoy l’on ferme la maison , devant la-quelle on pose une grosse pierre de douze ou quinze pieds dehauteur. Ensuite on immole plusieurs bêtes, dont ils laissentune partie pour le Mort, & une autre pour le Diable & pourDieu. Huit ou quinze jours aprés, les parens envoyeur de laviande au Défunt par un esclave , & le font saluer comme s’ilvivoit encore. On met auffi fur des pieux autour du tombeaules têtes des bêtesqu’on a immolées, & de temps en temps lesenfans qu’il a lassiez y viennent sacrifier quelque bœuf, & luydemander conseil en ces termes à peu prés fur les choses qu’ilsont à faire. Toy qui efl maintenant avec Dieu, donne-nous conseilfur telle & telle entreprise. Us font une chose bien plus ridiculeà l’égard de leurs malades que le transport au cerveau met enfrenesie. Us font venir aussitôt un Ombiaísc ou Prêtre, qu’ilsenvoyent au cimetiere chercher de l’esprit pour celuy qui l’aperdu par la violence de la fièvre. l’Ombiasse y va de nuit,& ayant fait un creux au tombeau , il appelle í’ame du peredu malade, le priant de luy donner de l’esprit pour son filsou pour fa fille qui n’en a plus. Ensuite il tend un bonnetdirectement sur le trou qu’il vient de faire, & fermant cebonnet un peu aprés, il court promptement à la maison duMalade , qui ayant ce bonnet sur sa tête, s’imagine être sou-lagé par U, & commande que l’on récompense l’Ombiasse.Ces Pi ètres sont de deux sortes , les Ombiassès Ompdnoruts &les Ombiaslès omptìjiquili. Les premiers qui écrivent avec unegrande facilité en Arabe , ont plusieurs livres parmi lesquelsil y a quelques pieces de l’Alcoran , & sont revêtus de plu-sieurs charges & dignitez , qui approchent fort des OrdresEcclésiastiques de l’Eglisc Catholique. Tous ces gens là semêlent de guérir les maladies, & composent de petits bil-lets écrits en caractères Arabes , qu’ils vendent aux Grands& aux riches, les assurant que ces billets éloigneront d’euxtoutes sortes de malheurs. LesOmptisiquiliCont d’ordinaire desNegres & des Anacandrians, qui devinent par des points, ouqui sc mêlent deNegromancie qu’ils nomment Squïlles en leurlangue. Ils font pour cela diverses figures comme celle qu’ontrouve dans nos livres de Geomance. II y a encore parmi lesNegres une sorte d'Ombiasses qui visitent aussi les malades ;mais ils ne íçavent ni lire ni écrire, & font seulement quel-ques figures , sc servant de cristal, de topascs , de pierres d’ai-gle . d’amethistes & de plusieurs autres, qu’ils font croire leuravoir été fcnvoyées de Dieu par le tonnerre, Quand ils fontdes figures, ils tiennent une de ces pierres au coin de leurstablettes, & disent qu’elles ont la force d’cn augmenter la ver-tu. Si une personne distinguée meurt dans une contrée étran-gère , ils luy coupent la tête pour la porter en son pays , & en-terrent le reste du corps dans le lieu même où fa mort est arri-vée. Que si quelqu’un est tué en guerre, ils l’enterrent fur lelieu, & sitôt qu’il y a paix, on le transporte au tombeau deses Ancêtres.On ne parle qu’une même langue dans toute rifle,mais les uns prononcent bref & les autres long selon la diver-sité des Provinces. Ce langage a beaucoup de rapport avec lesLangues Orientales fur tout avec l’Arabe, & une grande con-formité avec la Grecque. Les caractères dont sc fervent lesOmbiaíïès sont Arabes. II y en a vingt-quatre, qu’ils écriventde la droite à la gauche, 11 y a plus de deux cens ans que cer-

