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Tome II. [E - O.]
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ferme.On dit que c’est la première figure de la Vierge apportéede la Terre- Sainte par S .Jacques ,qui la cacha dans une tour,au temps que les Maures étoient encore en Espagne. Ils vin-rent assiéger Madrid qui n’étoit pas pour lors d’une fi grandeétendue , comme on le remarque à plusieurs restes de ses an-ciennes murailles , qu’on voit encore en quelques endroits ,bâties de grosses pierres & de cailloux à battre le fusil ,;ce qui adonné sujet de dire, qu’on avoit vû en Espagne une villemurée de feu. II y avoit une Chapelle justement au lieuou est à présent celle de Nueftra Senora d’Almadena , & les vi-vres commençant à manquer aprés que la ville eut soutenu unlong siégé, on tient que la Vierge fit sortir de la tour où elleavoit été cachée fort long-temps, une si grande quantité debled que les ennemis furent obligez de se retirer. Toutecette Histoire est dépeinte dans l’Egiiscoù est cette Chapelle.En la même ruë est l’Hôtel de Ville, dans une grande placeau milieu de laquelle il y a une fontaine , avec un bassin ornéde plusieurs figures de marbre. Elle est proche de l’Eglise desaint Sebastien , qui a une haute tour quarrée & une grossehorloge. Les maisons y font toutes d’une même architecturepercées de plusieurs fenêtres, & un balcon à chacune. C est lequartier de plusieurs riches Marchands & Orfèvres qui ontune grande rue qui aboutit à la place de Los Sen adores. LesJésuites ont une Eglise en la même ruë , & plus bas, il y aune fontaine, d’ou l’eau fort par plusieurs gros tuyaux , quila font nommer los Cannas. On voit tout proche de-là quel-ques restes des anciennes murailles de Madrid. Un peu àmain droite de cette grande ruë est une grande place où tousles jours on tient le marché. Toutes les maisons qui l’enví-ronnentsont hautes de cinq ou six étages, avec des balcons partout, d’où l’on voit courir les taureaux lorsqu’on donne cettefête. On couvre de sablon tout le pavé de cette place, qui esttoute environnée de bancs en façon d’amphicheâtre pour lesspectateurs. Plus haut font des galeries, où le Roy a fa placepour voir ce combat dans un Palais qu’ils appellent ll Co n fi fto-rio. Quand tout le monde est en ordre on lâche un taureau,qui selon qu’il est plus ou moins farouche, court avec préci-pitation contre ceux qui font dans la lice. II donne la chasse àtout le monde, & ceux qui font moins prompts à courir sejettent par terre quand ils ne le peuvent éviter. II passe pardessus eux fans leur faire mal parce qu’en donnant son coup ilferme les yeux, & n’attrape fort souvent que 1 air. D’autresqui luy opposent leur manteau évitent son coup, & arrêtent safurie, qu’il croit avoir bien employée pourvu qu’il attrapequelque chose. C'est-là le prélude de la fête, où l’on fait voirson adresse par le dardement de quelques fléchés ou petits ja-velots , que les plus adroits plantent entre les cornes du tau-reau avec une agilité surprenante. II a là un endroit si tendre& si délicat, que quand on l’y peut atteindre le coup est mor-tel. A même temps que le taureau se sent piqué par ces jave-lots > qui pour être mieux portez en l’air ont de petites ailes depapier rouge , il redouble fa fureur , & à force de se tourmen-ter il s’enfonce toujours plus avant le fer. Quand on l’a assezharcelé, & qu’il commence à perdre vigueur, les trompettessonnent, & c’estun signal qu’on le peut déjarreter. Aussi tôton luy darde des épieux aux jambes ; on met la main à l’épée& au coutelas, & on tâche de l’atte'lndre par derriere & de luycouper les nerfs. Si-tôt qu’il a trébuché, ou qu’il ne va plusque de trois jambes, on voit pleuvoir de tous cotez fur cetanimal des coups d’estoc & de taille, qu’ils nomment Cuchil-ladas. Quand on voit qu’il ne remue plus, des mulets viennentau galop. Ils le traînent hors de la lice , & on lâche un autretaureau. On en fait quelquefois périr une vingtaine en un seuljour. La place où íè donne cette fête , est la demeure desplus riches Marchands de Madrid. Ils ont leurs boutiquesfous les arcades qui soutiennent les maisons, & où l’on peut sepromener à l’abri du Soleil & des injures du temps.

Le Convent de S an Philippo New est desservi par les Domi-nicains. Un peu au dessus ett La plaça del Sol. C’estlaplafela plus fréquentée de toute la ville. Elle est ornée d’une fon-taine avec un grand bassin embelli de plusieurs figures de mar-bre blanc. Tout proche est l’Eglise de Nueftra Senora de buinfuceffo, ainsi que le Convent des Minimes, qui ont une Cha-pelle détachée de leur Eglise consacrée à Nueftra Senora de laScleclal. Cette Chapelle est ornée de plusieurs grosses lampesd’argent. & l’on y vient tous les soirs de tous les cotez de laville , faire des prières & des stations. Cette place fàit le mi-lieu de Madrid . & est traversée de deux rués qui se croisent,& qui vont d’un bout de la ville jusqu’à l’autre. On va de là auPré de S. Jérôme , dit El prado de fan lerommo. C’est une pro-menade de plusieurs allées ombragées de grands arbres » qui

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commence à la porte du Convent de loi CordigerosD*J& qui est distinguée de plusieurs bassins & jets d ea ^ j eest formé un petit ruisseau q>i coule au pied ^ cs st ar ^;óursces allées en les arrosant, ensorte que ce licu-là eít to ì srempli d’une verdure agréable. Le soir on y volt au yquantité de Carrosses de personnes de qualité qui v ^ er fìfieZprendre le frais. Les environs de cette prairie font di v . * e>par beaucoup de grands jardins & de maisons de jda ,j eLes Cordeliers y ont leur Convent, où il y a une C ^pesdes plus riches du Royaume. On y va voir les plsst-peintureéde Madrid. Leurs cloîtres font grands aulque leurs jardins. se

On va le long de cette prairie pour monter alBHf n f l 'fc*Palais est un lieu de paslè-temps pour le Roy qui vj cn ^ jemeurer dans les plus grandes chaleurs de l’Eté , a cì ^ses fontaines & de ses belles grottes qui donnent decheur par tous les jardins de ce beau Palais. Q uatr j c jogb»pavillons qui s’entredennent par quatre grands corps u ^ sfont au milieu une place où il y a un jardin en fàǰ n 1 ^ eílterre , rempli de toutes sortes de fleurs, qu’on P eut A rr j’utiun moment par le moyen d’une figure, qui est au ^

grand bassin & qui jette l’eau de toutes les P artie | eva l decorps. On voit fur une plate-forme de ce Palais un CÍ1 j iar ] e sbronze qui porte le Roy Philippe IV.pere du feu Roy 1 ^^,Il.Cette piece est de grand prix & fort estimée dans ja P ^ îLe Convent de San lerommo est à côté del Buen Ketiroy ^une fort belle allée d’arbres par où l’on descend PPcj^Ijdans le cours. La promenade du Pré saint Jérôme uporte <ï Atocba, où est à main droite le Convent f" e je5Senora de Atocba. II y a une Chapelle de Nôtre U a ^ ^’oomieux parées de Madrid. On y voit la Vierge au 1111grand vase d’argent tena it son enfant Jésus. Ib ° nt , «er-une couronne faite en forme de soleil Sc couverte j, ís ,les & de pierreries , & il y a plus de cent _ latnP es . j u jgent toutes fort grosses. Cette Chapelle est le lieu de Lpgrande dévotion de la ville, & on y voit en tout î en ?^ a placetité de monde. La grande ruë de Atocba, qui siu" aMajeur est celle où l'on trouve le grand Hôpital & . j te ,ché saint Martin. AJ’entrée d’une ruë qui est à ír,al p-u a pess cest le Convent de la Mercede, remarquable par une C * ^de Notre- Dame, semblable à celle de Nueftra SeW* ma ] a .

cha. Plus avant dans cette ruë on trouve l’HôpitaJ ‘des de San^uan deDws , !a maison de la Douane, I e j aV jlls<de la Trinité dontl’Eglise est une de plus grandes ,de . jje.& un Collcge proche la Carte , qui est Je lieu où í t fjieiï £Ce Palais est magnifique dans fa structure & partf cU 1 \ c . a rr e ‘pour les deux hauts pavillons qui sont face à un g ra eS defour, où l’on peut considérer la posture de quelques ng . p a jtmarbre. Elles sont fur la fontaine d’un grand b a “ in j £ ]al’ornement de ce carrefour, où est le commencement s 0 ntqui aboutit à celle de Tolede dans laquelle les ^ pjet s6leurCollege & leur Eglise bâtie à la façon de celle «c \jj e glde Rome. La place de la Cevada , où l’on vend I 3 L e foforge ,n’en est pas bien éloignée. On y voit une b puri-taine , l’Eglise de Nueftra Senora de la Paz, , le Palai* . nce Pompelino, & un peu plus avant l’Eglise de S ggissePatron de la ville. On ne peut trop admirer dans ce c_ela diversité des couleurs du marbre dont la Chape ^ ft-

Saint est embellie & de plusieurs figures d’autres ^ al sleS , ^stinguées les unes des autres par de tres-belles c°I orn j ét olCmilieu de cette Chapelle est le tombeau de Sanun Laboureur. II est couvert d’une couronne faite d f5 Jede plusieurs pieces rapportées, qui représentent des ^ u3 tredifferentes couleurs , & cette couronne est élevée l uhautes colomnes de porphire. La Chapelle est sous u z JeSqui la couvre à la façon d’ítalie, & ses dehors font °^ ci .bi ctìfigures des douze Apôtres & de quelques pyramides cf l!eplacées. Parmi les plus grandes ruës de Madrid, »

de saint Jerôme, celle de Las caret as & celle des ^^s.dont le Convent est fort remarquable,fur tout pout ‘ e , £3 sie-II y a un marché dans la ruë de saint Louis, & un gra c( Jefour. La ruë qui tourne à main gauche passe par ? q’entss eSan Dominígo , où est une belle fontaine, qui regar e ])ede la grande rue S. Bernard. Les Jésuites ont une 3 jj e nfl f *son dans cette ruë, & une Eglise neuve bâtie à t j e s d eC’est-là le quartier des Ambassadeurs de toutes ^ s ^ o0 rn ^l’Europe. Cette ruë en allant plus loin , change to . £ j] e ssceluy de Los Infantes ou de Santa Barbara , avec léss £ n0 fHnit à la porte sainte Barbe ,où est un Convent du 1 ® pot fedans l’endroit le plus élevé de la ville. En allant de cà celle de Valentia , on traverse tout Madrid dans * a