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tains Arabes envoyez à Madagascar par le Calife dé laque, apportèrent ces lettres à ces Insulaires. Us vinrent p ^dre terre à Matatane, où ils épousèrent des femmes duenseignèrent l’Arabe Al’Alcoran « tous ceux qui se vonapprendre, comme ils le pratiquent encore au jourd'hu/- ^papier est jaune & fait de l’écorce du milieu d'uncertamqu’ils nomment Avo. Elle est fort unie & les faabitans de ^tatane en font des habits qu iíont aussi doux que s’ils e jscdesoye. Ils font leur ancre de la décoction du bois a Pr £ ^Aundranto.Cttte encre est fort bonne, mais moins noir e ,nôtre. Leurs plumes sont faites d’un morceau de batn ^nommée Voulon en leur langue, de la longueur deaussi large que le tuyau d’une plume. Ces peuples nese 1pour l’Agriculture ni de charrue, ni de bœufs, mais se ul fd’une hache pour abbattre de grands arbres, d’une se r P ecouper les branches, & d’un autre outil qu’ils appefongali pour arracher les mauvaises herbes & les racines, floríqu’il fait grand vent & que les arbres sont secs > il s , £ ]j e sbrûler & réduire en cendres avec les branches,& âpres q uont été bien humectées par la pluye, ils y plantent des ra ^d’igname, du ris, & d’autres choses nécessaires à la v . ic ’ tri î-vont à la pêche avec des filets qu’ils font en maniéré de ,neau , avec des corbeilles en forme de nasse, des haMCÇ^z& des zagaies qui ont des harpons au bout, & pêches ^les Lacs, dans les rivières, dans la mer &au rivage. Le ■' qjjpêchent dans la mer sc servent dc petits canots avec l e ‘û ue e) its’avancent aussi loin que la vûë se peut étendre. Usavec ces corbeilles une fort grande quantité de petits P„ 0 Î j e nfdont ils font des amorces pour prendre les gros. Us ] et ^ Qll tautrefois des baleines au dessous de l isse, mais ils nplus aujourd’huy assez hardis pour l’entreprcndre. o q^eII y a dans ce pays-là deux sortes de jeux en usage- L u J 0 nl’on appelle Androuve , se joue avec de petites coquiu cStrouve au bord de la mer, & qu’ils font tourner en les j svenir heurter de loin l’une contre l’autre. Les hommes, S pt& petits, sont fort portez à ce jeu , & y perdent & £ J

quelquefois ua bœuf L’autre jeu nommé Fifungt > se 1 ^,edeux personnes avec un fruit rond appeilé BalJi, aUde soixante & quatre sur une planche de bois, où trente ^trous sont rangez fur quatre raies parallèles, seize P oU . û,. 3 úque Joiieur. Ce jeu a un grand rapport avec celuy d utILeurs danses & leurs chansons sont preíque diftef entc ^ qCchaque Province; & ce qui est digne de remarque >^ £ §.chantent rien de dissolu, & toutes leurs danses sont m? ^ uHUs chantent ou en dansent ou en tenant un Valihan > ssisspetit monocorde, ou en jouant d’une Voulle ou g r0 e oCO sd floù il y a six cordes, ou d’un Herrdovou , qui est un monavec un archet. Ceux qui jouent de cette derniere so rt cir

strumens sont les plus suivis. Toutes les femmes ont u

chant à chanter, & íçavent faire des chansons fur ^ ur ^ e né-se mocquer d’une action ridicule qu’on aura commise- oU rgoce qu’ils font entre eux consiste à troquer marchant» 0 yémarchandise. S’ils reçoivent de l’or ou de l’argent m° u p a gedes Etrangers, comme ces monnoyes ne sont d'aucnn^^,en ce pays-là, ils le font fondre pour en faire des b r3 jjLorsqu’ils font quelque voyage pour acheter descoton, des habits de soye, du fer, des zagaies, des ^ íedes couteaux, ils sc fournissent fur tout de corail > dc v s >,d’autres marchandises que leur portent les François, p°servir au lieu de monnoye dans tous leurs achats. ^ q«CPour ce qui est de la guerre, ils ne íçavent ce qu e £- nEr Isde sc battre en champ de bataille, & encore moins d ""b xi-jour du combat. Si l’occasion sc présenté favorable P°^_ ^ v0 jrque entreprise, ils s’aísemblent secrètement, & nncn 1 * 9marché toute la nuit, ils tâchent de surprendre leurs e £ foi*au point du jourloríqu’ils s’y attendent le moins. QU- rC n<jr ôils sc dònnent le mot huit jours auparavant pour ^•^ e re llStous ensemble à un temps marqué par des chemins; j’jt"

& inconnus devant le village ou bourg qu’ils ont deí c j, eslV setaquer. Us en approchent avec des cris essioyabses & £frronnent de tous cotez, massacrant tout aprés qu'ib y j eS eirtrez, femmes, filles & vieillards , sens épargner mestie e f £ laV eSfans à la mammelle. Leur fureur étant passée , ils f 01 ?ï n£ paf'tous ceux qu’ils peuvent prendre & emmener ; mais 1donnent à aucun enfant des Grands, voulant en eX . nS s’il*toute la race, pour ne craindre rien de leurs Desee" - e irles laislôient vivre. 11 y en a plusieurs dans cette ^ e - £ g[é ot'treprennent la guerre contre leurs voisins sens en av? ^.p aP cfenfez ; mais dans la vûë seule d’avoir leurs riche:i e » .j f 0 nthautement que ceux qui possèdent beaucoup d e £ v jpCC 5,leurs enuemis.Leurs armes sont différantes selon le»

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